Mercredi 17 janvier 2018

Etre le proche d’une personne alcoolique et sortir du déni de l’alcool, et l’accompagner implique nécessairement un changement dans sa vie.

Or l’idée de changement peut être source de difficulté et  sans doute que avez-vous  vécu une forme d’inertie face à cette idée.

Je reprends les éléments parus dans un article de PHILOSOPHIE MAGAZINE de janvier 2018 de Miche Eltchaninoff sur ce thème récurrent chaque début d’année puisque c’est le moment des «bonnes résolutions ».

Pour cet auteur, il existe trois obstacles majeurs au changement :

  • Les habitudes, «qui sont inscrites dans notre chaire et notre temps quotidien, silencieuses, passives et bien plus ancrées qu’on ne croit » ;  pour l’auteur, on en sort par l’exercice de nouvelles disciplines
  • La peur, « devant la sanction …. que vont penser mes proches, mes voisins, mes connaissances …...plonger dans l’inconnu….. prendre une décision radicale peut être pire ou aussi pénible que le mal » ; la solution selon un autre des auteurs serait de se lancer dans l’aventure !
  • La difficulté de savoir ce que l’on veut vraiment, càd retrouver son désir profond, ne plus nous « adapter aux exigences du monde extérieur» ; dans le cas contraire, une insatisfaction voire même une douleur  sourde peut nous accompagner tout au long de notre vie. Et c’est sans nul doute, l’obstacle majeur dans le système alcool pour le proche d’une personne alcoolique. Parce que le regard s’est trop focalisé sur l’alcool et vous en avez oublié de rester en contact avec votre désir profond.

La solution face à cet obstacle là ce serait de partir à la recherche de ce qui procure de la joie, un sentiment de plénitude, d’entièreté ou qui « augmente notre puissance d’agir » (Pierre Zaoui dans le même numéro !)

Qu’est-ce que vous inspire ces quelques réflexions sur votre difficulté à changer, que repérez-vous dans votre comportement qui fait obstacle au changement ?

Mercredi 20 décembre 2017

Nous accueillons aujourd’hui de nouvelles participantes et il m’a semblé que ce sujet peut être abordé à deux endroits de silence dans le système alcool.

Le premier, sortir du silence, c’est sortir de l’aveuglement et du déni de l’alcool de l’autre.  Vous avez mis beaucoup de temps à prendre conscience de la problématique de votre proche alcoolique.  Ensuite, vous vous êtes évertué(e) à tenter de contrôler sa consommation d’alcool  par des injonctions, des arguments culpabilisants, des menaces, des leçons de morale ou bien le flicage des bouteilles. Sans succès dans ce qui s’appelle une  co-dépendance.  Pour la plupart d’entre vous, vous avez fait un pas en venant participer au groupe de paroles,  probablement en ayant déjà rencontré d’autres soignants au travers du parcours de votre proche alcoolique pour sortir de son addiction.

Qu’est-ce qui vous a aidé à sortir de ce silence-déni ?

Le deuxième, c’est sortir du silence de votre propre souffrance en sortant de votre mission de sauveur dans le système alcool ce qui n’est jamais compris dans un premier temps. Vous vous êtes investi(e) dans l’arrêt de l’alcool de l’autre en oubliant votre propre personne, en mettant de côté toutes vos peines cachées derrière des reproches, des déceptions, des ressentiments, des présentations de notes à l’autre sous emprise avec l’alcool (quand l’autre notamment a décidé d’arrêter l’alcool lui faire part de toute la panoplie de vos reproches).

C’est associé au  sortir du sentiment de honte, et aussi d’un sentiment de culpabilité ?

Aujourd’hui, vous commencez à comprendre ou à admettre qu’il s’agit d’une maladie et que cet autre ne s’arrêtera que de sa propre initiative.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Pour vous y aider, le trépied du proche de l’alcoolique : lâcher prise, mise à distance, se recentrer sur soi. En définitive, mettre des limites à vos propres comportements et à cet autre alcoolique.

Mercredi 22 novembre 2017

Il m’a semblé intéressant de reprendre au compte du groupe des familiers le thème qui a été soumis au groupe des personnes alcooliques le mois dernier. Voici ci-dessous les questions qui leur étaient posées. Et ensuite, j’ai recopié quelques témoignages au sujet de ce thème.

Quelles sont vos observations, remarques, réponses ?

Comment se décline l’implication des proches ? Comment l’évaluez-vous ?

Chacun a sa vérité en cas d’enjeux affectifs, narcissiques ou financiers. Les oubliés sont toujours les enfants. Le soignant a le rôle d’un tiers séparateur, au-delà de l’alliance qu’il tente de faire vivre, avec l’aide de la médiation du groupe de pairs et celle d’autres soignants.

Á un moment, chacun doit balayer devant sa porte, en se recentrant sur lui-même, en essayant de garder une attitude équitable et réaliste avec les proches vis-à-vis desquels existe un contentieux.

Si vous disposez de recul, comment analysez-vous à présent le rôle de vos proches dans votre démarche ? L’ont-ils facilitée, compliquée ? Avez-vous changé de regard sur eux ? Vous êtes-vous remis en question, concrètement, et avec quels résultats ? Qu’est-ce qui les a aidés, selon vous ?