Séparation, deuil, continuité et renouveau

 Après 16 ans de bons et loyaux services comme inspiratrice et psychothérapeute du groupe des familiers, Rosane a fait valoir ses droits à « la retraite ».

Depuis le commencement de l’activité, en 1989, nous n’avons eu que deux psychothérapeutes pour couvrir ce besoin. Catherine Dangelser s’apprête à prendre le relais.

Rosane, comme Georges, a toujours été là, constante et discrète. Elle avait été intervenante, avec Margot B, à nos journées publiques. Elle ne les manquait pas, comme auditrice. Elle a eu l’occasion de participer à des rencontres avec l’Agence Régionale de Santé qui s’appelait autrement, à l’époque. Parmi le florilège des encouragements dont nous avons bénéficiés, elle avait pu entendre, avec le sourire, une des responsables administratives, que l’Administration ne voyait aucun inconvénient au contrat d’objectifs que nous lui proposions, à la nuance près que nous n’aurions, de sa part, aucun moyen pour les atteindre. Par la suite, les choses ont un peu changé, l’ARS nous procurait un budget correspondant à un dixième environ des besoins financiers incompressibles. Elle témoignait ainsi de sa bienveillance à l’égard des personnes en difficulté avec l’alcool et de leurs familles.

Pour sa dernière séance, Rosane propose un thème de circonstance, riche de réflexions possibles : le deuil. Ce thème fait d’ailleurs écho à la thématique de la dernière réunion de Bénédicte : La séparation. Á bien regarder, la conclusion de « Vivre avec l’alcool, devenir acteur de ses choix », dont le texte a été remis à l’éditeur érès pour une mise à disposition à la fin Août, fait explicitement référence à la transmission. C’est à Catherine Dangelser de prendre à présent le relais.

Nombreux parmi les participants des autres groupes de parole, sont ceux à avoir eu des enfants qui ont souffert de l’alcool, qui ont été concernés à leur tour par des conduites addictives. Ils avaient eu à se positionner, étant enfants, par rapport à des parents difficiles, notamment alcooliques. Nous leur demanderons, une fois n’est pas coutume, de participer à cette réunion sur le deuil. La séance illustrera la transmission, tout en précisant les attentes et les besoins. L’AREA donne donc rendez-vous aux adhérents intéressés par les interactions intergénérationnelles et les enjeux familiaux, à la réunion du mercredi 20 juin à 18 heures.

Au revoir Rosane, un grand merci, et…bonjour Catherine !

 

Le printemps de l’AREA

 L’AREA a célébré le renouveau du printemps à sa manière avec cette nouvelle forme de débat ouvert à tous les publics, en soirée, comme équivalent, en temps, d’une sortie au cinéma.

 Cette séance sur le thème des terrifiants ‘‘pièges de l’empathie’’ a rencontré un écho très favorable dont nous nous réjouissons.

 Elle nous a permis de donner le nom de notre ami François Gonnet, co-animateur de la soirée avec Jean Thevenot, président de l’Ordre des médecins haut-garonnais, à notre structure d’accompagnement de proximité qui devient donc le C3A « François Gonnet ».

 Le travail de reprise des contacts effectué facilitera celui justifié par le second débat de l’année autour d’un thème spécialement dédié à ceux qui pensent être en capacité de « résoudre le modeste problème de la mort », sous reprendre le sous-titre d’un ouvrage récent de Mark O’Connell1, centré sur les réalités de la maladie d’Alzheimer et sur la pensée transhumaniste.

Retenez dès à présent cette date et l’intitulé :

SPIRITUALITE, CROYANCES ET PROBLEMATIQUE ALCOOLIQUE

 Jeudi 25 Octobre, à partir de 19h45

 Avec le Pr Gérard Ostermann de Bordeaux

Et Henri Gomez de Toulouse

Comme pour la soirée sur l’Empathie, un opuscule d’une quarantaine de pages, rédigé pour la circonstance, sera mis à disposition.

 En espérant que le Ciel attendra2 chacun de ceux qui découvriront cet éditorial en forme d’annonce, soyez assez prudents de réserver votre place, lors de l’ouverture des inscriptions.

