Réalisation : Benvenuti, Comencini, Magni, Scola, Monicelli…

Scénario : Les mêmes

Date : 1976 – Italie

Durée :  105 mn

Acteurs principaux :

Marcello Mastroianni

Ugo Tognazzi

Vittorio Gassman

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A/ SA

Mots-clés : Sketches –Satire –Médias – Politique – Mœurs

 

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Cette réédition de 2013, d’un film de 1976, soutenue par le Centre National du Cinéma, de ce peu connu « Mesdames et Messieurs, bonsoir » permet un retour sur le genre des films italiens à sketches de cette période.

La charge satirique est la raison d’être de ce rapprochement de réalisateurs tels que Luigi Comencini, Ettore Scolala, Luigi Magni, Mario Monicelli, Nanni Loy.

La succession des séquences manquent d’équilibre et de souci de perfection, sans être désobligeants pour ces grands réalisateurs et pour les acteurs impliqués Marcello Mastroianni (emprunté dans son rôle de journaliste), Vittorio Gassman (excessivement ridicule dans sa parodie d’agent secret à épaulettes), Ugo Tognazzi (délicieux dans ses tourments de militaire en grande difficulté dans des WC publics). L’ensemble des séquences est un peu bâclé. Nous sommes assez loin de la férocité implacable des Nouveaux sauvages de Damian Szifzon, de 2014.

Nous ne savons même pas qui a fait quoi, parmi les réalisateurs.

Quoiqu’il en soit, si l’on est fatigué d’une journée de travail ou le spectacle des pitres médiatiques de notre époque nous insupporte, on peut voir ce film.

Citons quelques uns de ces sketches :

  • Le patron de Fiat, Gianni Agnelli, a été enlevé. Une rançon énorme est demandée. Agnelli montre son envergure et sa santé mentale. Sa façon de détailler les modalités de sa rançon dont se chargeront ses ouvriers, par des prélèvements appropriés, est irrésistible. Il leur donne ainsi une occasion exceptionnelle de faire du social.
  • Il faut entendre l’argumentation d’un ministre corrompu, pris la main dans le sac, interrogé à la sauvette par un journaliste. Les électeurs l’ont mis en place parce qu’ils savaient que c’était une crapule et il saura se défendre grâce à cette position de pouvoir. Foin de l’hypocrisie politicienne et des faux-semblants. Vive la République !
  • Deux agents secrets s’affrontent tout en faisant l’apprentissage de l’anglais, après que l’un deux ait assassiné de son fusil à lunettes un dignitaire sorti d’un établissement public. Résultat : deux morts. Pas très drôle.
  • Grosse panique dans un commissariat : le tic tac d’une bombe présumée déclenche un branle-bas d’envergure et finit par faire exploser ceux qui pensaient faire un bon usage médiatique de l’événement. Tout ça parce qu’une mémé avait oublié au commissariat son sac et un réveil à l’intérieur du dit sac à main.
  • L’histoire la plus triste : un jeune garçon a reçu, au nom de sa famille, le prix de la famille nombreuse. Taillable et corvéable à merci, il se jette du balcon. La dernière image immobilise la chute vers le sol.
  • Mastroianni tente en vain d’interviewer quatre notables napolitains rougeauds, débordants d’embonpoint. Ils portent le même nom et ils sont aussi stupides les uns que les autres. La fin est chaotique.
  • Bien d’autres encore, dont le suicide d’un général qui perd ses médailles dans les toilettes d’un WC, pendant un défilé militaire.
  • Un souriant sociologue allemand propose de corriger la surpopulation enfantine, en les parquant pour les rendre grassouillets et les manger, ensuite. Digne de Hara Kiri, en plus lourdingue.
  • La rentrée de la Cour d’Appel, avec des magistrats très âgés qui finissent la célébration en dansant Funiculi funicula, la célèbre chanson napolitaine.

Des réalisateurs italiens se moquaient ainsi de la TV et des émissions nulles. Un peu plus tard, ils eurent Berlusconi, prototype inégalé du machiste vulgaire, propriétaire de médias, farci d’argent, capable de tout acheter, et cependant Premier Ministre. Une nouvelle décadence de l’Empire romain. Evidemment, ce qui se passe en Italie n’est pas imaginable en France. Nos élites sont au-dessus de tout soupçon. Nos mœurs sont exemplaires. Notre intelligence irradie la planète.