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lundi 21 novembre 2011

Notre groupe du lundi s’attaque ce jour  à une question basique qui concerne notamment les alcooliques qui usent de l’alcool comme un anxiolytique. Quelles réponses apporter à l’anxiété, en dehors des médicaments anxiolytiques ? Avant de donner nos réponses, il est indispensable d’essayer d’analyser de quoi cette anxiété est faite.

Je reprends ici un passage de ma réponse à Michèle Monjauze :

« 10 L'alcool est le plus puissant des anxiolytiques. Pourtant, dans vos descriptions de la souffrance alcoolique, vous parlez de « compulsion », jamais ou rarement d'angoisses. Comment expliquez-vous alors la compulsion?

L’anxiété n’est pas l’angoisse qui relève plutôt des régulateurs d’humeur dans la mesure où elle exprime une souffrance de type psychotique. J’observe que de très nombreux anxieux n’ont pas d’appétence à l’alcool.  Ils se rassurent par d’autres artifices socialement admis. Je suis tout-à-fait d’accord avec vous : le niveau d’anxiété des alcooliques est élevé. Leur système « pare-excitation » est habituellement défectueux. Ce n’est pas pour rien qu’ils privilégient le « détachement émotionnel », pour mieux se porter. La prise d’anxiolytique n’est pas la solution.

L’alcool lève l’inhibition. Dans l’ensemble, ses effets sont rapidement perceptibles sur le discernement. Il procure une sorte de babil catégorique et répétitif, y compris chez les non-alcooliques, et une sorte d’anesthésie d’éveil que l’on retrouve chez ceux qui abusent des benzodiazépines ou des neuroleptiques. La sédation qu’il procure se prolonge d’un effet rebond. Le produit a un effet antidépresseur qui finit par créer des états dépressifs qui s’effacent plus ou moins rapidement, laissant place à une perte d’envie douloureuse. »


Avec les stagiaires

Nous avons distingué l’inquiétude et les préoccupations, comme illustrations d’un bas niveau d’anxiété, en précisant qu’il existait des inquiétudes et des préoccupations inutiles et peu fondées. D’autre part, on peut viser à esquiver une cause d’anxiété, s’efforcer de la gérer quand elle est présente et de l’atténuer aussi.

James a révélé que jouer de la guitare lui donnait la possibilité de se mettre à l’abri dans sa bulle. Alain choisissait le footing. Frédéric est un anxieux habituel. Il a été éduqué à l’anxiété. Il redoute les mises au point à effectuer dans le cadre hiérarchique.