Jeudi 29 Juin 2017

Bénédicte S.

La question de la volonté est omniprésente dans le champ de la problématique alcoolique. Qui ne s’est pas entendu dire : « Quand on veut, on peut » ? Encore faudrait-il savoir ce que l’on veut vraiment, et s’il est possible de concrétiser réellement ce que l’on veut.

Pourquoi l’alcoolisme est-il considéré comme une question de volonté par l’environnement du sujet alcoolique ? Probablement parce que la plupart des gens ne considèrent que le comportement du buveur, et non pas la pression interne (en grande partie inconsciente) qui le pousse à boire de manière préjudiciable et qui le fait souffrir. Il n’est pas tant question d’un manque de volonté chez le sujet alcoolique, mais plutôt d’une incapacité à renoncer à l’alcool du fait de l’intensité de la dépendance.

Quelles distinctions pouvons-nous établir entre la volonté et la motivation ?

La volonté peut se définir comme la « faculté de déterminer librement ses actes en fonction de motifs rationnels (pouvoir de faire ou de ne pas faire quelque chose) » ; comme la « disposition de caractère qui porte à prendre des décisions avec fermeté » ; et elle se rapporte également aux intentions (les nôtres et celles d’autrui).

La motivation correspond à ce qui « explique et justifie une action, aux raisons qui nous poussent à agir, à ce qui met en mouvement ». La motivation peut se définir par ses causes, par les forces psychiques qui orientent les conduites humaines. Elle peut aussi se définir par le choix des objectifs que l’on se fixe et l’énergie que nous mobilisons pour les atteindre et donc satisfaire un besoin déterminé.

La motivation semble davantage se rapporter à la notion de besoin, et la volonté à la notion de désir. « La motivation a besoin de liberté. Pour avoir le goût de la liberté, il faut avoir souffert et souffrir encore du joug de la servitude. La motivation est à la rencontre de l’horizon et des limites. Elle a besoin de l’expérience de la joie et de la réussite pour se régénérer mais elle a la souffrance comme point de départ ».

Quant à la volonté, le Dr Gomez différencie le « vouloir-désir » et le « vouloir-effort ». Le premier se rapporte à l’envie de changer sa situation, à l’aspiration à connaître une autre vie que celle conditionnée par l’alcool. Le second correspond à l’action mise en place pour accomplir le « vouloir-désir ». « Le passage de l’état de dépendance à l’état d’abstinence n’implique pas principalement la volonté, mais il correspond à une brusque inversion du désir. Le sujet passe du désir de boire au désir de vivre. »

Quelle est votre propre définition de la volonté et de la motivation ?

Quel(s) rôle(s) jouent la volonté et la motivation dans la problématique alcoolique ?