15-01-2024

 

Tâche d’être heureux, telle est l’injonction de la Fleur au Petit prince, avant qu’il ne s’éloigne à la découverte des astéroïdes 325, 326,327,329 et 330. Nous accueillons une équipe en HBA pour un autre voyage.

A priori, cette injonction est déconcertante, paradoxale et même choquante puisqu’elle est émise à l’occasion d’une rupture affective. Ce message a-t-il un contenu à un moment d’un parcours de vie ou il est question de se séparer de l’alcool ? Lors d’un jeu de rôle improvisé, un patient qui, de fait, ne l’était pas encore retrouvait après une cure qu’il n’avait pas réalisée, sa bouteille sur la table de la cuisine. Cette dernière déployait tous ses charmes pour reconquérir le nouvel abstinent. Elle le mettait au défi d’être heureux sans elle.

Serait -il possible d’être heureux si une démarche de soin ne fait que suspendre une consommation préjudiciable, la dépendance à un produit, des affects douloureux, une sensation d’impasse ?

La recommandation perd rapidement toute spécificité, si on admet que les consommations hédoniques donnent au mieux la sensation d’une euphorie passagère. Que peut bien vouloir signifier cette quête de bonheur dans un monde caractérisé par la violence, la bêtise et ce que Spinoza appelait « les passions tristes » (Il appartient à chacun d’en dresser la liste).

Plus sérieusement, quels sont les axes de vie et l’état d’esprit qui nous rapprochent le plus de cet état de bonheur ? La capacité d’aimer et d’être aimé est l’une des conditions admises. Il ne s’agit pas de ces engouements éphémères mais plutôt de sentiments qui structurent une affectivité et des choix. La conscience de ses limites mais également la connaissance de ses ressources est de nature à concilier pour chacun ses rêves à la réalité. Le reste se déduit de l’expérience et de la connaissance de soi.

Le Vivre après l’alcool (publié chez érès) définit des axes de vie que chacun peut faire vivre : le rapport au temps, aux actes, le travail sur ses émotions, l’exercice du discernement, la sensation de liberté et d’accomplissement, la préoccupation raisonnés de sa santé physique et, question plus délicate, le sens à donner à sa vie.

Le bonheur est une aptitude qui se travaille, comme le reste.

Pour vous que peut signifier cette recommandation ?

Avez-vous la sensation de la mettre en œuvre et pour quels résultats ?