26-01-2026
Le titre du livre de John Kennedy Toole hante mon cerveau. Je crois qu’il peut nous faire réfléchir, au moins le temps d’une séance de notre groupe.
La réflexion doit, en toute équité, commencer par examiner en quoi nous nous sommes indiscutablement comportés comme des imbéciles, et en quoi nous sommes présentement en période d’imbécilité active. Sans doute, face à cette entreprise autocritique, l’âge intervient pour nourrir notre expérience, mais, si nous en croyons Brassens, le temps ne fait rien à l’affaire. Nous manifestons inégalement et plus ou moins précocement des dispositions.
En quoi consiste l’imbécilité ? Immense question qui convoque la concision et la subjectivité. Je me dispenserai de poser la question à l’intelligence artificielle dans la mesure où la vérité n’est, de mon point de vue, que l’affirmation d’une suite d’erreurs contradictoires et cependant complémentaires. Un petit exemple d’incertitude conceptuelle : le crépuscule annonce, selon les moments, la nuit ou l’aube.
Quel sens donner à la « conjuration » ? Le complot – que n’a-t-on pas abusé de ce mot, depuis les années covid ! – suppose une action concertée en vue d’un objectif prédéterminé. Le terme de conjuration a l’avantage d’être moins connoté par l’actualité récente. Nous pouvons peut-être nous exercer à le déconstruire. L’ouvrage de Kennedy Toole le démontre clairement la conjuration des imbéciles n’est pas préméditée. Elle ne relève pas – uniquement ou principalement ou exclusivement – d’un plan machiavélique. Elle répond à une sorte d’affinité élective entre des formes diverses voire opposées d’imbécilité. Les années covid exercent une influence persistante. Ainsi, une patiente se voit interdire l’entrée d’un Self de Collectivité faute de porter un masque, masque qu’elle est autorisée ensuite à enlever dès qu’elle commence à se nourrir, en dehors de tout danger identifiable. Ou encore, l’étonnement de cette même patiente de voir son petit garçon revenir du Clae avec une chaussette rose et une chaussette bleue fournies par un jeune éducateur chargé de veiller aux lois de la diversité à l'école. Pire, sans doute, est la soumission des parents à cette expression du pluralisme pour « ne pas faire d’histoires » et exposer son enfant à … la discrimination.
J’en ai dit assez. Je compte sur chacun d’entre nous pour signaler à propos de la problématique alcoolique des exemples de convergences d’imbécilité caractérisée. Il en va de notre santé mentale.