Jeudi 25 Janvier 2018

Bénédicte S.

L’indifférence désigne « l’état de quelqu’un qui ne se sent pas concerné, touché par quelque chose, ou qui n’accorde aucune attention à quelqu’un ou quelque chose ; l’absence d’amour chez quelqu’un qui ne répond pas au sentiment qu’il inspire ». L’indifférence est souvent compris comme un terme péjoratif impliquant une négation de la différence, proche de l’insensibilité, de l’égoïsme, voire du mépris. L’indifférence peut aussi bien correspondre au fait de ne pas être atteint par les émotions d’autrui, que refléter une neutralité de jugement, le fait d’être sans opinion ou de ne pas vouloir prendre parti.
L’indifférence se manifeste par de l’incertitude, du désintérêt, de la froideur, du silence et de l’inaction. Elle relèverait alors d’un évitement des responsabilités en raison de la difficulté à les assumer.
Mais face au déferlement d’informations qui nous saturent quotidiennement, l’indifférence n’est-elle pas plutôt une manière de se préserver, une défense contre l’effervescence de la sensiblerie ?
L’indifférence peut être une forme de prudence, de retenue face aux jugements de valeurs. Démontrer de l’indifférence devient alors synonyme de contenance, de sang-froid, de détachement émotionnel, donc d’un besoin de garder une maîtrise de soi face à certains événements qui nous déroutent.
Parfois, l’indifférence n’est qu’un masque, elle peut être feinte soit parce qu’on essaie de se convaincre que l’on est indifférent, soit parce que l’on veut paraître indifférent aux yeux d’autrui. En ce sens, elle s’apparente à l’impassibilité, donc au fait de ne pas laisser transparaître ses émotions consciemment. Etre impassible, stoïque, ne signifie pas que l’on ne ressent pas d’émotions mais qu’on contrôle leur expression.

Que pensez-vous de l’indifférence ?

Quelles situations vous amènent à éprouver de l’indifférence ?

Que vous inspire l’indifférence d’autrui ?

Jeudi 18 Janvier 2018

Bénédicte S.

Le dictionnaire définit la maturité comme : « La période de la vie caractérisée par le plein développement physique, intellectuel et affectif ; l’état de l’esprit, d’un talent qui est parvenu à la plénitude de son développement ; la sûreté dans le domaine du jugement, de la réflexion ». Or, si on se penche sur l’ontogenèse de l’être humain, on s’aperçoit que l’humain naît dans un état de profonde immaturité puisque son organisme arrive à pleine maturation au tiers de son existence.
De plus, la maturité et l’immaturité prennent une signification sectorielle, indiquant le plein développement ou les carences d’une fonction ou dimension de la personnalité (maturité affective, intellectuelle, sexuelle, physique, relationnelle, émotionnelle, volitionnelle, décisionnelle, vocationnelle, etc). Ces différentes fonctions sont caractérisées par la discontinuité puisqu’elles ne se développent pas de façon linéaire ni au même rythme.
En psychologie, la maturité se rapporte à l’accès à l’autonomie, à la liberté d’action et au détachement par rapport aux images parentales, tandis que l’immaturité est « un terme habituellement utilisé pour caractériser l’affectivité d’un enfant, d’un adolescent, d’un adulte marquée du manque d’autonomie, du besoin de protection, d’une fixation exagérée aux images parentales ». L’immaturité affective implique donc une tendance à la dépendance et à la suggestibilité. Elle s’associe fréquemment à l’immaturité intellectuelle qui concerne un manque de sens critique, de conscience morale, une altération des facultés de jugement et de décision qui rendent la personne incapable de faire un choix libre et responsable.
L’immaturité affective se manifeste notamment par un fort besoin de protection, une dépendance affective, l’intolérance à la frustration, l’impulsivité, une difficulté à s’engager dans des relations, l’incapacité de différer la satisfaction… Cette immaturité peut provenir de carences affective précoces ou encore d’un environnement surprotecteur limitant l’accès à l’autonomie, qui ont poussé le sujet à rechercher de la tendresse et de la sécurité dans son rapport à autrui puisqu’il ne parvient pas à s’appuyer sur ses ressources internes. Elle peut aussi s’originer dans l’absence de repères éthiques et moraux stables, ou dans la présence de traumatismes qui ont eu un effet déstructurant sur le psychisme.
Les psychologues humanistes remettent en cause l’équation commune « adulte = personne mature », en soulignant que la notion d’adulte renvoie davantage à un rôle social qu’à l’aboutissement d’un processus de maturation : « un adulte est une personne qui joue le rôle d’un adulte, et plus il joue le rôle, plus immature il est ». Pour eux, la maturité relève plutôt de l’affranchissement de la dépendance aux autres et à l’environnement que d’un âge spécifique correspondant à un point d’achèvement. La maturité psychologique correspond alors au dépassement des positions infantiles, dès lors que le sujet a résolu ses conflits psychiques majeurs afin que les diverses réalités de sa personnalité coexistent harmonieusement. Elle suppose d’être capable de se contrôler, de s’assumer, de surmonter ses problèmes, d’établir des relations saines et de conserver son esprit critique.
Selon Lapassade : « La maturité n’est qu’un masque. Le groupe des adultes surveille mes gestes ma vie entière. Il m’aide à ne pas retourner en deçà de la frontière qui me sépare désormais, et pour toujours, de mon enfance. Je dois à chaque instant paraître adulte. Je suis d’abord adulte pour les autres comme les autres le sont pour moi. Dans les rencontres, il me faut cacher ces hésitations, ce tâtonnement qui seraient considérés comme des signes inacceptables d’immaturité. Je suis responsable de ce visage. Dans le face à face de tous les jours, je dois d’abord ne pas perdre la face, cette face d’adulte qui joue ses rôles dans le monde. »

