Jeudi 8 février 2018

Bénédicte S.

Pour La Rochefoucauld : « L’amitié est un système d’échange, d’avantages personnels et de faveurs susceptibles de profiter à l’estime de soi ». Les relations amicales semblent être régentées par le principe d’équité, à savoir que deux amis peuvent retirer des gratifications proportionnelles à ce qu’ils investissent dans cette relation, autrement la relation serait déséquilibrée.
En outre, la proximité favorise les interactions de l’ordre de la sympathie et le fait d’avoir des points communs apparaissent comme deux facteurs prédisant l’amitié entre deux personnes. Mais les relations amicales se réduisent-elles à un échange calculé de gratifications, à la familiarité et à la proximité ?
L’amitié renvoie à l’élaboration d’un lien social particulier servant de médiation à la socialisation. Le processus de socialisation se conçoit comme la capacité d’interagir efficacement avec autrui et de contribuer à la cohésion sociale en occupant une place porteuse de sens au sein de la société. Il implique l’adaptation aux règles des institutions sociales, l’insertion et l’intégration dans des groupes (par l’engagement, l’affiliation, l’adhésion), l’identification à des personnes valorisées, l’appropriation et l’intériorisation de valeurs et de normes des groupes d’appartenance. Mais la socialisation ne se résume pas à la conformité sociale ou une intériorisation passive, elle contribue à nous réaliser en tant qu’individu faisant partie d’une communauté.
L’amitié peut alors s’apparenter à une interface entre l’individu et la société, car l’ami nous introduit dans des milieux nouveaux, nous présente à d’autres personnes, et partage son cercle social pour élargir le nôtre. L’individu apprend progressivement à dissocier les rôles sociaux et les qualités relationnelles pour établir des frontières selon la nature des relations entretenues (distinction entre l’ami, le collègue, le conjoint, le parent …).
De plus, les relations amicales peuvent se décliner schématiquement en trois formes : l’amitié utile fondée sur l’intérêt qu’on porte à autrui dans l’échange mutuel, l’amitié plaisante reposant sur le plaisir de la compagnie d’autrui, et l’amitié vertueuse qui cherche le bien de l’autre pour lui-même et non pour profiter à soi. L’amitié authentique serait donc caractérisée par le désintéressement, la sincérité, le respect, l’attachement réciproque, le souci de l’autre, le renoncement à l’égoïsme, l’absence d’attirance pulsionnelle et l’absence d’emprise sur l’autre.
Finalement, nos amis reflètent les différentes facettes de notre personnalité, ils peuvent nous révéler à nous-même ou encore incarner des modèles que l’on admire. Nos amis les plus proches sont susceptibles, par leurs témoignages et leurs conseils, de nous influencer dans un sens ou dans l’autre et réciproquement nous pouvons les influencer, puisque nous les estimons, nous leur faisons confiance, et nous partageons généralement les mêmes valeurs.
Quelle est votre définition de l’amitié ? Sur quels critères vous basez-vous pour construire et maintenir une relation amicale ? L’amitié occupe-t-elle une place importante dans votre vie ? Qu’est-ce qui peut vous mener à renoncer à une amitié ?

Jeudi 1er février 2018

Bénédicte S.

La normalité désigne le caractère conforme d’une chose par rapport aux normes instituées. Le dictionnaire précise que « en psychiatrie, c’est le caractère heureux des relations aux autres et à soi-même, quelle que puisse être la nature des conflits sous-jacents. » La norme comprend des règles, des principes, des critères servant de repères à l’individu qui les intègre. Elle conditionne ainsi le jugement que l’on porte sur soi et sur autrui. Chaque individu est soumis aux normes tacites et explicites qui régissent la société dans laquelle il vit, puisqu’elles sont indispensables à la cohésion des groupes et assurent la régulation des rapports interindividuels en définissant ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Par extension elles décrivent les attentes relatives au comportement d’un individu dans une situation donnée.

Nous pouvons dégager quatre significations de la normalité. La première est la normalité statistique, elle désigne ce qui est le plus fréquent, le plus ordinaire, au risque d’assimiler l’originalité à la pathologie. La deuxième caractérise l’absence de pathologie, seulement l’adaptation normale aux modèles sociaux n’est pas forcément synonyme de santé physique et psychique. La troisième est la normalité fonctionnelle, elle se rapporte au fonctionnement optimal d’un individu qui déploie ses potentialités. La quatrième est la normalité idéale, elle représente un fonctionnement psychique parfait quasi-utopique et désigne une personnalité sur-adaptée ne présentant aucun conflit apparent.

