Jeudi 4 Janvier 2018

Bénédicte S.

L’intégrité se définit comme « la motivation première à être conforme à ce que l’on est réellement ; le caractère d’une personne incorruptible dont la conduite et les actes sont irréprochables ; l’état de ce qui est intact et n’a subi aucune altération. » Nous pouvons décliner l’intégrité selon que l’on parle d’intégrité physique, psychique, ou morale. En ce sens, l’intégrité se rapproche des plusieurs notions comme l’honnêteté, le respect, la fierté, l’équité, les valeurs, les principes, les convictions, les idéaux, les croyances, la morale, l’éthique et la déontologie…
Une personne intègre aura donc tendance à agir selon des principes qui constituent un code de conduite à observer en toutes circonstances. Ces principes peuvent s’appliquer à soi-même, aux autres, et au monde, afin de permettre à l’individu de donner un sens global à son existence. Ils se forment généralement à partir de nos expériences personnelles, de nos apprentissages, de nos croyances et de nos interprétations.
Seulement, les croyances fondamentales et les principes qui sous-tendent l’intégrité peuvent parfois se rigidifier et rendre la personne inflexible, intransigeante, au point de devenir des représentations du monde partielles qui servent de filtre d’interprétation de la réalité influençant le jugement de l’individu. Dans d’autres cas, les valeurs et principes d’un sujet peuvent s’avérer fragiles lorsqu’ils sont des truismes, c’est-à-dire des croyances admises unanimement à tel point qu’elles ne sont jamais remises en cause.
Vous considérez-vous comme une personne intègre ? Quelles situations peuvent mettre à mal votre intégrité ? Jusqu’à quel point peut-on rester conforme à nos valeurs en toutes circonstances ? L’intégrité est-elle compatible avec la capacité d’adaptation aux situations ?

Jeudi 28 Décembre 2017

Bénédicte S. / HG

HG : La fête d’appartenance de Noël intervenant le 25 décembre, les participants habituels du lundi, qui seront à Toulouse le jeudi 28, pourront participer à la réunion animée par Bénédicte ce jour-là qui remplacera aussi la réunion du lundi du jour de l’an. Je serai présent à cette réunion, comme participant, avec beaucoup de plaisir.

BS :
Les relations interpersonnelles correspondent aux rapports privilégiés entre deux personnes investies affectivement, alternant entre des interactions réciproques et des interactions oppositionnelles. Elles nous servent de modèles relationnels que l’on peut appliquer et répéter dans la vie sociale, professionnelle, amoureuse... On observe classiquement trois types de relations interpersonnelles qui ont chacune des caractéristiques spécifiques :
- La relation nourricière de type parental (parent-enfant) est basé sur le don et la réception des besoins élémentaires (nourriture, confort, attachement…)
- La relation fraternelle s’appuie sur l’ambivalence entre rivalité et gémellisation (impression que l’autre est identique à soi)
- La relation amoureuse repose sur le désir et la possession
Les relations d’appartenance assurent une contenance des affects issus des relations interpersonnelles. Elles correspondent au partage de valeurs, de buts, d’intérêts, de croyances au sein d’une communauté réelle ou imaginaire, afin d’établir une solidarité et une loyauté entre les membres d’un même groupe. On peut les diviser en trois types similaires à ceux sus-cités :
- L’appartenance de type familiale repose sur la transmission, l’éducation et l’apprentissage (inhérent à la filiation entre autres)
- L’appartenance de type fraternelle implique la notion de partage, de réciprocité et d’égalité
- L’appartenance de type « couple » suppose un lien basé sur l’amour, amour de soi et amour de l’autre
Il existe des relations interpersonnelles en dehors des cercles d’appartenance, et des relations d’appartenance qui n’impliquent pas de relations interpersonnelles. Mais la plupart du temps, le réseau relationnel se superpose à un système d’appartenance. Ainsi, les relations interpersonnelles semblent plus structurantes lorsqu’elles se situent dans des groupes d’appartenance qui favorisent le processus de socialisation en médiatisant les relations.
Pour construire son identité, l’individu a donc besoin de se définir en référence à plusieurs groupes d’appartenance qui lui assurent un sentiment de cohésion sociale, en plus de répondre à des besoins divers (besoin de reconnaissance, d’affiliation, d’affection, d’intégration…). La pluralité de ces appartenances offre au sujet la possibilité de se décentrer, d’avoir un regard plus critique sur les situations, et d’échapper ainsi à l’influence monolithique d’un seul milieu. Mais les diverses relations d’appartenance peuvent s’avérer conflictuelles lorsqu’elles ne s’accordent pas entre elles, lorsque le sujet en devient trop dépendant, ou lorsqu’elles exercent une pression contraignante sur l’individu.
Quels sont vos groupes d’appartenance ? Quels types de relations interpersonnelles et d’appartenance privilégiez vous ? Comment réagir face à la rupture d’une relation d’appartenance ?

Jeudi 21 Décembre 2017

Bénédicte S.

Eprouver de l’amour fraternel pour son frère ou sa sœur n’est pas inné. L’amour fraternel est le fruit d’une construction qui peut fluctuer dans le temps. Les liens du sang sont insuffisants pour garantir de l’amour, de l’amitié, de l’affection, ou du moins une relation de bonne qualité entre les membres d’une même famille.

Les liens fraternels ou sororals peuvent être fondés sur l’antagonisme et la rivalité, ou bien sur la solidarité et l’entraide. La nature des liens fraternels peut contribuer à éloigner ou bien à renforcer les sentiments de solitude, de rejet, d’infériorité, de non-reconnaissance et d’abandon. Cependant, les relations fraternelles sont naturellement teintées d’ambivalence, oscillant entre l’attrait et le rejet, l’amour et la haine, la complicité et les disputes.

De plus, la fratrie est l’objet d’un investissement parental (l’attention, les soins, l’affection, etc) influençant la qualité des liens fraternels. Cet investissement s’avère différencié lorsqu’un seul enfant accapare l’amour parental, ou indifférencié si l’amour parental est réparti de façon homogène entre les enfants ou si chaque enfant de la fratrie souffre d’un manque égal de soutien et d’affection parentaux.

Les fratries marquées par la rivalité signent la présence d’un conflit pour obtenir la reconnaissance et l’amour d’un parent ou des deux parents. Les deux issues les plus fréquentes de ce conflit consistent soit à renforcer l’antagonisme en avivant les sentiments de jalousie et en maintenant une relation privilégiée et exclusive avec le père ou la mère, soit à renoncer à l’exclusivité de l’amour paternel ou maternel en acceptant de s’ouvrir à d’autres relations intra ou extra-familiales. La première solution induit souvent l’existence ou la persistance de difficultés relationnelles futures, tandis que la seconde solution possède plutôt une valeur propédeutique (qui facilite l’apprentissage d’autres choses).

L’enfant unique condense à lui seul les fonctions fraternelles car il n’a pas de frère ou sœur auquel s’identifier et se comparer et avec lesquels partager les attentes parentales. Ce qui rend plus difficile la nécessité de s’émanciper du noyau familial et de s’individuer en se séparant des attentes et des fantasmes parentaux, d’autant plus dans les cas où il existe une relation symbiotique entre l’enfant et un de ses parents (ou les deux), l’enfant étant alors considéré comme le prolongement de la personnalité du parent en héritant d’un investissement parental massif à son égard.

Qu’est-ce qu’être un frère ou une sœur pour vous ? La qualité de vos relations fraternelles a-t-elle évolué au fil du temps ? Comment avez-vous vécu l’absence de frère ou sœur si vous êtes enfant unique ?