Réalisation : Alfred Hitchcock
Scénario : Elio Stannard
d’après Marie Belloc Lowndes
Date : 1926
Durée : 165 mn
Acteurs principaux :
Ivor Novello : le locataire
June Trip : Daisy, la jeune fille de la maison
Marie Ault : La mère de Daisy
Arthur Cherney : le père de Daisy
Malcolm Keen : Joë Chandler, le policier et fiancé de Daisy
A/ HA
Mots-clés : Suspens – Muet – musique - cinéma – faux-semblants

Voilà un film très récent, récent ou précoce si on préfère, dans l’histoire du cinéma. Nous sommes effectivement replongés à l’époque du cinéma muet : en 1926. Hitchcock lui-même estimait que ce film, dont la pellicule faillit passer à la poubelle, est son « premier » film. L’absence de dialogue sonore, la double coloration des séquences, sépia pour les scènes en intérieur, bleu pour les scènes extérieures, la suggestion des mimiques, des regards et des postures, les rares dialogues sous-titrés, et surtout la lancinante musique, ajoutée génialement, en 1999, par un certain Ashley Irwin, créent véritablement une tension angoissante à laquelle peu de spectateurs peuvent rester indifférents. Nous sommes confrontés à la magie du cinéma naissant. 1926, c’est à peine 10 ans après les premières réalisations de Charlot-Chaplin. On comprend que le public ait fait un triomphe à ce film. Quel plaisir de frissonner, bien installés dans le fauteuil d’une salle obscure !
Une parodie sentimentale de Jack l’éventreur
À peine quelques années plus tôt, un tueur en série avait créé une psychose, dans le brouillard de Londres, en assassinant des jeunes femmes à intervalles rapprochés. Nous ne savons rien des mobiles et des actes de Jack l’éventreur. En revanche, Hitchcock nous fait cadeau d’un remake de fiction.
Dans le périmètre triangulaire d’un quartier de Londres, les jeunes femmes blondes sont découvertes mortes, les unes après les autres, par les rares passants de la nuit : cris, attroupements, les victimes s’ajoutent les unes aux autres. Quand l’histoire commence, nous en sommes déjà à la 7ème. Une jeune femme du cabaret « Les cheveux d’or », a cependant l’idée d’ajouter des postiches bruns sous son chapeau, afin de dissuader le tueur.
Un jeune homme élégant mais intrigant a loué une chambre dans une maison occupée par un couple d’un certain âge et de leur fille blonde, danseuse et mannequin quelque peu délurée. Elle associe des prestations au fameux cabaret et une participation à des défilés de mode, courtisée de près par Joe, un policier qui se vante d’être capable de capturer le tueur en série.
Nous sommes entre les deux guerres et l’insouciance est la règle. Les assassinats successifs de jeunes femmes blondes, perpétrés par celui qui signe « le vengeur » sur un triangle de papier déposé sur le cadavre encore chaud, ajoute un intérêt particulier à la lecture des journaux que les vendeurs ambulants distribuent aux assoiffés d’émotions, dont le papa de Daisy.
Le locataire quitte sa chambre à la nuit, puis revient un grand moment plus tard, ne parvenant pas à déjouer la vigilance de la mère de Daisy. Celle-ci a fait un rapprochement avec une lubie affirmée d’emblée par le locataire : le retrait des portraits de femmes blondes qui ornaient sa chambre de location. Il se trouve qu’il manifeste une attirance, qui-plus-est partagée pour la fille de la maison. Il va jusqu’à lui offrir une robe de collection, après avoir assisté à un défilé de mode où officiait la souriante jeune femme. Jo, le déplaisant fiancé, en vient à suspecter le locataire… Bref, de l’action, de l’amour, du suspens. Comment cela va-t-il finir ?