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mercredi 2 mai 2012

Comment changer notre regard ?

Je puise souvent les thèmes de nos rencontres dans ma vie quotidienne et ce thème d'aujourd'hui m'a été inspiré par la cure annuelle que j'effectue, notamment, pour mes « vieilles articulations ».

Vieillir, cette période de ma vie que j'entame, et combien de manières sensibles, m'a interpellée tout  au long de mon séjour de repos et de soin. Je me trouvais avec une majorité de « seniors » et je me suis rendu compte que je n'étais plus très loin de cette tranche d'âge !

Mon monde a en quelque sorte « basculé ». Je me suis vue vieille, ceci d'autant plus renforcé par l'âge qu'ont pris mes propres parents et ce que je peux voir de leurs dégradations respectives (amnésie, maladies diverses, difficultés avec notre réalité, tendance à tourner en rond, etc.…… J'aurais pu me laisser prendre par une angoisse de mort, puisque derrière cette peur de vieillir se profile la peur de mourir !

Mais une amie (très inspirée !) m’a envoyé un message qui m’a permis de changer mon regard sur ma propre vieillesse : sur You tub, un film montrant Gingers Rogers, 92ans, en train de danser comme à l’époque de ses 20 ans !

Intox ou réalité, ma pensée a commencé à cheminer et j’ai regardé autrement mes « co-curistes âgés ». J’y ai vu une force de vie, un désir de vivre le mieux possible ces années du reste de leur vie. Au cours de mes brèves rencontres avec certains d’entre eux, j’ai rencontré un enthousiasme, un plaisir à prendre soin d’eux. Ce n’est pas le cas pour tout le monde, mais je me suis appuyée sur les premiers. J’ai changé mon regard : vieillir ne veut pas dire à renoncer à la vie, au plaisir, mais au contraire trouver d’autres ressources en soi, ce qui n’exclut pas une prise en compte de la réalité, mais les douleurs ne sont plus premières à être mises en avant.

Derrière votre inquiétude pour vos proches alcooliques, je m’interroge sur une des causes cachée  éventuelle : la peur de la mort, la peur de la perte de l’autre comme moi la perte de cette autre en moi, celle qui fonctionnait correctement avant ses douleurs.

Donc, je vous propose de ne plus mettre en avant cette inquiétude, cette « douleur » éprouvée  pour vos proches alcooliques, de ne pas renoncer au plaisir, à l’enthousiasme, à vos ressources inexplorées ou abandonnées selon le cas.

Qu’en pensez-vous ? Que vous inspire mon témoignage quel que soit votre âge ?