Le détachement émotionnel

Jeudi 22 Juin 2017

Bénédicte S.

Le terme de détachement émotionnel a souvent une connotation péjorative, en faisant penser à une sécheresse émotionnelle, à un manque d’empathie pour autrui ou à un repli narcissique sur son monde intérieur. Lorsque le détachement émotionnel est appliqué systématiquement et excessivement, comme une sorte de réflexe, il est vrai qu’il peut se rapprocher de l’indifférence.

Pourtant, le détachement émotionnel n’est pas dénué de vertus. Si nous n’avions pas recours de temps à autre au détachement émotionnel, nous serions constamment envahis par les préoccupations d’autrui, et nous aurions du mal à départager notre propre ressenti de celui des autres. Le détachement émotionnel est donc un outil psychique qui favorise la régulation émotionnelle, lorsqu’il est utilisé avec parcimonie. En tant que processus actif et conscient, il facilite la prise de décision réfléchie, la lucidité et le discernement. Il renvoie à l’idée que nous sommes impuissants dans certaines situations, ce qui ne nous empêche pas pour autant d’éprouver un souci empathique pour les autres.

Selon le Docteur Gomez : « le détachement émotionnel est la règle de vie qui permet de multiplier ses émotions, de s’ouvrir sur les autres, d’agir plus et mieux, de rester dans le réel tout en vivant sa part de rêve. L’alcoolique a une grande force émotionnelle en lui. Quand il apprend à s’en servir, à la retourner à son avantage, elle devient source d’énergie ».

Qu’est-ce que le détachement émotionnel pour vous ? Quels moyens mettez-vous en place pour utiliser le détachement émotionnel ? Est-il facile d’appliquer le détachement émotionnel, dans quelles situations et avec qui ?

 

L’attachement

 

Jeudi 15 Juin 2017

Bénédicte S.

L’attachement correspond au lien affectif qui unit une personne à une autre. Il se traduit par la recherche de proximité et d’échange entre le sujet et l’objet (la personne) de son attachement.

L’attachement possède une double fonction de protection et de socialisation, dans le sens où l’enfant a besoin de s’attacher et de se sentir en sécurité pour ensuite se détacher et explorer seul son environnement. Une relation d’attachement de bonne qualité soutient la capacité de régulation des émotions et d’élaboration des représentations de soi et d’autrui.

La théorie de l’attachement du psychologue Bowlby nous apporte des éclairages sur les relations interpersonnelles, notamment sur les liens amoureux et amicaux. Il existe quatre types d’attachement que nous pouvons relier à la qualité des représentations de soi et de l’autre :

  • L’attachement sécure résulte de représentations positives de soi et d’autrui ;
  • L’attachement détaché-évitant découle de représentations positives de soi mais négatives d’autrui. Ce type d’attachement est associé à un fort détachement émotionnel (une sorte d’anesthésie des émotions) et à une volonté de s’affranchir des liens de dépendance aux autres ;
  • L’attachement préoccupé correspond à des représentations négatives de soi mais positives d’autrui. Il se traduit par la recherche de reconnaissance et d’acceptation par les figures d’attachement ;
  • Et l’attachement craintif-évitant résulte de représentations négatives de soi et d’autrui. Il se traduit par un évitement des contacts relationnels en vue de protéger une identité fragile.

Vous attachez vous facilement aux autres ? L’attachement peut-il donné l’impression d’être « prisonnier » d’une relation ? Le lien d’attachement précoce se maintient-il tout au long de la vie ? Sommes-nous condamnés à répéter les mêmes schémas relationnels, comme dans les tragédies grecques ? Peut-on développer des relations harmonieuses à l’âge adulte, tout en ayant eu des relations d’attachement perturbées pendant l’enfance ?

 

 

Qu'est-ce qu'une vie réussie ?

Jeudi Juin 2017

HG et BS.

Les personnalités dépressives sont quelquefois travaillées par le sentiment que leur vie n’a pas été réussie. Nous entendons souvent cette réflexion : « Ma vie est ratée », « J’ai échoué »… Comme en écho, toute une littérature s’est développée autour de la notion de bonheur. D’autres disent encore qu’ils ont bien ‘‘profité’’ de leur vie. 

La notion de vie réussie suggère un regard rétrospectif, à l’exemple de l’artiste qui prend le temps d’examiner son œuvre.

Elle suppose aussi le choix de critères d’appréciation. Quels critères privilégier? Elle interroge enfin l’origine des ces critères : sommes-nous sensibles aux critères du milieu ambiant ou avons-nous nos propres repères ? D’où viennent nos repères ? Établissons-nous notre opinion à partir du regard de l’autre – réel ou supposé – ou à partir de notre propre jugement ?

La question de la vie réussie rejoint les aspirations de vie, autrement dit les différents sens que l’on accorde à notre propre existence. Ces aspirations peuvent correspondre à des idéaux, des rêves qui se sont concrétisés ou que nous n’avons pas (encore) accomplis, des exigences personnelles ou sociales en se fixant des buts à atteindre dans plusieurs sphères (professionnelle, familiale, personnelle, sociale, etc) sous forme de jalons qui structurent notre vie…

Quels sont les éléments objectifs et subjectifs qui peuvent contribuer à l’impression d’une vie réussie ? Cette notion a-t-elle de l’importance dans l’estime que nous sommes censés devoir nous porter ?