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Addictions, principe de précaution et libertés

07-03-2026

Je vous propose un échange autour de trois notions : les addictions et les pratiques similaires, le contrôle social et l’usage du principe de précaution, à notre époque, qui est celle du néolibéralisme et du numérique généralisé.

Peut-être n’est-il pas inutile de préciser ce que l’on entend par néolibéralisme ? Cette réorganisation de notre système économique permet d’établir une distinction avec l’état antérieur, de ce qui a été appelé Les trente glorieuses, de 1945 à 1974. Le système de protection était alors très élevé avec une répartition des ressources satisfaisantes pour la majorité de la population. Le système éducatif autorisait une mobilité sociale acceptable. Les exclus. Il était possible de trouver du travail et même d’imaginer un plan de carrière. Les principales addictions étaient l’alcool, le tabac, avec une part limitée d’usage addictif de substances psychoactives. Les causes de la régression du pays sont connues – nul ne devrait les ignorer – et il n’y a aucune raison que la situation ne s’aggrave pas encore et de plus en plus rapidement. Il existe une relation inversement proportionnelle entre la prospérité d’un territoire et la qualité de la vie démocratique en son sein.

Nulle fatalité cependant, des politiques alternatives existent mais il faudrait pour cela que les élites dirigeantes aient le souci de le souci de notre pays et celui de l’intérêt général, entendu non comme un repli (réponse nationaliste et xénophobe) ou comme une dilution (réponse européiste/globaliste : soumission aux idéologies qui les accompagnent) mais comme un recentrage sur son territoire et ses ressources intellectuelles, articulé à des partenariats équilibrés, européens, chaque fois que possible, en tous cas non alignés sur les blocs qui s’affrontent. Malheureusement, nos élites semblent obnubilées par leurs intérêts de caste en méprisant, ouvertement ou discrètement, les populations, de toute origine, vivant dans notre pays.

Les addictions constituent une composante forte de la régression collective, par l’inadéquation des réponses en termes d’éducation et de santé publique. Tout se passe comme si l’Etat français participait à un suicide collectif. Que propose-t-il – notamment pour sa jeunesse – en dehors du chacun pour soi et de la soumission pour tous ? Jamais la bureaucratie – y compris dans le champ privé, n’a été aussi envahissante et paralysante.

Le contrôle social s’étend sans cesse derrière le principe de précaution, brandi à tout propos, et la généralisation du numérique.  Nous ployons sous des paressasses à la moindre opération, alors que dans le même temps une partie appréciable de l’Humanité subit la guerre, les violences de tout ordre, la misère.

Que faire dans ces conditions ?

La solution, simple et pratique, est que toute personne de pouvoir, si petit soit-il, l’exerce dans le sens de l’intérêt général et qu’elle manifeste concrètement son désaccord face à toutes les stratégies de mise aux normes.

Exemple minuscule : pour une intervention bien cadrée médicalement, je devais signer d’innombrables feuilles au nom du principe de précaution (ou consentement éclairé). Je m’étais appliqué à ne pas les remplir à l’avance, car cela aurait laissé entendre que je les avais lues attentivement. À la jeune infirmière agacée qui me demandait pourquoi je ne les avais pas remplies, j’ai préféré répondre avec le sourire : La paresse !

Mettre un terme à une addiction préjudiciable est un acte politique majeur, tout comme faire jouer les solidarités à propos du numérique, en continuant à privilégier les espaces de parole visant à favoriser une réflexion critique suivie d’effets concrets.

Certains préconiseront les menaces de boycott des élections et le boycott effectif si les candidats continuent d’ignorer nos préoccupations légitimes en commençant par notre aspiration à être gouvernés dans le sens de l’intérêt général. Qu’ils cessent donc de nous faire à leur image à nous prenant pour des imbéciles ! Je ne suis pas un homme de médias et encore moins de réseaux sociaux mais je considère que toute personne notoire, fusse un influenceur à la mode ou un sportif présent dans de nombreuses publicités, et tout groupe attaché à l’esprit public feraient honneur à notre citoyenneté en appelant au boycott des élections.

Dans un registre un peu différent, n’y -a-t-il pas lieu de s’opposer à la généralisation du numérique pour les moindres actes de vos vies et d’interpeler les élus de votre choix, de ce point de vue ? N’y a-t-il pas à développer des alternatives éducatives solidaires pour un usage raisonné du numérique ?

Avez-vous conscience de vous comporter en citoyen politique en écartant votre addiction ?

