Jeudi 3 Mai 2018

Bénédicte S.

Nous possédons tous un espace personnel, une sorte de « bulle », qui s’étend aux objets personnels sur lesquels on estime avoir une autorité légitime (maison, bureau, voiture) et à ce qui constitue notre intimité psychologique (notre vie privée, notre jardin secret). Notre identité, notre sentiment de sécurité, notre image et conscience de soi s’appuient sur la possession de certains attributs matériels et symboliques qui apparaissent comme le prolongement de notre Moi (vêtements, sac à main, journal intime…).

La transgression effective, supposée ou redoutée de notre espace personnel représente une intrusion qui est acceptée ou perçue comme une agression en fonction de nos affinités relationnelles. Préserver son intimité, son espace personnel afin de ne pas être envahi, blessé, dépossédé représente un enjeu important des relations interpersonnelles. La protection de notre territoire se traduit par le contrôle de son accès (fermer ses tiroirs à clé, réserver ses confidences à ses proches…). Elle ne relève pas forcément de la méfiance ou de l’égoïsme, elle vise à défendre notre intégrité.

Seulement, la défense légitime de notre territoire peut être considérée comme une mise à distance d’autrui, une forme de rejet. Les tensions et malaises relatifs à l’espace personnel semblent manifester notre quête de reconnaissance et notre rapport aux places qu’on occupe.

Qu’est-ce qui représente votre propre espace personnel ? Quelle est votre réaction quand quelqu’un empiète sur votre espace personnel, quand vous-même empiétez sur l’espace personnel d’autrui ? Comment faites-vous respecter votre espace personnel par autrui ?

HG : Je me risque à répondre en quelques lignes, celles laissées par la page. Le territoire à soi est une entité spéciale et temporelle, que l’on peut ou non, comme dit le texte, volontairement partager. En pratique, mon bureau est le lieu de mon territoire, mais je peux déplacer mon territoire ailleurs, avec un bouquin, par exemple, ou partager un espace-temps avec quelqu’un. S’alcooliser, jusqu’à un certain point, consiste à s’enfermer dans sa bulle ou la maintenir malgré la présence des autres. Je veille à ne jamais empiéter sur le territoire d’autrui. Cela me dérangerait au moins autant que lui. Je peux fermer à clé, couper le téléphone, ou m’arrêter de faire ce que j’ai en cours en demandant à l’autre ce qu’il attend de moi, en cas d’intrusion. Je peux m’abstraire d’une conversation, quand je me sens étranger à ce qui se dit.

 

Jeudi 26Avril 2018

Bénédicte S.

La pulsion agressive est concomitante à la pulsion de mort. L’agressivité peut être dirigée sur soi-même, sur autrui, et parfois elle est orientée sur une cible différente de la source de l’agressivité par effet de déplacement. L’agressivité peut être instrumentalisée comme un moyen orienté vers un but lorsqu’elle vise à blesser autrui.

Lorsqu’elle n’est pas destructrice, l’agressivité peut avoir une fonction adaptative et défensive pour remplir des besoins fondamentaux, se protéger, et contribuer à la maîtrise de soi et de l’environnement.

En général, l’agressivité naît des expériences de déplaisir, de la colère, de la haine, et de la frustration. Cela dit, la frustration ne mène pas systématiquement à l’agression, car la source de déplaisir éveille un sentiment primitif de peur qui provoque soit une réaction de fuite-évitement, soit une réaction de combat-agression. 

Plusieurs facteurs influencent l’agressivité : la chaleur, le bruit, une faible estime de soi ou au contraire une hypertrophie du Moi, la douleur physique ou psychique, certains modèles qui valorisent l’agressivité, ainsi que la désindividuation opérée par l’effet de groupe (désinhibition, stimulation, imitation).

→ HG : Nous avons une équipe de trois dames. Il sera intéressant qu’elles réfléchissent à leur positionnement face à l’agressivité, y compris quand leur comportement dominant est de subir les agressions d’autrui. Pour moi, l’agressivité est un affect pénible quand il est subi et, dans tous les cas, peu adapté. L’énergie qu’elle exprime peut cependant servir à de bons usages, à se faire entendre, à éviter la dépression ou la maladie. Travaillée, elle débouche sur des états d’esprit évolutionnaires. La non-violence n’est-elle pas une forme d’agressivité efficace ? Le refus du découragement face à l’adversité et à l’injustice ne fait-il pas intervenir une énergie relevant de l’agressivité ? Il est important de comprendre les raisons de l’agressivité, la sienne et celle des autres.

Qu’est-ce qui suscite de l’agressivité en vous ?Comment faites-vous pour canaliser votre agressivité ? Quelle est votre attitude face à l’agressivité d’autrui ?

 

Jeudi 19 Avril 2018

Bénédicte S.

On reconnaît une personne hypersensible par sa réceptivité accrue aux stimuli de son environnement, par sa réactivité émotionnelle forte, et par l’expression amplifiée de ses émotions (crise de larme, rires, agressivité, anxiété). La personne hypersensible a souvent conscience de la nature démesurée de son vécu émotionnel. Elle se montre attentive, observatrice, intuitive, empathique et présente en général un goût prononcé pour la créativité (artistique ou autre). 

La personne hypersensible vit plus intensément qu’autrui les situations de crises, mais aussi les moments heureux. Elle est facilement blessée par les critiques et a tendance à les ressasser longuement. Elle se sent vulnérable et apparaît comme une véritable éponge émotionnelle, ce qui lui donne l’impression de porter le poids du monde sur ses épaules. Elle a tendance à éviter les conflits, elle a peur de décevoir, d’être rejetée ou abandonnée. Elle se sent dépendante d’autrui et plus particulièrement de l’affection qu’on lui porte. Lorsqu’elle pense avoir blessé autrui, elle ressent immédiatement une forte culpabilité. Dans les relations interpersonnelles, elle a du mal à analyser les processus psychiques, les émotions et les intentions qui se rapportent à soi et à autrui.

L’entourage de la personne hypersensible peine souvent à comprendre ses réactions, qui paraissent imprévisibles, irrationnelles et excessives. Elle peut être perçue par autrui comme étant trop faible, trop fragile, devant se forger le caractère et s’endurcir.

Les manifestations de l’hypersensibilité peuvent prendre plusieurs formes : débordement émotionnel face à des situations génératrices d’émotions, impulsivité, hypervigilance, intolérance à l’ennui, facilité à mémoriser en détails et avec une grande acuité son propre vécu, tendance à la rumination, recours fréquent à l’introspection, …

Pensez-vous être hypersensible ? Comment s’exprime votre hypersensibilité ? Quelles sont les réactions de votre entourage vis-à-vis de votre hypersensibilité ?