Jeudi 26Avril 2018

Bénédicte S.

La pulsion agressive est concomitante à la pulsion de mort. L’agressivité peut être dirigée sur soi-même, sur autrui, et parfois elle est orientée sur une cible différente de la source de l’agressivité par effet de déplacement. L’agressivité peut être instrumentalisée comme un moyen orienté vers un but lorsqu’elle vise à blesser autrui.

Lorsqu’elle n’est pas destructrice, l’agressivité peut avoir une fonction adaptative et défensive pour remplir des besoins fondamentaux, se protéger, et contribuer à la maîtrise de soi et de l’environnement.

En général, l’agressivité naît des expériences de déplaisir, de la colère, de la haine, et de la frustration. Cela dit, la frustration ne mène pas systématiquement à l’agression, car la source de déplaisir éveille un sentiment primitif de peur qui provoque soit une réaction de fuite-évitement, soit une réaction de combat-agression. 

Plusieurs facteurs influencent l’agressivité : la chaleur, le bruit, une faible estime de soi ou au contraire une hypertrophie du Moi, la douleur physique ou psychique, certains modèles qui valorisent l’agressivité, ainsi que la désindividuation opérée par l’effet de groupe (désinhibition, stimulation, imitation).

→ HG : Nous avons une équipe de trois dames. Il sera intéressant qu’elles réfléchissent à leur positionnement face à l’agressivité, y compris quand leur comportement dominant est de subir les agressions d’autrui. Pour moi, l’agressivité est un affect pénible quand il est subi et, dans tous les cas, peu adapté. L’énergie qu’elle exprime peut cependant servir à de bons usages, à se faire entendre, à éviter la dépression ou la maladie. Travaillée, elle débouche sur des états d’esprit évolutionnaires. La non-violence n’est-elle pas une forme d’agressivité efficace ? Le refus du découragement face à l’adversité et à l’injustice ne fait-il pas intervenir une énergie relevant de l’agressivité ? Il est important de comprendre les raisons de l’agressivité, la sienne et celle des autres.

Qu’est-ce qui suscite de l’agressivité en vous ?Comment faites-vous pour canaliser votre agressivité ? Quelle est votre attitude face à l’agressivité d’autrui ?

 

Jeudi 19 Avril 2018

Bénédicte S.

On reconnaît une personne hypersensible par sa réceptivité accrue aux stimuli de son environnement, par sa réactivité émotionnelle forte, et par l’expression amplifiée de ses émotions (crise de larme, rires, agressivité, anxiété). La personne hypersensible a souvent conscience de la nature démesurée de son vécu émotionnel. Elle se montre attentive, observatrice, intuitive, empathique et présente en général un goût prononcé pour la créativité (artistique ou autre). 

La personne hypersensible vit plus intensément qu’autrui les situations de crises, mais aussi les moments heureux. Elle est facilement blessée par les critiques et a tendance à les ressasser longuement. Elle se sent vulnérable et apparaît comme une véritable éponge émotionnelle, ce qui lui donne l’impression de porter le poids du monde sur ses épaules. Elle a tendance à éviter les conflits, elle a peur de décevoir, d’être rejetée ou abandonnée. Elle se sent dépendante d’autrui et plus particulièrement de l’affection qu’on lui porte. Lorsqu’elle pense avoir blessé autrui, elle ressent immédiatement une forte culpabilité. Dans les relations interpersonnelles, elle a du mal à analyser les processus psychiques, les émotions et les intentions qui se rapportent à soi et à autrui.

L’entourage de la personne hypersensible peine souvent à comprendre ses réactions, qui paraissent imprévisibles, irrationnelles et excessives. Elle peut être perçue par autrui comme étant trop faible, trop fragile, devant se forger le caractère et s’endurcir.

Les manifestations de l’hypersensibilité peuvent prendre plusieurs formes : débordement émotionnel face à des situations génératrices d’émotions, impulsivité, hypervigilance, intolérance à l’ennui, facilité à mémoriser en détails et avec une grande acuité son propre vécu, tendance à la rumination, recours fréquent à l’introspection, …

Pensez-vous être hypersensible ? Comment s’exprime votre hypersensibilité ? Quelles sont les réactions de votre entourage vis-à-vis de votre hypersensibilité ?

 

Jeudi 12 Avril 2018

Bénédicte S.

L’ennui peut se définir comme l’expérience du temps qui semble s’allonger ; un état qui doit être supporté ; un sentiment de contrariété proche de la haine de soi ou des autres d’après son étymologie « in odio esse » signifiant « être un objet de haine » ; une sensation de lassitude où le sujet peut se sentir dysphorique sans pouvoir attribuer de cause externe à son état ; ou encore, dans son sens existentiel, l’ennui nait de l’impression d’absurdité d’exister et d’une inconsistance de la représentation de soi.

L’ennui survient en général dans un contexte de sentiment de vide, de solitude, d’indifférence, où les moments d’inactivité ou d’activités répétitives se montrent dénués de sens. L’enfermement dans l’ennui isole des autres lorsque le sujet a du mal à accepter sa capacité d’être seul. L’ennui se traduit par l’insatisfaction associée à une apathie face à l’absence de tâches à accomplir (manque de plaisir, de motivation), par un sentiment de vide intérieur associé à une moindre vivacité sensorielle et au désœuvrement, ou encore par un désir sans objet identifiable suscitant une quête de quelque chose à investir par besoin de distraction.

L’ennui demeure une expérience commune de la vie humaine où on ressent un décalage inévitable et pénible entre ce qu’on voudrait faire de son temps et la fadeur du quotidien. Selon Samuel Beckett, nos habitudes possèdent une fonction protectrice face à la souffrance en nous aidant à réajuster notre sensibilité dans les moments de transition, la suspension des habitudes provoquant alors de l’ennui considéré comme un moindre mal.

De nos jours, on assiste à une perte de la dimension créative de l’ennui avec des tentatives de combattre l’ennui par tous les moyens, quitte à entraîner une ambiance d’hyperstimulation et d’hyperactivité proche d’une défense maniaque. L’agitation intellectuelle ou motrice se présente comme une solution pour rompre l’ennui, tout comme le remplissage par l’activité, la nourriture, la boisson ou même le sommeil. Mais ces solutions ne résolvent rien car il ne s’agit pas seulement de remplir un vide par n’importe quoi. Notre impuissance face à l’ennui peut susciter de l’énervement ou de l’agressivité poussant à la décharge pulsionnelle pour s’extraire de l’emprise de ce vide imaginaire, de cette inhibition d’investissement.

Or, la disparition véritable de l’ennui s’avère possible lorsqu’il y a un appel à l’altérité, un intérêt pour autrui (que ce soit une personne réelle ou une personne fictive comme dans un livre ou un film par exemple). L’ennui a un aspect positif lorsqu’il engendre la créativité, la réflexion, le ressourcement. La créativité semble donc requérir un temps de suspension, une capacité à supporter l’ennui pour survenir. Nous pouvons dès lors concevoir l’ennui comme un temps de retrait et de régénération, une attente paisible et silencieuse, un vide nécessaire pour se désemplir d’un trop plein de stimulations qui empêchent de créer, afin de se questionner et de se retrouver face à soi-même, d’adopter de nouvelles perspectives et d’élaborer des rêves, d’être à l’écoute de nos désirs, de chercher dans nos manques une source créatrice d’harmonie.

 Quelle est votre définition de l’ennui ? Quelle est votre attitude face à l’ennui ? Dans quels domaines de vie ressentez-vous le plus l’ennui (sphère familiale, professionnelle, amicale…) ? L’ennui a-t-il un aspect positif pour vous ?