La normalisation vise une forme d’égalité entre individus, une égalité sous-tendue par le conformisme qui tend à effacer les différences pour mettre en avant la similitude au détriment de la singularité. Cette normalité idéale peut nous contraindre à adopter une personnalité sur-adaptée qui ignore les conflits psychiques, possède un système de pensée rigide, et est prompte à porter un jugement sur ce qui s’écarte de la norme sans se remettre en question.

Les normes sont pourtant à la fois objectives, quand elles proviennent du monde extérieur, et subjectives, quand l’individu crée ses propres normes (qui peuvent être en adéquation ou en inadéquation avec les normes externes). Bien que les normes soient imposées, notre libre arbitre nous amène à nous approprier ces normes pour les faire nôtres ou bien à les rejeter si on estime qu’elles ne s’accordent pas à nos valeurs personnelles et à nos idéaux.

Quelle est votre définition de la normalité ? L’originalité et la créativité sont-elles compatibles avec la normalité ? Est-ce que suivre les normes contribue à votre épanouissement ?

« Le fait d'échapper à la conformité renvoie au désir de transgresser des lois familiales ; par contre, vouloir être normal est, en premier lieu, une tentative visant à gagner l'amour des parents en respectant leurs interdictions et en épousant leurs idéaux ». C'est en cela que toute pensée novatrice, est une transgression. Le point auquel la norme devient le carcan de l'esprit et le cimetière de l'imagination est difficile à préciser ».

L’individu « normal » parvient à instaurer de nouvelles normes de fonctionnement pour répondre aux changements internes et externes. Ainsi, la normalité s’articule aux concepts d’intégration, d’autonomie et d’adaptation.

La normalité repose alors sur la reconnaissance sociale et le processus d’interprétation pour déterminer si nos attitudes, nos actes, nos pensées et nos ressentis sont « normaux » ou pas. La normalité relève à la fois de l’évidence et de la relativité, lorsque par exemple ce qui était considéré au premier abord comme anormal devient normal lorsqu’on fournit des raisons légitimes pour être admis socialement.

Etre normal, c'est aussi être réaliste finalement

Jeudi 25 Janvier 2018

Bénédicte S.

L’indifférence désigne « l’état de quelqu’un qui ne se sent pas concerné, touché par quelque chose, ou qui n’accorde aucune attention à quelqu’un ou quelque chose ; l’absence d’amour chez quelqu’un qui ne répond pas au sentiment qu’il inspire ». L’indifférence est souvent compris comme un terme péjoratif impliquant une négation de la différence, proche de l’insensibilité, de l’égoïsme, voire du mépris. L’indifférence peut aussi bien correspondre au fait de ne pas être atteint par les émotions d’autrui, que refléter une neutralité de jugement, le fait d’être sans opinion ou de ne pas vouloir prendre parti.
L’indifférence se manifeste par de l’incertitude, du désintérêt, de la froideur, du silence et de l’inaction. Elle relèverait alors d’un évitement des responsabilités en raison de la difficulté à les assumer.
Mais face au déferlement d’informations qui nous saturent quotidiennement, l’indifférence n’est-elle pas plutôt une manière de se préserver, une défense contre l’effervescence de la sensiblerie ?
L’indifférence peut être une forme de prudence, de retenue face aux jugements de valeurs. Démontrer de l’indifférence devient alors synonyme de contenance, de sang-froid, de détachement émotionnel, donc d’un besoin de garder une maîtrise de soi face à certains événements qui nous déroutent.
Parfois, l’indifférence n’est qu’un masque, elle peut être feinte soit parce qu’on essaie de se convaincre que l’on est indifférent, soit parce que l’on veut paraître indifférent aux yeux d’autrui. En ce sens, elle s’apparente à l’impassibilité, donc au fait de ne pas laisser transparaître ses émotions consciemment. Etre impassible, stoïque, ne signifie pas que l’on ne ressent pas d’émotions mais qu’on contrôle leur expression.

Que pensez-vous de l’indifférence ?

Quelles situations vous amènent à éprouver de l’indifférence ?

Que vous inspire l’indifférence d’autrui ?