16 mars 2026

À l’occasion d’un temps de dialogue prolongé avec deux d’entre vous, le thème de ce lundi s’est imposé naturellement. Il correspond à une formule qu’exprimait parfois une ancienne aidante : « à la lumière froide de la raison ».

Que peut vouloir dire cette expression ?

Elle invite à une prise de recul face aux émotions et à prendre le temps nécessaire pour appréhender une situation ou un événement. Le but est d’en examiner les différents aspects pour dégager une stratégie appropriée.

Il ne s’agit pas d’enfouir ses désirs mais d’en examiner la faisabilité et d’en arrêter les modalités.

Chaque obstacle doit être identifié dans sa complexité éventuelle pour tenter de le surmonter.

La mise en jeu de la raison est un excellent exercice, une bonne habitude. Le dialogue peut contribuer à mieux saisir difficultés et solutions. Ce temps-là est aussi un très bon exercice et une bonne habitude.

La meilleure décision possible correspond à la meilleure connaissance possible de la réalité en cause.

Le temps de réflexion que l’on se donne avant d’agir est agréable, dans la mesure où il nous permet de faire l’économie d’erreurs.

Un patient avait relevé une citation de Paul Valéry : Entre le moment où je prends une feuille blanche et mon stylo, il se passe quelques secondes qui vont modifier ce que j’avais l’intention d’écrire. »

La délibération permet d’envisager les différents cas de figure, parfois de décider d’actes intermédiaires, des approches ou des initiatives qui vont rapprocher de l’objectif. En parler avec des personnes concernées, faire place au doute et à d’autres éclairages permettant d’arrêter plus surement la décision. La consultation participe à cet exercice.

La lumière froide de la raison n’exclue pas la douceur, l’humour, l’ironie, la volonté. Elle permet d’expliquer les raisons d’une hésitation ou d’un choix, d’affiner les choix et de conforter une décision collective en connaissance de cause, ce qui permet d’accroître la motivation, une fois la décision arrêtée.

La procrastination s’en distingue, en ce que la personne se laisse envahir par les émotions, en s’appuyant sur des prétextes pour ne rien faire.

Une erreur commune est de confondre désir et réalité ou de se satisfaire d’une vision superficielle ou partielle, voire partisane.

La froide lumière de la raison n’a de sens que rapportée à un objectif défini. C’est un exercice d’intelligence critique qui peut être menée seul, ou à plusieurs dans l’optique d’éclairages et d’expériences complétaires.

Pratiquez-vous cet exercice ? Seul(e) ? Avec qui ? Avec quels supports ?... avec de bons résultats ?