Quelles initiatives pouvez-vous concevoir en faveur de l’intérêt général ?

Le perfectionnisme

2 mars 2026

Les bons thèmes, dégagés des consultations, se bousculent, prouvant au passage l’intérêt d’articuler le temps individuel d’une consultation à une séance de groupe.

Le thème du perfectionnisme s’est dégagé d’un échange. Je le soumets à votre réflexion.

Comment définir le perfectionnisme. La définition en est – a priori – simple : c’est manifester le souci de la perfection dans tout ce que l’on fait.

Que pouvons-nous dire sur cette notion ?

Essayons d’être critique.

Nous savons bien que nous n’avons ni le temps ni les moyens d’atteindre la perfection en toues choses, si tant est que cela soit à notre portée et même que cela ait une signification autre que subjective.

Nous pouvons ramener le souci de la perfection à l’idée de faire du mieux possible en rapportant nos efforts à l’enjeu de ce qui est en cause.

Il n’y a guère que dans le contexte de la publication d’un écrit lourd d’enjeu, que je peux devenir perfectionniste. Il existe donc un souci de perfection d’ordre stratégique. C’est dans ce contexte que le « pas de faute » prend tout son sens. Cependant, le « n’importe quoi » peut devenir une stratégie.

Il est possible de viser la perfection pour la beauté du geste ou de l’objet réalisé, en ce que cette préoccupation va générer de satisfactions.

Le perfectionnisme peut traduire aussi une préoccupation d’image, en lien soit avec mon regard soit avec le regard des autres soit avec un regard intériorisé qui va dévaloriser le sujet ou – cela s’observe aussi – le maintenir dans la bonne opinion qu’il a de lui-même.

Le perfectionnisme reflète un souci d’exigence de qualité, indépendant des approbations ou des félicitations. « Je suis content d’avoir gagné. J’espère faire mieux, la prochaine fois. »

Le perfectionnisme peut se révéler une impasse quand seule une position de compromis s’avère réaliste.

Bref, pour vous, le souci de perfection est-il un plus ou un moins ?

Pas de faute ! Pas de faute !

23-02-2026

« Pas de faute, pas de faute ! » est une préoccupation obsessionnelle des entraîneurs et aussi des joueurs de rugby. Il se trouve que l’équipe de France qui affrontait l’Irlande, lors du tournoi des 6 nations en cours, n’a pas commis une seule faute pendant toute la première mi-temps, ce qui ne s’était jamais vu, tant les règles sont difficiles à respecter dans ce jeu de mouvements et de contacts. Une faute peut déterminer la perte de la partie.

Cette idée de thème a résulté d’une consultation pour un tout autre motif. Une salariée a subi pendant des années un climat d’indifférence hostile de la part de ce qu’elle appelle le « clan », c’est-à-dire un petit groupe qui impose sa loi au sein de l’établissement. Elle en est arrivée à demander un changement de secteur d’intervention. Cette mutation s’est révélée une double erreur. Elle continue à croiser « le clan » et son secteur d’intervention est moins intéressant que celui dont elle s’occupait précédemment. Cette situation fera écho à bien d’autres situations analogues, dans des contextes très différents. Il y a toujours eu des boucs émissaires et des « têtes de turc », à l’école, dans les familles ou ailleurs. Tout groupe existe par ce qui rapproche mais également par ce qui distingue. Il s’observe des erreurs réparables et d’autres qui ne le sont pas, dans la mesure où il n’est pas possible de revenir en arrière. Cette situation pose la question de la manière dont l’intéressé crée la faute dont il pâtira et la manière dont il va la gérer, sans commettre de nouvelle « faute ».

L’idée de faute renvoie aux lois, règlements, mœurs, codes, goûts, modes, et, d’une certaine manière, aux idéologies ambiantes. Il est, ainsi, plus facile de s’abstenir de boire de l’alcool, en janvier, dans notre pays et plus facile d’en abuser lors des rituels festifs. La pression du groupe est normative et il n’est pas évident de s’en distinguer. Le savoir-faire se rapproche du savoir-être et des capacités d’expression. Il est souvent délicat d’exprimer une opinion qui va à l’encontre des idées du milieu qui ne les partage pas.

Quelles sont les origines des fautes imputables dans la gestion de la sobriété ?

Est-il possible d’exprimer une opinion, un sentiment ou une attitude différente sans commettre de faute et subir, de ce fait, la critique, la censure ou le rejet ?

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