 

  1. M. O’Connel « Aventure chez les transhumanistes, » L’échappée, 2016
  2. « Le ciel peut attendre » de Ernst Lubitsch, 1946

 

Quelques photos-souvenir…

Du bon usage de la philosophie politique

Il est, en définitive, facile de distinguer les sources des malheurs du monde actuel et, de dégager de ce fait, des pistes d’action alternatives.

Notre choix de pratique psy-alcoologique a été d’élargir l’approche réflexive de la problématique alcoolique à tout ce qui la détermine, en utilisant l’ensemble des grilles de lecture susceptibles de l’éclairer. 

Il n’est pas possible de comprendre les « problèmes d’alcool » sans utiliser les grilles de lecture psychopathologiques, systémiques et familiales, psycho-sociales, mais aussi les approches scientifiques, économiques, politiques et philosophiques. Les personnes qui renoncent à leur part de liberté en se conformant à l’addiction, sont assimilables à une sorte de prolétariat anesthésié, et de surcroît disqualifié par l’Opinion.

Différents intellectuels ont mis en exergue les plaies de ce que nous appelons, par euphémisme, la société hypermoderne.

Cette évolution a été voulue par l’oligarchie financière. Elle épouse de multiples formes : le pillage des ressources naturelles alors que leur mise en valeur pourrait constituer de vraies alternatives, l’absence de politiques locales autocentrées de mise en valeur écologique, économique et humaine, la multiplication et l’entretien des guerres localisées, l’exploitation et l’oppression croissante des « travailleurs », salariés ou non. La mise en avant des idéologies rétrogrades, religieuses, sécuritaires mais aussi matérialistes, la manipulation éhontée des masses par la mise en avant du sordide, de l’événementiel et de l’insignifiance, l’effondrement des bases éducatives et culturelles d’une réflexion pertinente, la politique de division et de haine entre les peuples, les ethnies, l’exploitation éhontée des fragilités humaines par l’extension de l’offre addictive, la mise en place d’une société de contrôle social par la bureaucratie numérique, la substitution des relations réelles par le nombrilisme des réseaux sociaux, l’hypocrisie érigée en Morale complètent cet état du Monde.

Notre pratique alcoologique s’inscrit dans une logique de refus de cet inacceptable crépusculaire et dans une recherche des progrès accessibles, sans exclure qui que ce soit a priori. Nous nous retrouvons dans une situation analogue à la fin des années 30. L’adversaire ne porte pas de petite moustache. Il ne gesticule pas. Il n’a pas d’uniforme. Il se situe d’abord en nous qui acceptons la dictature de l’argent et de ce qu’elle inspire. Nous refusons la violence. Nous lui préférons une philosophie politique, qui commence par la mise en question des addictions.

 

 

 

 

                                  

conf empathie sL'empathie est une notion "tarte-à-la-crème" dans la langage du soin. Qu'est-ce que ce mot recouvre exactement ? En quoi est-elle nécessaire, voire indispensable ? De quoi faut-il la distinguer ? Quelles en sont les pièges ?

Le docteur Jean Thévenot, en tant que président de l'Ordre des Médecins, est trop souvent conduit à examiner les erreurs d'empathie des praticiens sur le plan disciplinaire. Le docteur François Gonnet mettra son exceptionnelle expérience du système-alcool au service de nos échanges. La question de l'empathie prend une importance aussi bien clinique que juridique et politique dans notre "société de victimes", selon l'expression de Guillaume Erner.

Bref, ce débat s'impose et nous l'aurons !

 

Attention, les places sont limitées !

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Les mots pour le dire

 Nous vivons une époque étrange où des mots changent de sens, d’autres sont oubliés ou interdits, d’autres, nord-américains, spécialement liés au commerce et au numérique, ajoutés. Il est toujours possible de se rassurer, avec l’aide de quelques bons verres de whisky, en se disant qu’une langue est toujours vivante, en perpétuelle gestation. Si l’on s’abstient de whisky (ou de tout autre moyen de brouiller son discernement), l’impression est moins favorable. Nous risquons alors de partager l’opinion argumentée de Madame Fatiha Boudjahlat dans « Le grand détournement ». Cette auteure cite Jean Pouillon : « Les mots, souvent vivent à l’inverse des serpents, ils changent non de peau mais de contenu ». Des exemples ?

Lire la suite : Editorial de Mars 2018