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Réalisation : Otto Preminger

Scénario : d’après le roman de Vera Caspary. Jay Dratler.

Date : 1944                            USA

Durée : 88 mn

Acteurs principaux :

 Gene Tierney : Laura Hunt

Dana Andrews : Lieutenant Mark McPerson

Clifton Webb : Waldo Lydecker

Vincent Price : Shelby Carpenter

Judith Anderson : Ann Treadwell

SA

Mots clés : Policier – Manipulation – Séduction – Imagination – jalousie

 

Le film commence par une phrase énigmatique : « Je n’oublierai jamais le week-end où Laura est morte ». Laura est une fascinante jeune-femme qui a fait sa place dans la Publicité. Elle est trouvée morte, défigurée par une décharge de chevrotine à bout portant, alors qu’elle venait d’ouvrir la porte à l’assassin.

La trame de l’histoire est invraisemblable, comme dans la plupart des polars. D’une certaine façon, c’est ce qui en fait l’intérêt. Le but d’un polar est de capturer l’attention, tout en mettant en récit des parts secrètes de nous-mêmes. Ici, le moteur de l’action met en valeur la séduction féminine, l’emprise d’un vieux monsieur ayant des « relations » comme critique journalistique, sa jalousie, la capacité d’un inspecteur de police de tomber amoureux d’une morte, le jeu relationnel d’un gigolo stupide, celui d’une femme argentée peu soucieuse d’être aimée pourvu qu’elle puisse satisfaire ses appétits.

Le spectateur se laisse prendre par le récit et ses rebondissements vers une fin prévisible. Tout est bien qui finit bien, après 1h30 d’émotions. L’alcool et le tabac sont omniprésents. À croire que cette double industrie a participé au financement du film.

La jalousie criminelle

 La jalousie est le point de départ de nombreux comportements aberrants mais compréhensibles. Elle manifeste, d’une certaine manière, une pathologie de l’attachement. Le fait que personne n’appartienne à personne est une réalité souvent contestée par les passions. Certaines d’entre elles sont des plus répandues : l’emprise, l’intolérance à l’abandon, la peur de la solitude, le sentiment de trahison, le désir de vengeance. L’assasin de Laura a un peu de toutes ces caractéristiques.

Une origininalité du film se situe dans la facination exercée par la morte sur le jeune lieutenant de police chargé d’élucider le crime. Nous sommes confrontés à une forme originale de cristallisation amoureuse. Un tableau de Laura et le cadre de son appartement suffisent à transformer la réflexion du policier en rêverie amoureuse.

Contrastant avec ce phénomène psychologique, l’absence de scrupules des personnages secondaires, notamment ceux du gigolo et de la femme du monde n’en prend que plus de relief.

Reste le personnage de Laura, capable d’aller de l’un à l’autre du trio masculin sans apparemment se trouver en difficulté. Le spectateur bienveillant estimera qu’elle n’avait pas encore trouvé la bonne personne. Tout est bien qui finit bien, comme nous l’avions indiqué ; la belle et le bon se retrouveront à la fin. Une erreur sur la victime aura fait de l’assassin un entremetteur malgré lui. Un drame de la pénombre.