Ce sera le C3A ‘‘François Gonnet’’

​​​​​​​Notre centre d’accompagnement en psychopathologie alcoolique s’est donné un sigle, le C3A, ou centre d’accompagnement en alcoologie et addictologie, mais il n’avait pas de nom propre. Ce sera le C3A ‘‘François Gonnet’’.

Il y a longtemps, dans les années 90, j’avais répondu à une invitation de l’équipe d’alcoologie de Lyon. Un panneau discret confirmait que j’étais au bon endroit : C2A. Le docteur François Gonnet en était le praticien responsable, avec Alain Cattin, comme psychologue clinicien. J’avais retrouvé ce jour- là, pour un dialogue élargi, Daniel Settelen, psychiatre et psychanalyste, auteur d’un remarquable ouvrage comme expert judiciaire de l’affaire Jean-Claude Romand, une personnalité schizophrène, narcissique et clivée, auteure de l’assassinat de sa famille quand l’imposture de sa vie allait devenir publique.
Depuis longtemps déjà, François Gonnet avait laissé ses endoscopes de gastro-entérologue pour s’occuper à temps plein des personnes alcooliques qui séjournaient dans les services de médecine interne. Membre reconnu de la Société française d’alcoologie, il avait accepté de parrainer mon entrée dans la dite-société,avec l’appui parallèle d’un neuropsychiatre, clinicien et formateur éminent, le docteur Lionel Bénichou. Mon troisième parrain était en réalité une marraine, Annie Catel-Begin, également membre des Alcooliques anonymes et du conseil d’administration de la Société française d’alcoologie.

Lire la suite : Editorial de Novembre 2017

Les moyens de l’ambition.

L’ambition des moyens.

La distinction entre la fin et les moyens se veut pragmatique : si quelqu’un, une association, ou une entité plus vaste, ne se donne pas les moyens de son ambition, elle finit par avoir l’ambition de ses moyens.

Le hasard a donné l’occasion de découvrir un film négligé : « L’enjeu », d’un fervent de la démocratie nord-américaine, Franck Capra. Le film sortit en salle de cinéma en 1946, quelques semaines après l’élection d’Harry S. Truman et les bombes d’Hiroshima et de Nagasaki. Cette œuvre tardive du réalisateur est d’une étonnante actualité. Elle peut ‘‘réveiller’’ toute personne, toute association ou toute autre entité, en rapprochant précisément la fin et les moyens.

Ce qui est déterminant, dans cette alternative, se situe dans la raison d’être et peut-être plus encore dans la façon de persister, parallèlement aux objectifs visés, atteints, ou manqués parce qu’inaccessibles à l’épreuve du réel.

Nous pouvons décliner ce préambule à la finalité de l’area, à ses objectifs, aux moyens indispensables, nécessaires et souhaitables, ce qui ouvre à une réflexion sur le budget à réunir pour persister, indépendamment de sa présentation comptable, claire pour ses experts, obscure pour l’adhérent ou le donateur.

Lire la suite : Editorial de Août 2017

Etapes

En cette journée d’arrivée du Tour de France à Peyragudes, le titre n’a rien d’original. La montagne évoque, pour nous, l’alcoologie clinique : elle est riche de tournants, parfois piégeux, avec des étapes plus ou moins agréables, et des fins d’étapes qui permettent de reposer les corps endoloris.

Depuis des mois, l’AREA poursuit sa progression sur une route irrégulière, parfois accidentée, avec des risques de chute. Chaque progression donne la mesure de ce qui reste à parcourir.

Nous avons, ce mois-ci, mené à bien un objectif incontournable : la réalisation de petits dossiers destinés à la communication.

Il nous était demandé quelle était notre position en matière de prévention. Nous avons répondu par deux fiches : une brève, une autre un peu plus détaillée.

Lire la suite : Editorial de Juillet 2017

 

La communication non violente

À la veille d’un Conseil d’Administration qui équivaut à une séance de réflexion, de rencontres et d’élaboration, l’évocation de cette approche relationnelle, pratiquée formellement par l’un d’entre nous, a paru intéressante à présenter.

En survolant des pages expliquant cette forme de communication, le lecteur tombe inévitablement sur une opinion maintes fois signifiée : il n’y a pas d’études scientifiques qui prouvent l’utilité et l’efficacité de la méthode. C’est exactement l’argument opposé à toute innovation qui dérange l’organisation établie. Pour parodier Watzlawick, c’est « l’ultra-argument » servi par les interlocuteurs institutionnels rencontrés à ce jour.

Lire la suite : Éditorial de Juin 2017

Le vent du renouveau

Le vent se lève... Il faut tenter de vivre... 

         Le vent ouvre et referme les pages de mon livre.

                                           Paul Valéry

Le vent du renouveau soufflerait-il dans les vallées, montagnes et plaines de notre vieux pays ?

Si oui, nous en réjouirons sans réserve.

Comment pourrions-nous définir le renouveau, sous l’angle des addictions et de la problématique alcoolique ? 

La première grande révolution serait que les administrés que nous sommes soient entendus et compris par les nombreuses administrations qui vivent de notre travail. Depuis le commencement, nous nous sommes habituellement heurtés à la froide et parfois cynique indifférence des Pouvoirs publics, sourds et aveugles aux innovations que nous proposions dans l’accompagnement des personnes en difficulté avec l’alcool. Nous allons rencontrer chacun d’elles une nouvelle fois, la dernière, et cette fois, il faudrait bien qu’elles sortent de leur torpeur. Nous ne pouvons être seuls à essayer de faire vivre l’intérêt général dans notre terrain de jeu. La politique est une articulation vivante et dialectique entre le mouvement d’en haut – les instances dirigeantes − et le mouvement d’en bas – l’action intelligente et obscure du ‘‘terrain’’, de ceux qui ‘‘font’’. 

Lire la suite : Éditorial de Mai 2017