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lundi 3 septembre 2012

Nous avons tous notre singularité, c’est ce qui fait que nous sommes uniques.

Cette singularité se caractérise par une multitude d’éléments qui peuvent se retrouver chez d’autres.

Nous sommes des héritiers, nous avons eu une famille. Notre statut actuel peut se caractériser sur de nombreux plans…

La société nous imprime des habitudes comportementales, des façons de penser.

Pour autant, nous ne sommes pas libres d’être comme bon nous semble. Au contraire, nos milieux d’appartenance nous font généralement savoir que nous avons à nous conformer à leurs propres habitudes, à leurs prescriptions et à leurs attentes.

Dès lors, plusieurs attitudes s’offrent à nous :

  • Penser que la singularité se confond avec les habitudes de son milieu,(Les basques, les bourgeois etc.) qui peuvent alors être opposées aux habitudes d’autres milieux.
  • Se conformer le plus possible, devenir transparent, quitte à en souffrir jusqu’à l’insupportable
  • S’adapter, sans se renier
  • Se rebeller en paroles/ ou en actes
  • Se laisser mourir ou même se détruire.

L’alcool peut être présent dans ces divers cas de figure. Cependant, la décision de ne pas boire entraîne des changements. Certaines appartenances, ne serait-ce qu’à l’AREA, facilitent aussi des changements. Comment articulez-vous, sans alcool, la nécessité de vous conformer aux diverses contraintes et directives, votre besoin de révolte éventuel ? Avez-vous conscience de votre singularité ? La vivez-vous bien ? Si non, comment faites-vous, qu’envisagez-vous ? Quels sont les points forts de votre singularité ?

lundi 27 août 2012

Monjauze estime qu’il y a une faille typiquement alcoolique et très précoce dans le développement de l’enfant pour expliquer l’installation de l’alcoolisme. Je crois, pour ma part, que sa théorie éclaire le développement de la problématique alcoolique chez une fraction de la population alcoolique mais qu’il est plus réaliste de dire qu’il y a plusieurs alcoolismes, avec des facteurs le plus souvent multiples « diachroniques ,» c’est-à-dire dissociés dans le temps, chez le même individu. Je crois aussi que la pratique addictive développe la part addictive de la personnalité, en le privant de trouver d’autres formes plus élaborées d’adaptation.

Quoiqu’il en soit, il est habituel de constater que chez l’alcoolique il est exceptionnel qu’il n’y ait que l’addiction alcoolique. Il y a le tabac, le rapport à la nourriture, le apport à l’activité, le cannabis, sans parler de bricoles telles que être accro aux infos ou à Internet. La liste est interminable.

Il est toujours intéressant de faire réfléchir chaque participant de la table aux diverses raisons qui l’ont conduit à développer son lot d’addictions – on ne fume pas des cigarettes pour les mêmes raisons que l’on se met à beaucoup boire − quelles sont les formes atténuées d’addictions qui pourraient l’aider à contrôler ses addictions « dures » et à disposer d’une vie plus épanouie. Enfin, chacun pourrait réfléchir à ce qui lui « pourrit » le plus la vie et quelles autres solutions que l’addiction il pourrait envisager.

lundi 20 août 2012

Boire comme tout le monde. La préoccupation intégrative est portée par les buveurs. C’est aussi un axe de recherche dans le renouvellement du soin psychique. Cette préoccupation, illustrée par notre pratique, est un enjeu pour l’avenir du soin alcoologique et pour le bien-être de chacun.

Chacun doit trouver sa place.

Voici quelques extraits de ce que je viens d’écrive pour le livre : L’hospitalisation brève en alcoologie » :

Intégrer signifie plusieurs choses. Peut-être ce verbe est-il d’abord synonyme de comprendre. Il y a une grande différence entre connaître, être capable de reproduire et saisir l’essentiel de l’objet : Intégrer suppose une compréhension à la fois intellectuelle et sensible, l’acquisition d’un savoir qui libère …

Intégrer signifie aussi réunir sans dénaturer, en préservant la force de chaque élément rassemblé. Intégrer n’est pas mixer, désintégrer. Intégrer rapproche ce qui gagne à l’être…

Intégrer suppose de saisir l’unicité relative de l’objet, les lignes de forces qui permettent de le différencier, sans se laisser abuser par les fausses originalités…

Intégrer n’est pas fixer ou figer. C’est, diachroniquement et alternativement, une démarche d’ouverture et de fermeture. Le socle constitué permet que des alluvions se déposent…

La déclinaison de l’analyse et de la synthèse, de la réflexion et de l’initiative qui accompagnent le processus intégratif a besoin d’un cadre souple et ouvert… La recette n’est recevable qu’à la condition d’autoriser l’inventivité ou l’adaptation…

La préoccupation intégrative vise à préserver la cohérence et la simplicité de la démarche, en dépit de l’hétérogénéité des outils et des matériaux. Elle se garde des simplifications abusives…

Au total, le processus intégratif () témoigne, pour les obséquieux et prudents partisans des normes établies, d’un « abominable esprit d’indépendance »… ?

Quels sens est-il légitime de donner à ce mot en alcoologie ?

Quel sens lui donnez-vous pour votre vie ?