Quelle est votre définition de la maturité et de l’immaturité ? Pensez-vous être immature dans certains domaines de votre vie ? Comment se manifeste votre maturité et/ou votre immaturité ? A partir de quand l’immaturité est-elle source de mal-être ? Comment faire pour atteindre la maturité ?

Jeudi 11 Janvier 2018

Bénédicte S.

L’humilité est définie comme « l’état d’esprit de quelqu’un qui a conscience de ses insuffisances, de ses faiblesses, et est porté à rabaisser ses propres mérites ; la disposition à s’abaisser volontairement en réprimant tout mouvement d’orgueil par sentiment de sa propre faiblesse ; le caractère de ce qui est modeste, sans importance, sans prestige ». Par son étymologie, l’humilité se rapproche d’humus qui signifie homme. L’humilité reviendrait donc à nous souvenir que nous sommes simplement des poussières d’étoiles, cette conscience de soi étant un trait caractéristique de l’être humain. Seulement, nous pouvons être tenté d’oublier ou de vouloir oublier notre sentiment de finitude, notre impuissance, notre interdépendance avec autrui, autant de frustrations qui peuvent représenter une humiliation.
Si l’humilité, d’après sa définition du dictionnaire, revient à s’abaisser, se sous-estimer, se dévaloriser, est-ce qu’être humble est synonyme d’être humilié, donc de se manquer de respect à soi-même ? Humilier correspond à la négation de la dignité d’un individu. Mais faut-il refuser de faire preuve d’humilité pour échapper à l’humiliation ? L’orgueil et la suffisance sont-elles préférables à l’humilité et la modestie ? Pas forcément, si on considère que l’humilité, l’affirmation de soi et exiger d’être respecté sont compatibles.
Ainsi, l’humilité ne se réduit pas à se croire dépourvu de dignité. Elle nous invite plutôt à nous défaire de l’illusion de toute-puissance, à comprendre que nous avons des défauts mais que nous sommes capables de vivre avec nos vulnérabilités, et surtout à faire preuve d’ouverture d’esprit en acceptant qu’autrui peut nous aider. Autrement dit, être humble n’est pas se croire sans valeur, mais identifier nos qualités sans se surestimer ou développer un complexe de supériorité.

Que pensez-vous de l’humilité ? Qu’est-ce qui vous procure un sentiment d’humilité ?