Mercredi 22 février 2012

Je viens de lire le compte-rendu du groupe de paroles des personnes alcooliques de lundi dernier et il m'a semblé intéressant de traiter en miroir la question de la confiance, sujet de ce dernier groupe.

La question de la confiance est au cœur de vos préoccupations de proches d'alcooliques puisque dans la quasi-totalité de vos interventions, vous faites part de votre manque de confiance envers votre proche alcoolique.

Je ne reprendrai pas tous les termes du sujet traité dont vous lirez le compte-rendu par ailleurs, mais je relève quelques éléments pour les soumettre à votre réflexion :

L’alcoolique a commencé sa carrière en accordant une confiance illusoire et destructrice en la dive bouteille. Nous avons, comme soignants, à lui prescrire la défiance comme principe de soin :

  • défiance dans la bouteille,
  • défiance à l’encontre des soignants, possibles ganaches mercantiles ou individus mal dans leur peau, attachés à soigner chez les autres ce qu’ils ne savent voir et soigner en eux,
  • défiance envers l’entourage, même bienveillant, à cause des bénéfices secondaires souvent rattachés à l’addiction en dépit des souffrances infligées,
  • défiance envers soi, au-delà de la notion passablement débile de « confiance en soi »,
  • défiance générale !

Surtout, donc, aucune confiance a priori, mais au contraire une défiance systématique, méthodique, rigoureuse, ouverte.

La confiance est d’abord une paresse de l’esprit. Elle équivaut au degré zéro de l’esprit critique, du discernement, du courage nécessaire. Elle rejoint la crédulité et la superstition.

L’alcoolique doit acquérir la défiance du renard des sables, à la différence qu’il est loin de disposer de son agilité et de sa résistance. L’apprivoisement est à l’ordre du jour. Il est réciproque.

  • Que pensez-vous de « la défiance envers l’entourage » ?
  • Ce décalage peut vous permettre de vous situer, car vous vous plaignez de cette impossibilité de faire confiance. Qu'appelez-vous faire confiance ?
  • Comment cette question s’articule avec vos propres défiances d’enfant ?
  • Votre proche alcoolique peut-il vous faire confiance à son tour ?
  • Comment entretenez-vous ce manque de confiance ?
  • Vos stratégies face à ce manque de confiance ?

Mercredi 18 janvier 2012

Voici une nouvelle métaphore, représentation du proche de la personne alcoolique :

il me fait penser à une maison dont toutes les pièces sont hantées par un fantôme, l’alcool de l’autre.

L'alcool insaisissable qui terrorise le petit enfant en vous, qui piège votre cœur, envahit votre mental, tapi au fond de vous à la manière d'une sorcière ou d'un monstre hideux et fascinant à la fois. Il peut vous surprendre la première fois qu’il se présente à vous, votre incrédulité lui fait face, votre volonté de le bannir prend la place et  vous le recherchez dans les coins, les caves, les greniers, pour l’attraper et lui faire « la peau ». Mais peine perdue !

En mobilisant toutes vos ressources, votre mental, vos émotions, vos sentiments, voilà que finalement vous désertez votre maison, elle se remplit de toiles d’araignée, vos richesses se ternissent et s’enfouissent sous des couches de poussière.

En participant au groupe, je vous propose de lâcher ce fantôme, de commencer à dépoussiérer ces pièces, à refaire émerger vos richesses, les unes après les autres. N’ayant plus prise sur vous, ce fantôme n’aura pas d’autre choix de vous laisser occuper totalement votre maison.

Que vous inspire ce petit film ?

Mercredi 14 décembre 2012

Nous voici aux portes des fêtes de fin d’année.

C’est l’époque des souhaits et des bonnes résolutions. Ce rituel de passage de la nouvelle année peut constituer souvent un moment d’anxiété pour les proches de personnes alcooliques, puisqu’il y a « une autorisation culturelle » à le fêter avec un, voire plusieurs verres d’alcool,  ou même une beuverie.

Comme toujours, personne n’oblige cet autre alcoolique à se défoncer et comme toujours vous ne pouvez l’empêcher de faire ce choix ; comme toujours, plutôt que de fixer votre regard sur l’alcoolisation de l’autre, je vous invite à réfléchir sur les bonnes résolutions que vous envisagez de prendre pour vous-même en vous appuyant sur le trépied du proche de l’alcoolique : la distance, le lâcher-prise et le recentrage sur soi.

  • Quelles formes concrètes peuvent prendre ces souhaits et ces résolutions ?
  • Quels sont les empêchements à la réalisation et au maintien de ces souhaits et  ces bonnes résolutions ?
  • Sur quelles qualités en vous pouvez-vous vous appuyer pour maintenir ces bonnes résolutions car il arrive souvent que ces bonnes résolutions se perdent en cours de route ?