Jeudi 28 Juin 2018

Bénédicte S.

L’incompréhension naît de de l’incapacité ou du refus délibéré de comprendre quelque chose, quelqu’un ou une situation à sa juste valeur. Cela peut résulter d’un manque d’écoute, d’un manque d’empathie, d’une position égocentrique, d’erreurs d’interprétations, de projections, de biais d’attribution et de raisonnement, de conflits de valeurs ou d’opinion…

De nombreux facteurs rentrent en jeu pour accentuer ou entretenir les incompréhensions. Des facteurs internes (comme les mécanismes de défense) et externes (comme le conformisme social) alimentent les incompréhensions, tout comme la valeur, le pouvoir et la crédibilité qu’on accorde aux choses qui sont le sujet de la mésentente.

L’incompréhension peut être motivée par la volonté d’avoir raison, de ne pas perdre la face, de ne pas admettre ses erreurs, la peur du changement, la peur de ne pas exister aux yeux de l’autre, l’obstination à vouloir être reconnu… Elle relève souvent d’un problème communicationnel prenant la forme d’une difficulté ou impossibilité à comprendre le point de vue d’autrui, que ce soit au niveau du contenu explicite, du contenu implicite ou de la nature de la relation entre les interlocuteurs.  

La compréhension nécessite de mobiliser des capacités psychiques, cognitives, même physiques, en plus d’avoir une volonté de comprendre et de s’investir personnellement pour disposer d’un bon discernement. Elle s’établit sur la base d’une bonne communication et d’un dialogue actif pour que chaque interlocuteur trouve un espace pour exister, s’exprimer et se sentir entendu.

Etre dans une attitude d’écoute flottante ne suffit pas pour comprendre, il faut aussi attribuer du sens aux événements en opérant un travail interprétatif à partir des données à notre disposition (le contexte, le comportement et la personnalité de chacun, les différentes grilles de lecture que l’on peut utiliser).

Comment réagissez-vous face à l’incompréhension (la vôtre, celle d’autrui) ? Quels sont les principaux facteurs causant des situations d’incompréhensions dans votre vie ? Comment faites-vous pour remédier à ces incompréhensions ?

 

Jeudi 21 Juin 2018​​

Bénédicte S.

La patience provient du latin « patientia » désignant l’action de supporter et d’endurer quelque chose. Elle est définie comme « une vertu qui fait supporter avec modération ; le calme, le sang-froid avec lequel on attend ce qui tarde ; la persévérance à poursuivre un travail malgré la lenteur de ses progrès ou malgré les difficultés ». La patience est donc considérée comme une qualité, une disposition morale pour supporter l’adversité.

La patience est parfois confondue avec un état de résignation, de lassitude, de docilité, de passivité, d’abandon. Ou bien elle peut être active et volontaire lorsqu’elle est mise au service de l’affirmation de ses convictions ou ses objectifsElle s’accompagne alors de capacités d’écoute, de confiance et de fidélité envers soi-même et autrui, de lucidité, de sensibilité, d’ouverture à l’altéritédu souci de s’attarder auprès de personnes pour les laisser aller à leur propre rythme.

L’impatience désigne l’incapacité à se contenir soi-même (fougue, impétuosité, pétulance, instabilité), le manque de patience pour supporter quelque chose ou quelqu’un (agacement, exaspération, colère), et le manque de patience pour attendre quelqu’un ou quelque chose (avidité, empressement, immédiateté). L’impatience se traduit par une agitation du corps et de l’esprit, une irritation psychique qui pousse à la décharge motrice dans l’action pour procurer le soulagement d’une tension interne. 

En cela, la patience et l’impatience peuvent questionner notre rapport à l’attente (qu’elle soit rêveuse, anxieuse, douloureuse), notre capacité de tolérance à la frustration, notre capacité à prendre le temps de la réflexion pour comprendre les événements, notre capacité à se soumettre à une temporalité qui n’est pas la nôtre.

La patience n’est cependant pas infinie. Il arrive qu’après l’heure, ce se soit plus l’heure. La patience fait partie d’une palette d’attitude adaptées, au même titre que le courage, la lucidité, le sens des opportunités ou le renoncement. 

Quelle est votre définition de la patience et de l’impatience ? Quelle est votre attitude vis-à-vis de la patience ou de l’impatience d’autrui ? Par quels moyens peut-on cultiver la capacité d’être patient ?

 

Jeudi 14 Juin 2018

Bénédicte S.

La notion de temporalité est un concept inventé par l’être humain afin d’appréhender son rapport à l’existence et lui donner du sens, de structurer sa vie quotidienne et ses pensées selon de multiples rythmes internes et externes.

A l’Antiquité, les Grecs distinguaient déjà trois types de temps. Chronos est le temps physique, mesurable, quantitatif et linéaire puisqu’il articule chronologiquement le passé, le présent et le futur. Kairos est le temps métaphysique, qualitatif et subjectif, qui nous permet de déterminer un avant et un après lorsque nous vivons des événements significatifs dans notre vie. Aiôn est le temps cyclique, indéfiniment long, celui qui correspond à la répétition perpétuelle (comme le cycle des saisons par exemple).

Au niveau culturel, des chercheurs ont remarqué qu’il existe deux types de rapport au temps bien différents. Dans certaines cultures, la conception du temps est plutôt « monochrone », séquentielle, le temps est envisagé comme une entité que l’on peut planifier, maîtriser, perdre ou gagner. Dans d’autres cultures, la conception du temps est plutôt « polychrone », ce qui conduit à s’engager dans de multiples activités de façon simultanée, le temps est rarement considéré comme perdu ou gagné, il n’est pas la marque de notre emprisonnement existentiel.

Au niveau individuel, le point de vue temporel adopté pour envisager notre histoire de vie donne à voir des réalités différentes. Ainsi, le point de vue synchronique est figé dans l’instant, dans l’immédiateté, dans l’incertitude existentielle. Considérer un changement soudain avec un regard synchronique le fait apparaître comme une rupture qui questionne le lien entre ce qui était, ce qui est et ce qui adviendra. Le point de vue diachronique nous amène à chercher une cohérence dans la façon d’articuler l’avant, le pendant et l’après. Considérer les événements avec un regard diachronique permet d’entrevoir notre existence comme un continuum organisé en un tout logique et intelligible.

Nous constatons fréquemment que notre rapport au temps varie en permanence, qu’il existe un décalage entre le temps physique et le temps subjectif. Quelquefois, nous sentons que nous maîtrisons les événements et que nous pouvons les anticiper. D’autres fois, nous avons l’impression que le temps nous échappe, nous sommes dépassés ou submergés par des situations, ou nous trouvons le temps long et l’ennui s’installe.

De plus, des troubles psychiques peuvent perturber profondément notre rapport au temps. Le sujet dépressif semble vivre dans le passé, il éprouve des difficultés à investir le présent et à se projeter dans le futur. Le sujet addict semble plutôt vivre dans le présent immédiat, focalisé dans un ici et maintenant circulaire comme un éternel recommencement. Pour le sujet alcoolique qui éprouve des difficultés à se situer dans le temps et des angoisses relatives au futur et au passé, les alcoolisations répétées participent à la structuration de la temporalité en s’apparentant à des tentatives pour figer le temps, l’allonger ou le raccourcir.

Quel(s) type(s) de rapport au temps privilégiez-vous ? Comment structurez-vous votre temps pour le rendre plus harmonieux, agréable, moins anxiogène ?