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Lundi 12 Octobre 2020

Les discussions sur le pessimisme ou l’optimisme ne sont pas près de cesser. Nous serions tentés de plaider pour une voie médiane en faveur de l’esprit critique. Lui seul, en théorie, permet de dégager de vraies raisons d’espérer ou de désespérer. Nous savons, cependant, combien l’esprit critique peut-être pollué par notre subjectivité. Le défaut de connaissance d’un dossier peut compliquer la tâche. Il nous est souvent demandé de prendre position sur des sujets que nous connaissons mal ou pas du tout. Les prises de position de certains décideurs restent incompréhensibles ou opaques. Notre subjectivité intervient plus ou moins selon le sujet abordé. Les capacités dont nous disposons peuvent retentir sur notre façon de voir les choses, notre expérience tout autant.

Si nous réfléchissons à la question qui nous réunit, à savoir le pronostic d’une dépendance alcoolique ou addictive, nous devons apprendre à écarter le pessimisme comme l’optimisme. Nous avons à faire ce que nous croyons bon sans nous réjouir ni désespérer. Nous n’avons pas à exagérer ni à minimiser notre part d’influence.

Nous avons en mémoire la formule stoïcienne « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer ». Tout de même, s’il n’y a vraiment rien à espérer, est-il bien nécessaire de s’obstiner ? Nous avons vu, lors de la séance précédente, que la clé de la formule se situait dans son inversion : entreprendre permet d’espérer, persévérer permet de réussir. L’expérience nous apprend qu’une solution impensable peut intervenir et modifier le cours d’une situation que l’on croyait sans issue. A l’inverse, un événement non prévu peut compromettre un équilibre et détruire les acquis. En matière de réussite, il faut distinguer les réussites concernant l’objectif principal et les satisfactions qui ont résulté de l’investissement. Nous pouvons aussi nous consoler, plus d’une fois, en nous disant que nous avons évité le pire. Une forme d’inconscience favorise les audaces et conduit à des succès imprévisibles. L’âge aidant, avec les occasions manquées, le champ des possibles se restreint. Nous avons vérifié avec le confinement les effets d’un principe de précaution infligé sans grande logique au fil des semaines.

Gardons-nous d’un excès de pessimisme qui ralentirait ou empêcherait nos initiatives. Nous avons toujours le temps de faire le constat de nos désillusions. Certaines peuvent nous incomber, d’autres témoigner simplement que les conditions n’étaient pas réunies pour réussir.

Vous rangez-vous parmi les pessimistes ?

Cette disposition vous a-t-elle servi ?