Jeudi 19 Juillet 2018

Bénédicte S.

Le dégoût est une émotion à valence négative qui fait partie des émotions primaires (avec la joie, la colère, la tristesse, la peur et la surprise). C’est donc un affect qui est ressenti soudainement, intensément et brièvement. Il surgit parfois de manière intrusive au point de devenir une émotion envahissante et incontrôlable qui produit une dépossession momentanée de soi. Il présente des similitudes avec les émotions de peur et de colère, et aussi avec le mépris, l’horreur et la honte

Le dégoût peut se définir comme une réaction négative envers une substance, une situation, une personne ou un groupe de personnes qui suscite de la gêne ou du malaise. Il provient d’une perception sensorielle dérangeante et s’accompagne de réactions physiologiques viscérales (nausées, haut-le-cœur, vomissements). Il provoque un détournement du regard, une réaction de rejet, de mise à distance, ou de fuite vis-à-vis de l’objet ou la situation qui l’occasionne. Comme la réaction physiologique prime sur l’intellect, le dégoût paraît inné et naturel. Le signal de dégoût nous permet de ne pas ingérer des aliments jugés nocifs et d’éviter toute situation pouvant menacer notre santé. Cependant, il s’avère que le dégoût (comme le goût) est une émotion en partie liée à la transmission culturelle et l’éducation.

Le dégoût n’est pas seulement d’ordre physique, il peut être d’ordre moral. Il a ainsi une fonction de défense et de protection de notre intégrité physique et aussi de notre intégrité psychique. Le dégoût moral survient lorsque nous considérons des comportements comme des offenses à nos valeurs morales et aux normes sociales, en particulier les transgressions morales qui ne respectent pas les normes du corps humain. Le dégoût pourrait donc servir à maintenir l’ordre moral et l’harmonie sociale en nous permettant de distinguer le bien du mal. En cela, il s’apparente à une « intuition morale » qui soutient le jugement moral, à savoir le fait d’affirmer qu’une action est bonne ou mauvaise, mais qui ne s’avère pas toujours fiable car il tend à biaiser notre perception sociale.

Dans les relations interpersonnelles et intergroupes, le dégoût intervient souvent de façon négative car il peut nous pousser à s’appuyer sur des stéréotypes pour juger autrui ou à adopter des préjugés, des attitudes de stigmatisation, d’ethnocentrisme ou de xénophobie. Dans le pire des cas, il nous conduit à percevoir autrui comme « moins humain » que soi, donc à la déshumanisation et à la chosification de l’être humain.

Qu’est-ce qui provoque une réaction de dégoût chez vous ? Etes-vous plus sensible au dégoût physique ou au dégoût moral ? Comment faites-vous face à l’émotion de dégoût ?

(HG : Joli thème, si je peux dire. Je dirai que le dégout peut être un sentiment passager comme la sensation d’un trop plein après un repas indigeste. )

 

Jeudi 12 Juillet 2018

Bénédicte S.

L’étymologie du mot « intuition » renvoie au fait de « regarder attentivement, avoir la pensée fixée sur ». L’intuition est définie comme « toute connaissance immédiate et non rationnelle relevant du simple sentiment ; la faculté de comprendre vite, de prévoir, de deviner ». Elle ne procède donc pas d’un raisonnement délibéré et logique mais repose plutôt sur des sensations.

Eric Berne (psychologue) considère que l’intuition est un processus de traitement automatique et spontané des perceptions sensorielles, un savoir basé sur les expériences vécues, qui semble advenir en dehors du champ de la conscience. Cela explique qu’il ne soit pas toujours aisé de formuler avec précision comment l’on parvient à des conclusions intuitives.

L’intuition relève donc d’un mode de décision rapide, d’une évaluation instantanée d’indices externes et internes, qui est intimement lié à notre personnalité et nos valeurs. Parce qu’elle s’émancipe de la raison, qu’elle s’impose souvent comme une intime conviction, et qu’elle comporte une charge émotionnelle plus ou moins forte, l’intuition nous pousse fréquemment à agir, même si on ne parvient pas tout à fait à comprendre les raisons qui la motivent.

Cela dit, en tant que compétence cognitive, l’intuition demeure relativement fiable et efficace, elle n’est pas infaillible ni systématiquement trompeuse. La pensée intuitive ne suffit pas toujours à nous apporter des réponses satisfaisantes lorsqu’on appréhende une situation, c’est pourquoi elle est complémentaire de la pensée analytique. Cette dernière nous permet de remettre en question nos réactions émotionnelles, d’apprécier les conséquences de nos actes et d’agir selon nos principes moraux. Or, habituellement, nous utilisons la pensée intuitive dans des situations où nous disposons d’un temps limité ou lorsqu’on est face à une surcharge d’informations. Nous pouvons avoir tendance à prendre des décisions irrationnelles sur le moment, car le raisonnement logique est trop coûteux psychiquement, puis nous appliquons après coup la pensée analytique pour justifier ou rationaliser les décisions qu’on vient d’effectuer. Néanmoins, l’intuition peut illustrer la capacité humaine à donner du sens à des choses complexes et difficilement compréhensibles.

Que pensez-vous de l’intuition ? Avez-vous l’habitude de vous fiez à vos intuitions ou à celles d’autrui ? Quelles sont les intuitions qui vous paraissent les plus fiables ?

 

Jeudi 5 Juillet 2018

Bénédicte S

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La spontanéité, un terme issu du latin « sponte » signifiant « volonté, désir », est décrite comme « un phénomène qui se produit sans avoir été provoqué ; une action que l’individu accomplit de lui-même sans avoir été sollicité ; un comportement qui n’est pas réfléchi ; le fait d’obéir à ses premières impulsions, d’exprimer sa pensée sans détour ; l’intervention active de l’intelligence qui se joint à la réceptivité et à ses formes pour réunir les intuitions et faire les idées. »

Pour certains, la spontanéité est un trait de personnalité associé aux capacités d’autonomie, de franchise et d’enthousiasme d’une personne. La personne spontanée est émotive, intuitive, inventive, impulsive, passionnée, curieuse. Elle tend à parler et à agir sous le coup de l’émotion, de façon fluide et naturelle, sans ressentir de contraintes. Elle est très réceptive à ses états d’esprit, elle ressent intensément ses émotions et les exprime facilement (joies, peines, attirances, aversions, peur, désir…). Son énergie se déploie dans ses capacités créatives et imaginatives. Cependant, une spontanéité excessive peut représenter un inconvénient lorsque l’individu ne tient pas compte de la sensibilité d’autrui au point de devenir envahissant ou irritant pour les autres. Parfois, notre environnement peut nous conduire à museler notre spontanéité qui devient temporairement silencieuse et invisible.

La spontanéité se rapproche également de la sincérité, de l’authenticité. Lorsqu’elle s’accompagne de capacités de prudence et d’observation, la spontanéité nous aide à entretenir des relations vraies, à faire attention à ne pas manquer de tact ou à ne pas agir de façon inconsidérée.

Quelle est votre définition de la spontanéité ? Selon vous, la spontanéité est-elle plutôt un atout ou un inconvénient dans votre quotidien ? Comment réagissez-vous face aux personnes spontanées ?