Le regard sur soi

24-08-2017

Clémentine Voisse

Ce jeudi, je vous propose de venir parler du regard que l’on porte sur soi, à partir de la proposition d’un participant du groupe de parole précédent portant sur les choix.

Pour introduire cette séance, deux questions : Comment je me vois ? Comment l’autre me voit ?

Pour aller plus avant (HG)

La personne alcoolique, selon que l’alcool est présent ou absent, est comme le jour et nuit, tellement, son image fait contraste.

De ce fait, elle illustre la duplicité éventuelle des êtres : Jekyll et Hyde.

Cette dualité tragique enseigne de ne pas se fier démesurément aux « premières impressions ». Une personne peut, à un moment, être dans une posture. Elle peut se révéler tout autre, si elle est en veine de confidences, parfois après un ou deux verres de whisky, comme dans une scène de « L’home de la rue » quand le directeur du Journal, Henry Connell, se confie à Joe : « Je suis un homme dur, mais je n’aime que les gens gentils ». Il explique ensuite pourquoi, il a cette carapace de dureté.

« Connais-toi toi-même », est l’enseignement fondamental de Socrate, et, notre pratique de groupe, nous fait ajouter « avec l’aide des autres », …avec le « mur » du groupe, qui remplace, en alcoologie, celui du psychanalyste, parce qu’il est précisément doté d’un regard (non jugeant et bienveillant) et d’une parole (qui peuple le silence et donne une interprétation aux faits).

Se réapproprier un regard est sans doute un des objectifs centraux de la démarche de soin, tel le patient qui avait cessé de boire, en se rasant le matin, en se promettant de boire…demain. « Se réapproprier », pourquoi ? Car il est des regards qui ont dévalorisé, emprisonné, à l’époque où le sujet n’avait pas encore eu la possibilité d’élaborer son regard sur soi. « Le  Moi idéal » inutilement contraignant, fait partie des regards sur soi à modifier. Le soignant fonctionne comme un parent auxiliaire, bienveillant mais critique si besoin. Il donne la faculté de changer son regard, tout comme les outils visuels qu’il propose : le cinéma comme source d’analogies, les livres, le groupe de parole…

 

Le lâcher-prise et l’estime de soi : qu’en est-il exactement ?

Jeudi 10 août

Au terme de la réunion de lundi, en l’absence de jeunes psychologues disponibles, le groupe a été sollicité pour choisir un thème pour la séance que Georges a accepté d’assurer. Georges a choisi d’associer les deux propositions, ce qui en fait un sujet original.

HG :Avant de lâcher-prise pour prendre mes quartiers d’été en Ariège, quelques mots rapides. Le «Qu’en est-il, exactement ?» a toute son importance car ces expressions reviennent sans cesse dans le discours psy actuel. À croire que l’Humanité passe son temps à se cramponner et à se détester.

Si je regarde mes petits-fils, je vois quoi ? L’un se cramponne à ses objets, même s’il est capable de les abandonner l’instant d’après. Des disputes se déclenchent souvent pour accaparer le jouet, quitte à le détériorer. Il n’est pas capable d’investir l’objet, de jouer véritablement. Il passe par la possession de l’objet pour conforter sa propre estime. J’y vois un des fondements de notre société : l’avoir comme garantie d’identité, et l’insatisfaction comme résultat ; la pauvreté de l’imagination et l’agressivité latente, faute d’investir imaginairement l’objet.

Le lâcher prise ? Je m’occupe de ce qui m’importe, du mieux que je peux.

L’estime de soi ? Je me soucie principalement de ne pas faire du tort aux autres, d’honorer mes contrats.

J’avoue que j’attends de la séance des arguments qui me persuadent ce que concept tarte-à-la-crème du « développement personnel » est autre chose qu’un mirage narcissique aliénant.

Donc, qu’en est-il pour vous du « lâcher prise » ? Qu’entendez-vous exactement par là ? Comment vous servez-vous de cette notion dans votre vie ?

Concernant l’Estime de soi, quels relations établissez-vous entre le lâcher prise et cette seconde notion ?

 

Comment je choisis ?

Jeudi 3 août 2017

Clémentine Voisse

Cette séance, je vous propose de venir parler de vos choix de vie. Pour quels choix avez-vous opté ? De quelles façons vos choix ont-ils pu retentir dans vos vies ? Quelles sont les raisons qui m’amènent à choisir une option à une autre ?Comment prenez-vous des décisions ? Pour qui je choisis : est-ce pour moi, pour l’autre ? Que faire de nos choix ? 

Nous travaillerons à partir de vos expériences.

CV

HG

Question difficile et complexe. Quelques pistes…

Mes choix, me semble-t-il, sont déterminés par des besoins inconscients.

Je prends conscience de mes besoins, de mes attentes, par l’effet des choix que j’effectue. Je construis mes choix en les mettant à l’épreuve, comme je crée un chemin en marchant, pour prendre une formule connue.

Il existe plusieurs types de choix. 

Les meilleurs choix sont d’ordre intuitif et leur bien-fondé se vérifie par ce qu’il en résulte. Le raisonnement intervient en second.

Je me détermine peu en fonction des modes ou de la pression sociale.

De nombreux choix se font par élimination. Celui-ci ? Non. Celui-là ? Non. Celui-ci, encore ? Pourquoi pas…

Il existe des choix de contrainte : je n’ai pas le choix. Je dois passer par cette case pour atteindre la case suivante… C’est l’acceptation qui entre en jeu.

J’hésite en proportion de l’importance que j’accorde au choix et donc à ce qui le motive. Pour des questions importantes, je me donne le temps d’infléchir mes choix, en fonction de ce qui se découvre. Je ne renonce pas aisément mais j’accepte de revoir mes objectifs en fonction des réalités.

Sur le fond, je suis constant dans mes choix. J’en fais peu d’importants. Je m’y tiens et j’évolue à l’intérieur de ces choix.