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lundi 9 janvier 2012

C’est une expression souvent entendue dans la bouche des préposés aux ressources humaines, lors des entretiens d’embauche.

De fait, la première rencontre et l’entretien d’embauche ont des points communs. Le courant va-t-il passer ? L’attente du sujet est-elle compatible avec ce qui va lui être proposé ? Quel est son historique, son CV, y compris sur le plan des soins antérieurs ?

Le CV d’une personne alcoolique doit être impérativement pris en compte.

De quoi est-il fait ?

Sa motivation est un élément clé de son CV, même si les lettres de motivation sont inutiles.

La motivation suppose l’absence de déni. J’ai reçu, ce matin, un homme de 30 ans, en compagnie de son frère. Ils boivent tous les deux mais lui ne supporte plus. Dès ses 11 ans, il n’a pas passé un jour sans prendre de l’alcool. Il voudrait bien savoir comment c’est. Il a des signes de dépendance physique, le matin. C’est un magasinier qui aurait pu être un solide joueur de rugby, assez jovial et direct. Il ne peut s’empêcher de boire dès le matin pour atténuer ses malaises. Il a rigolé quand je lui ai parlé des réunions. Il aspirait à découvrir une journée sans alcool, avec la possibilité de faire du sport. Je lui ai prescrit une ordonnance d’aide au sevrage et je l’ai orienté vers une clinique équipée, avec, en plus de beaux arbres.

Une autre dame était motivée, décidée à venir en groupe. Nous avions même convenu avec elle du thème de ce lundi qui aurait pu être : « La durée dans un couple ». Hélas, son mari a décidé qu’elle était trop « fragile » pour assister à une réunion. Elle n’a pas osé le contrarier. Elle m’a téléphoné pour s’excuser.

Le nombre de cures antérieures est un autre élément du CV. La dame en question a passé de nombreux mois de sa vie dans diverses structures.

Après, il y a le degré de compréhension de l’histoire mais aussi de la problématique alcoolique, le profil de personnalité, l’environnement humain, le contexte du sujet.

Comment améliorer son CV, sans le falsifier ? Comment passer d’une réalité de papier à une réalité vécue ?

lundi 2 janvier 2012

Thème récurrent, sujet de commande. Le groupe a suffisamment de souplesse en lui pour le revisiter de façon intéressante.

De quoi parlons-nous par cette expression de « détachement émotionnel » ?

Nous vivons dans un monde qui marche sans pudeur à l'émotion, comme en témoignent la plupart des informations administrées comme des lavages de cerveau. L’excès d’émotions aboutit paradoxalement à l’incapacité de s’émouvoir, à l’indifférence. Le sujet soumis aux émotions, le plus souvent négatives, se prive d’une réflexion sereine ou, du moins, distanciée, d’un guide pour des choix pensés et maîtrisés.

Apprendre le sang-froid, c’est vouloir garder prise sur les événements qui exigent du discernement. Le détachement permet d’éviter que des événements aient une emprise durable sur son esprit.

Le détachement émotionnel consiste à intégrer un décalage utile entre la perception et l’analyse de la situation. L’acte qui suit peut accueillir ensuite l’émotion nécessaire, qui en conditionne la portée.

Le détachement émotionnel suppose l’acquisition de certaines qualités. En premier lieu, savoir écarter ce qui n’a pas d’importance. Ce qui n’a pas d’importance suppose une grille d’appréciation. Je peux, par exemple, décider que ce sur quoi je n’ai aucune prise n’a aucune importance pratique. Je peux accorder ensuite de l’importance à ce qui risque de peser sur ma vie. Je peux cependant être informé des combats ou des problèmes qui ne sont pas les miens, à titre documentaire.

Une émotion a besoin d’être secondarisée, mise au service du projet, pour alimenter une passion durable. Le présent peut être ainsi mis en perspective.

Vous pourrez donner des exemples d’états émotionnels dépassés…

lundi 26 décembre 2011

Le mot adaptation fait partie de notre vocabulaire usuel.

La prise d’alcool peut être utilisée dans le but de s’adapter, pour lever l’inhibition, calmer l’anxiété, trouver un sommeil qui fuit, apaiser une douleur…

Les autres phénomènes d’adaptation sont nombreux.

Le déni est une manière efficace de s’adapter en refusant de voir la réalité. On a pu se rendre compte qu’à côté du déni individuel qui a tous les aspects de la pathologie, un groupe social peut fonctionner au déni, en toute inconscience, ou privilégier une forme d’atténuée de déni : la dénégation, ne considérant qu’une part de la réalité ou la déformant pour la rendre acceptable.  

Certains troubles de la personnalité sont des phénomènes d’adaptation : l’autiste, l’enfant hyperactif ont des phénomènes de défenses qui équivalent à des phénomènes d’adaptation.

La violence, la terreur, les crises d’hystérie sont une façon de s’adapter en faussant la relation, en empêchant la contradiction se d’exprimer.

Le faux-self est un phénomène d’adaptation. Le sujet se donne l’apparence qu’il croit bonne pour se faire aimer, accepter… Il se confond avec une fonction.

L’évitement est un phénomène de contournement d’une situation perturbante.

On peut considérer aussi bien que la méthode Coué, le discours du « juste milieu », les rationalisations trouvant une explication à tout sont aussi des phénomènes d’adaptation.

Comment concevoir des phénomènes d’adaptation qui ne fassent pas l’économie de l’esprit critique et de l’épreuve du réel ?