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Réalisation : Coline Serreau

Scénario : Coline Serreau

Date : 2010 / France

Durée : 172 mn

Acteurs principaux :

Des paysans de tous horizons

Des sociologues, économistes, intellectuels

 SA

Mots clés : Agriculture – Élevage – Environnement –Alternatives – Boycott

 

 

Pendant trois ans, de 2007 à 2010, Coline Serreau a rencontré, caméra au poing, des « femmes et des hommes de terrain qui expérimentent un peu partout dans le monde, avec succès, de nouveaux systèmes de production agricole, et réparent les dégâts environnementaux ». Au départ, la réalisatrice avait l’idée d’un documentaire sur Pierre Rabhi, une référence en agroécologie.

Nul besoin d’avoir compilé des livres sur la catastrophe promise par l’Anthropocène (l’ère climatique déterminée par la consommation humaine). Le message de Coline Serreau se veut optimiste : il existe un peu partout, sur la Planète, des groupes restreints qui utilisent intelligemment leur instinct de survie pour éviter la misère psychique, relationnelle et mentale. Elle a rencontré des « petites gens extraordinaires ». Elle souligne que « ceux qui ont des solutions n’ont pas la parole ».

 Ouvrir ses yeux, comprendre, passer en résistance et agir

Il arrive un moment où il faut laisser sa charrue, ses préjugés ou son addiction, pour lever la tête, prendre le temps de regarder ce qui se passe autour de soi, ce à quoi nous servons et qui nous servons.

Il s’agit d’ouvrir les yeux et de comprendre réellement ce qui se passe. Pour qui a fait, dans un domaine quelconque, l’expérience de ce pas-de-côté, il est clair qu’il n’y a qu’une seule alternative : « rejoindre la Résistance » ; avec patience et, si possible, sans ressentiment, pour reprendre une prescription de Cynthia Fleury (« Ci-git l’amer », Gallimard, 2020), en travaillant à une alternative.

Comment ? Telle est la question, dirait Hamlet. Nous avons à éviter une dissociation : se satisfaire d’une « solution locale » ou, inversement, attendre une prise de conscience « globale » par le plus grand nombre. Compte tenu de l’inculture politique ambiante et de l’intensité de la lutte idéologique menée par les serviteurs du système ultralibéral, l’attente risque d’être longue et la solution locale a toutes les chances d’avorter : « Ci-git l’amer » comporte ainsi de fortes chances de désigner le promoteur individuel ou collectif d’un projet distinct des intérêts dominants.

Une réponse globale, tombe comme une évidence : le boycott, une solution simple et efficace, en dépit de sa non-violence. Nous pouvons nous abstenir de commander sur Amazon et plus largement de nous attarder sur Internet. Nous pouvons rencontrer concrètement des gens : les agriculteurs en circuits courts, les commerçants en direct, libraires compris, privilégier les professionnels ouverts au dialogue, parler à nos voisins. Nous pouvons refuser de blablater sur les réseaux sociaux et d’écouter le bourrage des crânes permanent des chaînes de désinformation. Nous pouvons cesser de voter pour les « chiens de garde », en exigeant le retour à la démocratie. Le système qui semble, aujourd’hui, indestructible pourrait alors se révéler aussi fragile que l’Empire britannique face à Ghandi ou le « Communisme », c’est-à-dire au totalitarisme bureaucratique, face au couple Gorbatchev.

Pour suivre le même raisonnement, le boycott des objets d’addiction serait la meilleure réponse aux sollicitations des marchands de rêves artificiels. En ces temps de contraintes sous prétexte sanitaire, les alcools sont considérés comme des produits de première nécessité dans les Grandes surfaces. Rappelons ce chiffre sans appel pour l’alcool : 50% de la production est consommé par 10% de la population. Dans le commerce des substances illicites, le chômage technique devrait déboucher sur d’autres solutions que la guerre civile et les milices.

De nombreuses personnes devenues sobres font preuve d’esprit critique et d’investissement en lien avec leur place dans la Société. Nous sommes tous en situation d’induire du « local » et de participer au « global ». Le local intelligent doit s’accorder à un global pacifique, fondé sur la non-consommation radicale des produits d’abrutissement.

Cela étant, la situation économique et politique se rapproche de l’état d’urgence. Nos concitoyens se réveilleront-ils à temps ?

