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lundi 14 novembre 2011

Je finirai bien par rencontrer mon collègue Rabbi Gérard Ostermann et voir avec lui si une intervention sur le thème de la résilience acquise aurait le bonheur de plaire aux organisateurs de cette manifestation mondiale sur la résilience.

Il est souvent question de résilience comme d’une sorte d’aptitude innée à affronter l’adversité, à faire jouer le réflexe de survie, à persister dans son être.

Pour un soignant, cette présentation est insatisfaisante. Son problème – qui est aussi celui de son patient – est qu’il se donne des raisons de vivre, qu’il apprenne à mobiliser ses ressources envers et contre tout.

On comprend  bien que la résilience fasse partie du profond de l’être et qu’elle soit présente de façon aléatoire. Bien malin qui peut dire d’où elle vient. On peut avoir eu des parents énergiques, courageux, et être un mollasson. Trop ou assez d’amour des parents peut avoir endormi ses aptitudes combatives, mais pas forcément etc. La dépendance alcoolique peut s’installer sans réussir à détruire la capacité d’un sujet à endurer, particulièrement à l’arrêt de l’alcool.

Peut-on accroître ses capacités de résiliences de façon volontariste ?

Je risque encore d’ennuyer par des éléments personnels, qui pourraient contribuer à ma résilience actuelle. Je cite :

-         L’asthme et la quête de l’air ont représenté une sorte d’entraînement à la résilience.

-         Le fait de penser par soi-même et celui d’estimer d’avoir raison sur mes options de vie les plus fortes ont armé ma capacité à persister, sans même avoir l’idée de renoncer.

-         Le fait d’être capable de m’intéresser davantage à un projet ou à des personnes qu’à moi-même, le goût de l’altérité, par conséquent, me donne de l’opiniâtreté. De ce point de vue, la capacité d’aimer arme la résilience. L’idée de devenir très vieux, de durer pour durer, qu’on rattache sans doute à la résilience, me semble pathétique.

-         L’entraînement à l’effort et, j’ose dire, à une souffrance maîtrisée, par l’exercice sportif, par l’exercice intellectuel.

En conclusion, la résilience me semble faire le pont entre la volonté de survivre et la volonté de donner le sens que bon me semble à ma vie. Cette articulation entre le jeune âge et la maturité laisse de côté l’entredeux finalement pénible de l’adolescence, surtout quand elle se confirme interminable, très encombrée de narcissisme et d’indolence.