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08 Février 2021

La « banalisation de la souffrance » est le menu du jour.

Nous pouvons distinguer deux interprétations opposées pour cette expression. Au sens le plus exact, banaliser la souffrance signifie en réduire l’impact. La souffrance fait partie du quotidien. Elle devient une compagne familière. Elle est présente. Elle échappe à la conscience. Nous pouvons être conduits à banaliser la souffrance, alors même qu’elle reste active et nocive. Il suffit qu’elle ne soit pas nommée et reconnue comme telle.

Souvent, l’entourage interdit de l’exprimer et parfois la personne concernée, par la force de l’habitude, finit par ne plus y faire attention. Il est plus ou moins aisé de banaliser sa souffrance. Il est plus habituel de sous-estimer ou de méconnaître la souffrance des autres. L’absence d’empathie permet d’ignorer cette souffrance.

En revanche, la position de victime amplifie la souffrance éprouvée. À la limite, la souffrance prend la dimension d’une identité. Dans Orgueil et préjugés, madame Bennett ne manque pas de s’écrier « Si vous saviez comme je souffre ! » chaque fois qu’elle est contrariée, ce qui lui donne le droit d’empoisonner le quotidien de son entourage.

Face au vécu de victime, relativiser sa souffrance fait partie du « processus de guérison ». C’est, en effet, une souffrance gratuite que de revenir sans cesse sur la cause de nos souffrances. Chacune peut justifier une solution appropriée. Un acte simple peut y remédier, dans la plupart des cas, d’une façon ou d’une autre, en évitant de la rendre insupportable.

Nous pourrions voir notre quotidien comme une accumulation de désagréments, de contrariétés, de frustrations, ou de sentiments d’inachevé ou de ratage. Une telle façon de voir ne peut nous mener très loin. Mieux vaut adopter des dispositions simples et pratiques qui nous redonneront une forme de quiétude et de bonne humeur.

Savez-vous banaliser vos souffrances ?

Comment vous y prenez-vous ?