 

 

Réalisation : Ken Loach

Scénario : Paul Laverty

Date : 2004    GB

Durée : 104 mn

Acteurs principaux :

Atta Yaqub : Casim

Eva Birthistle : Roisin

Ahmad Riaz : le père de Casim

Ghizala Avan : la sœur aînée de Casim

Shabana Bakhsh : La sœur cadette

Gérard Kelly : le prêtre

John Yule : le Directeur

Hmad Riaz : Le père de Casim

                                                                                                                                                      

SA

 Mots clés : Communautarisme – Cultures − Amour – Intolérance – Intégration

 

 

L’intrigue est simple : un jeune homme, Casim, disc-jockey d’origine pakistanaise, et une jeune femme professeur de musique d’origine irlandaise, Roisin, tombent amoureux l’un de l’autre. Leur histoire bute d’emblée sur les oppositions culturelles et le communautarisme.

Communautarisme et cultures

Ken Loach et son scénariste Paul Laverty effectuent une présentation objective des effets de la colonisation des pays colonisateurs sur les populations immigrées, à la suite de désordres consécutifs au retrait des impérialismes. Il est brièvement fait référence aux massacres croisés entre Hindous et Musulmans après le retrait des Britanniques de l’Inde. La description des difficultés rencontrées par le couple en formation et du communautarisme ne surprendra aucun spectateur français.

L’histoire peut nourrir plusieurs échanges :

  • Que deviennent les populations immigrées dans des pays de culture différente, touchées par la désindustrialisation et l’idéologie consumériste ?
  • Comment se déclinent et se dépassent les conflits entre générations et entre cultures ?
  • Qu’est-ce qui rapprochent les individus dans un pays en déclin économique et culturel ?
  • Comment s’opère l’intégration des arrivants ? Quelle désintégration suscite-t-elle ?
  • La mondialisation est-elle la solution aux problèmes de l’humanité ? Quelles seraient les bases d’une mondialisation heureuse ?
  • À quoi sert une religion dans le processus de rencontre et de reconnaissance mutuelle ?

 

Réalisation : Ken Loach

Scénario : Barry Hines, Ken Loach, Tony Garnett, d’après le roman de Barry Hines

Date : 1969

GB

Durée : 110 mn

Acteurs principaux :

David Bradley (Billy Casper)

Lynne Perrie (Madame Casper, la mère)

Freddie Fletcher (Jud, le frère)

Brian Glover (Mr Sudgen, le prof de gym)

Collin Welland (L’instituteur attentionné)

 

Mots clés :  Enfance – Maltraitance − Éducation – Résilience – Pauvreté

 

 

Billy Casper est un jeune garçon qui vit dans une ville minière du Yorkshire, avec son grand frère, Jud, qui partage son lit et le maltraite, et sa mère, divorcée entre deux âges. Billy gagne son argent de poche en distribuant des journaux avant de se rendre à l’école. Il chaparde à l’occasion. Il s’ennuie en classe et sur le terrain de sport. Billy a la passion des animaux. Il va réussir à dresser un faucon crécerelle. Un enseignant plus attentif que les autres lui donne l’occasion de se valoriser à l’école en faisant le récit du dressage, appris dans un livre précisément (ou judicieusement ? ) chapardé. Hélas, ayant détourné l’argent prévu par Jud pour acheter un billet de pari d’une course de chevaux, son frère le punit en tuant le faucon…

La première œuvre de Ken Loach : l’enfance défavorisée

Ce premier film de Ken Loach reçut maintes récompenses. Il a été manifestement tourné avec peu de moyens et d’artifices. Le personnage de Billy Casper est particulièrement émouvant. Il donne un éclairage réaliste sur la condition ouvrière et une famille sans père. Il montre la maltraitance d’un jeune garçon laissé à l’abandon, livré à la violence de plus grands que lui et à la bêtise de nombre d’enseignants rigides, débordés par leur mission éducative ou carrément immatures et caractériels comme le professeur de gymnastique, entraineur-joueur de football. Des lueurs d’humanité réchauffent le décor : un enseignant attentif, un paysan qui laisse approcher Billy des ruines où nichent les faucons, et surtout Billy et son faucon, sa source de résilience.