Réalisation : Nanni Moretti

Scenario : Nanni Moretti, Linda Ferri

Date : 2001                            Italie

Durée :  99mn

Acteurs principaux :

Nanni Moretti : Giovanni Sermonti

Laura Morante : Paola Sermonti

Jacsimna Trinca : Irène, la fille

Giuseppe Sanfelice : Andréa, le fils

Ariana :  Sofia Vigliar

Renato Scarpa : le Principal

A/ SA

Mots-clés : famille – deuil – culpabilité – psychanalyse - fatalité

lachambredufils

 

Il est toujours intéressant de découvrir une œuvre consacrée (La chambre du fils a reçu la Palme d’or au Festival de Cannes, en 2001), des années plus tard : ici, 25 ans. Nanni Moretti a eu sa carrière de réalisateur-acteur facilitée par cette reconnaissance. Il n’est pas question d’effectuer, ici, une revue de son œuvre. Parmi ses films de la dernière période, émergent Habemus papam (2011), Mia Madre (2015), Santiago – Italia (2016) et, plus récemment, Vers un avenir radieux (2023). Nous n’avons pas eu l’occasion de voir Le Caïman (2006), qui tentait de faire réagir les Italiens à l’emprise de Sergio Berlusconi. Plusieurs films de la première période valent le détour, de Bianca (1983) où est déjà présente Laura Morante, la mère du fils dans ce film, ou La messe est finie, histoire du désenchantement qui a suivi les espoirs de changement de société dans les années 70.

Il y a une écriture propre à Nanni Moretti. La dépression n’est jamais très loin. L’humour est présent. La lucidité et la sensibilité politique, également. Il y a place pour les sentiments, les doutes, la souffrance, l’honnêteté intellectuelle.

La chambre du fils tourne autour d’un malheur : la mort accidentelle du fils lors d’une sortie en mer. Elle suscite questionnements et culpabilité, notamment de la part du père, joué par Moretti. En dépit de sa pratique de psychanalyste, il bascule dans une culpabilité gratuite. Son chagrin met son couple en crise. Il ne parvient pas à rédiger une lettre pour prévenir la petite amie de son fils. Il en vient à ne plus pouvoir écouter les plaintes et les digressions de ses clients.

La famille finira par surmonter le deuil, au terme du récit.

Au-delà de l’histoire, banale et bien mise en scène, le film permet de s’interroger sur la pertinence de la psychanalyse. Il est possible d’avoir un positionnement plus actif pour aider les patients à exprimer leurs traumas et leurs difficultés psychologiques. Le silence non jugeant et les bonnes paroles peuvent sembler chères payées.

L’univers des différents protagonistes est limité à leur passé, à leur quotidien apparemment confortable, à leurs vécus plus ou moins tourmentés.

La psychanalyse apparaît comme une émanation de la culture petite-bourgeoise.

Le film nous conforte dans l’idée que la grille psychanalytique est bien supérieure à « la cure » qu’elle a inspirée.