mercredi 30 mai 2012

Ce thème m'a été demandé par l'un des participants à nos réunions. Nous ne l’avons jamais abordé directement. La présentation sera courte : voici quelques questions auxquelles je vous propose de répondre.
Est-ce que le proche de la personne alcoolique peut boire ?
Que puis-je boire ?
Comment je bois ?
La question de fond est à mon avis : puis-je aider mon proche alcoolique en m’abstenant également ? En me cachant de lui ? En supprimant tout alcool de la maison ?
Les réponses sont très personnelles :quels sont vos témoignages ?
Quelle est votre relation avec le produit qui provoque tant de difficultés avec l’autre ?

mercredi 2 mai 2012

Comment changer notre regard ?

Je puise souvent les thèmes de nos rencontres dans ma vie quotidienne et ce thème d'aujourd'hui m'a été inspiré par la cure annuelle que j'effectue, notamment, pour mes « vieilles articulations ».

Vieillir, cette période de ma vie que j'entame, et combien de manières sensibles, m'a interpellée tout  au long de mon séjour de repos et de soin. Je me trouvais avec une majorité de « seniors » et je me suis rendu compte que je n'étais plus très loin de cette tranche d'âge !

Mon monde a en quelque sorte « basculé ». Je me suis vue vieille, ceci d'autant plus renforcé par l'âge qu'ont pris mes propres parents et ce que je peux voir de leurs dégradations respectives (amnésie, maladies diverses, difficultés avec notre réalité, tendance à tourner en rond, etc.…… J'aurais pu me laisser prendre par une angoisse de mort, puisque derrière cette peur de vieillir se profile la peur de mourir !

Mais une amie (très inspirée !) m’a envoyé un message qui m’a permis de changer mon regard sur ma propre vieillesse : sur You tub, un film montrant Gingers Rogers, 92ans, en train de danser comme à l’époque de ses 20 ans !

Intox ou réalité, ma pensée a commencé à cheminer et j’ai regardé autrement mes « co-curistes âgés ». J’y ai vu une force de vie, un désir de vivre le mieux possible ces années du reste de leur vie. Au cours de mes brèves rencontres avec certains d’entre eux, j’ai rencontré un enthousiasme, un plaisir à prendre soin d’eux. Ce n’est pas le cas pour tout le monde, mais je me suis appuyée sur les premiers. J’ai changé mon regard : vieillir ne veut pas dire à renoncer à la vie, au plaisir, mais au contraire trouver d’autres ressources en soi, ce qui n’exclut pas une prise en compte de la réalité, mais les douleurs ne sont plus premières à être mises en avant.

Derrière votre inquiétude pour vos proches alcooliques, je m’interroge sur une des causes cachée  éventuelle : la peur de la mort, la peur de la perte de l’autre comme moi la perte de cette autre en moi, celle qui fonctionnait correctement avant ses douleurs.

Donc, je vous propose de ne plus mettre en avant cette inquiétude, cette « douleur » éprouvée  pour vos proches alcooliques, de ne pas renoncer au plaisir, à l’enthousiasme, à vos ressources inexplorées ou abandonnées selon le cas.

Qu’en pensez-vous ? Que vous inspire mon témoignage quel que soit votre âge ?

Mercredi 21 mars 2012

une collaboration « discrète » au système alcool

Ses conséquences sur le développement des enfants

 

« Mes copines me faisaient remarquer que mon père était souvent bourré.. », « Maman n’a jamais vu que mon père était bourré…. » : voici ce que j’ai entendu dans ma clientèle ces derniers jours.

Cela a inspiré le thème de ce jour que je ne crois pas avoir encore abordé directement dans le groupe de paroles. Il me semble que certains d’entre vous peuvent être concernés par ces propos.

Voici donc comment, inconsciemment, un conjoint peut participer malgré lui à l’alcoolisation de son proche alcoolique : le déni devant les signes pourtant visibles, incontestables d’un comportement alcoolique, un aveuglement « suspect » ou « innocent », selon la place d’où on veut le voir.

 Ce qui me semble important à remarquer, c’est cette articulation :

  • D’une part, l’aveuglement du conjoint, préoccupé par ses propres besoins, englué dans ses failles et les bénéfices qu’il retire à l’alcoolisation de l’autre ce qui l’empêche de réaliser ce qu’il a sous les yeux, (sauver l’autre, dénier ses propres failles,….)
  • et d’autre part, la lucidité de l’enfant, occupé à observer ses parents dans son travail d’identification normal, et dans la plupart des cas, son silence qui vient traduire sous un détachement apparent, mais plus en profondeur, une forte loyauté. Cependant, la rançon de ce détachement pour certains d’entre eux : un dégoût, une honte cachés sous le masque de la rigidité qui viennent handicaper un développement épanoui de l’enfant. Pour certains d’entre eux, cela peut aller jusqu’à l’installation d’une addiction (drogue, alcool, boulimie, etc…)

Ce thème confrontant pour le proche de l’alcoolique peut se présenter aussi sous une autre variable : celle des parents d’enfants alcooliques, à savoir, quelle est l’incidence du fonctionnement et de la dynamique du couple conjugal et par conséquent du couple parental sur l’enfant alcoolique. Qu’est-ce que cet enfant met en acte de ce qui est caché dans la dynamique familiale, dont fait partie le couple conjugal ? Cela renvoie à la question de la responsabilité, et non pas de la culpabilité, de chacun dans le système familial.

Vos témoignages, commentaires sont les bienvenus sur ce thème que je reconnais confrontant, mais nous nous réunissons dans ce but d’une clarification sur ce qui se joue dans la problématique familiale.