Jeudi 17 Mai 2018

Bénédicte S.

La nostalgie est définie comme « l’état de tristesse, de langueur causé par l’éloignement du pays natal (mal du pays) ; le regret mélancolique d’une chose, d’une relation, d’une existence que l’on a connue ; le sentiment d’impuissance qu’éprouve une personne qui aspire à un idéal ou qui recherche passionnément une valeur, une qualité ; un trouble psychique provoqué par l’éloignement du lieu habituel d’existence ».

La nostalgie, la mélancolie, les regrets, les remords, les deuils suscitent de la tristesse face à la perte d’une joie passée. Or le ressenti d’impressions positives, l’attachement à des souvenirs significatifs agréables qui apportent du réconfort constituent une caractéristique essentielle de la nostalgie qui la distinguent des autres états évoqués, qui eux renvoient au désir irrépressible de retrouver l’objet perdu et à la douleur face à l’impossibilité d’y parvenir.

De plus, les souvenirs nostalgiques se distinguent des autres souvenirs (non teintés de nostalgie) car ils sont plus fréquemment remémorés, ce qui les rend plus vivaces et détaillés. Ils peuvent renvoyer à une période où l’on a surmonté une épreuve, ce qui redonne de l’espoir. Enfin, ils établissent un lien entre le passé et le présent en étayant le sentiment de continuité de soi.

Certaines études montrent que les états de nostalgie contribuent à améliorer l’estime de soi, la confiance en soi et le sentiment d’appartenance sociale. L’activation des souvenirs nostalgiques favoriserait une humeur positive consolidant le bien-être psychique, et servirait de protection contre la mélancolie et les pensées négatives. Mettre son passé en valeur peut agir comme une ressource afin de croire en l’avenir, en songeant que si quelque chose de bon s’est produit dans le passé, il y a des chances que cela se reproduise dans le futur.

Quelle est votre propre définition de la nostalgie ? Considérez-vous la nostalgie comme un état plutôt positif ou plutôt négatif ? Quels sont vos souvenirs nostalgiques les plus marquants, les plus prégnants ?

 

Jeudi 3 Mai 2018

Bénédicte S.

Nous possédons tous un espace personnel, une sorte de « bulle », qui s’étend aux objets personnels sur lesquels on estime avoir une autorité légitime (maison, bureau, voiture) et à ce qui constitue notre intimité psychologique (notre vie privée, notre jardin secret). Notre identité, notre sentiment de sécurité, notre image et conscience de soi s’appuient sur la possession de certains attributs matériels et symboliques qui apparaissent comme le prolongement de notre Moi (vêtements, sac à main, journal intime…).

La transgression effective, supposée ou redoutée de notre espace personnel représente une intrusion qui est acceptée ou perçue comme une agression en fonction de nos affinités relationnelles. Préserver son intimité, son espace personnel afin de ne pas être envahi, blessé, dépossédé représente un enjeu important des relations interpersonnelles. La protection de notre territoire se traduit par le contrôle de son accès (fermer ses tiroirs à clé, réserver ses confidences à ses proches…). Elle ne relève pas forcément de la méfiance ou de l’égoïsme, elle vise à défendre notre intégrité.

Seulement, la défense légitime de notre territoire peut être considérée comme une mise à distance d’autrui, une forme de rejet. Les tensions et malaises relatifs à l’espace personnel semblent manifester notre quête de reconnaissance et notre rapport aux places qu’on occupe.

Qu’est-ce qui représente votre propre espace personnel ? Quelle est votre réaction quand quelqu’un empiète sur votre espace personnel, quand vous-même empiétez sur l’espace personnel d’autrui ? Comment faites-vous respecter votre espace personnel par autrui ?

HG : Je me risque à répondre en quelques lignes, celles laissées par la page. Le territoire à soi est une entité spéciale et temporelle, que l’on peut ou non, comme dit le texte, volontairement partager. En pratique, mon bureau est le lieu de mon territoire, mais je peux déplacer mon territoire ailleurs, avec un bouquin, par exemple, ou partager un espace-temps avec quelqu’un. S’alcooliser, jusqu’à un certain point, consiste à s’enfermer dans sa bulle ou la maintenir malgré la présence des autres. Je veille à ne jamais empiéter sur le territoire d’autrui. Cela me dérangerait au moins autant que lui. Je peux fermer à clé, couper le téléphone, ou m’arrêter de faire ce que j’ai en cours en demandant à l’autre ce qu’il attend de moi, en cas d’intrusion. Je peux m’abstraire d’une conversation, quand je me sens étranger à ce qui se dit.

 

Jeudi 26Avril 2018

Bénédicte S.

La pulsion agressive est concomitante à la pulsion de mort. L’agressivité peut être dirigée sur soi-même, sur autrui, et parfois elle est orientée sur une cible différente de la source de l’agressivité par effet de déplacement. L’agressivité peut être instrumentalisée comme un moyen orienté vers un but lorsqu’elle vise à blesser autrui.

Lorsqu’elle n’est pas destructrice, l’agressivité peut avoir une fonction adaptative et défensive pour remplir des besoins fondamentaux, se protéger, et contribuer à la maîtrise de soi et de l’environnement.

En général, l’agressivité naît des expériences de déplaisir, de la colère, de la haine, et de la frustration. Cela dit, la frustration ne mène pas systématiquement à l’agression, car la source de déplaisir éveille un sentiment primitif de peur qui provoque soit une réaction de fuite-évitement, soit une réaction de combat-agression. 

Plusieurs facteurs influencent l’agressivité : la chaleur, le bruit, une faible estime de soi ou au contraire une hypertrophie du Moi, la douleur physique ou psychique, certains modèles qui valorisent l’agressivité, ainsi que la désindividuation opérée par l’effet de groupe (désinhibition, stimulation, imitation).

→ HG : Nous avons une équipe de trois dames. Il sera intéressant qu’elles réfléchissent à leur positionnement face à l’agressivité, y compris quand leur comportement dominant est de subir les agressions d’autrui. Pour moi, l’agressivité est un affect pénible quand il est subi et, dans tous les cas, peu adapté. L’énergie qu’elle exprime peut cependant servir à de bons usages, à se faire entendre, à éviter la dépression ou la maladie. Travaillée, elle débouche sur des états d’esprit évolutionnaires. La non-violence n’est-elle pas une forme d’agressivité efficace ? Le refus du découragement face à l’adversité et à l’injustice ne fait-il pas intervenir une énergie relevant de l’agressivité ? Il est important de comprendre les raisons de l’agressivité, la sienne et celle des autres.

Qu’est-ce qui suscite de l’agressivité en vous ?Comment faites-vous pour canaliser votre agressivité ? Quelle est votre attitude face à l’agressivité d’autrui ?