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Lundi 26 Octobre 2020

Ce matin, l’important pour moi était de disposer de la dernière version dont le PDF du manuscrit « Anesthésie Générale ». Le temps presse et le pari de la publication par une maison d’édition généraliste n’est pas gagné. Plusieurs maisons d’édition sont attachées à la version papier et je dispose de deux fenêtres de temps, aujourd’hui, pour parvenir à réaliser les envois.

Quand j’ai ouvert, ma messagerie, après avoir parcouru le journal, j’ai trouvé comme seul message celui d’un confrère qui a surmonté sa dépendance alcoolique, dans la continuité d’une relation épistolaire virtuelle qui concerne son frère, également alcoolique, désormais isolé, « hors-jeu », du fait de son propre alcoolisme. Ce frère que j’ai connu et essayé de soigner, il y a quelques années, ne veut pas se soigner. Avec l’alcool, il n’a pas réglé les problèmes historiques avec leurs parents d’origine, dont un père militaire. Ses enfants et leur mère sont partis, après la perte de son travail et de leur maison. Pour résumer son présent, il s’aide de ses troubles cognitifs et de l’alcool pour achever de se détruire. J’ai demandé l’adresse numérique actuelle de ce frère en perdition.

Quand j’aurai achevé de présenter ce thème, je demanderai à quatre membres de l’AREA de se pencher sur la proposition de l’Agglomération d’offrir un « portail » de communication aux associations en vue de favoriser des soutiens participatifs émanant de sponsors. Dans l’état actuel de l’idéologie ambiante, je crains que la priorité de ces « dons » aille à d’autres causes que l’alcoolisme et l’offre d’accompagnement psychothérapique.

Ce thème sur l’important et l’accessoire justifie, certes, une réflexion approfondie. Une évidence : ce qui est important pour les uns est accessoire pour les autres.

Quand je regarde autour de moi, j’ai l’impression que l’important pour les autres est accessoire pour moi et réciproquement.

J’ai l’impression que pour les autres l’important, c’est l’argent et ce qu’il autorise, le paraître et la consommation dans tous ses aspects : l’argent et le numérique. J’ai l’impression que le numérique est identifié par les autres comme le moyen incontournable d’avoir du pouvoir et donc de l’argent. Je le vis comme une religion totalitaire.

Tel qu’il se présente, le Monde hypermoderne me fait l’effet d’une salle festive, à l’heure tardive où les gens sont bourrés et « libérés ». Il me donne l’envie de me retirer doucement, car je n’y ai pas ma place. Ce Monde ne m’attire pas. Il est excessivement désenchanté. Je le crois incapable de se remettre en cause.

La question est de savoir si ce qui est important à mes yeux est possible, et si je vais avoir la faculté de m’abstraire de l’accessoire.

L’alcoolique de mon histoire a trouvé sa solution : l’important pour lui, c’est le prochain verre qui va lui garantir une sorte d’anesthésie jusqu’à la fin qui se fait attendre. Ce n’est pas ma solution, mais le problème demeure. Il faudra bien le résoudre.

Qu’est-ce qui est, aujourd’hui, important et qu’est-ce qui est accessoire à vos yeux ?

Essayons de dégager ensemble des pistes d’avenir…