18-03-2024

 

Voici un thème déduit d’un échange avec deux patients différents.

L’un admet, non sans difficulté, de l’échec d’un couple qu’il essayait de rendre compatible avec ses attentes. Il avait réalisé de nombreux efforts de compréhension et d’aide. En vain. Il y a la part qui revient à l’autre dans cet échec, qu’il peut identifier, et la part qui lui revient et qu’il analyse très bien aussi : l’attente d’une reconnaissance qu’il n’a pas contenu d’un père exigeant en matière de résultats et l’absence d’amour exprimé de sa mère. Sa quête de reconnaissance et son besoin d’amour insatisfaits agissent contre lui et il reste attiré par des personnes ayant du mal à lui donner ce qu’il attend d’elles. Il est conscient du télescopage entre son passé et son présent mais la raison ne l’apaise pas. Il garde un déficit de confiance très douloureux en lui. Il se sent dévalorisé.

L’autre personne vit plutôt bien un présent débarrassé de la plupart des faits qui ont encombrée sa vie. Elle pense à la façon dont elle pourra se réunir, dans une tombe, avec un père dont elle a, depuis toujours, été séparée. L’avenir de nombreuses personnes est problématique du fait de leur solitude, comme le montre à sa manière un film proposé lors de la dernière HBA, Une belle fin. Les liens familiaux se trouvent affaiblis dans la société actuelle. Les personnes vivent beaucoup plus longtemps et elles encombrent à leur manière les plus jeunes générations occupées à leurs affaires.

Le Carpe diem exige indiscutablement un minimum d’organisation mentale et matérielle – y compris un volet psychothérapique - pour éviter que le présent soit excessivement pollué par le passé, l’avenir et le présent lui-même.

Quelles sont ou ont été pour vous les causes d’encombrement du présent ? Quelles parades avez-vous trouvées ?