lundi 16 avril 2012

J’avais noté sur mes tablettes deux thématiques : l’exploration des liens familiaux et l’autorité parentale. Je trouve qu’il s’agit d’intitulés trop précis et trop compliqués à la fois pour être abordés directement. Aussi, j’opte pour deux thématiques larges, en écho. Pour ce lundi, les consultations et les appels téléphoniques du vendredi m’ont donné l’envie de faire réfléchir aux lignes de conduite pour les distinguer des protocoles dans le cadre de la relation de soin.

Nous sommes à une époque de haute instabilité relationnelle où la notion de protocoles de soins codifiés, établis à l'avance et mis en œuvre comme à la parade, relève de l'illusion pure et simple. On serait tenté de dire ce que qui caractérise le soin alcoologique relève plus du n’importe quoi et du faux-semblant que de la rigueur et du sérieux nécessaire.

Que des esprits prétendument scientifiques puissent imaginer, sur la base d'études internationales, correspondant à des structures de santé différentes de celles de notre pays, des protocoles centrés sur les produits, indépendamment de la psychopathologie, des histoires et des contextes, évoquent plus une plaisanterie de mauvais goût qu'un souci de soigner réellement.

Dès lors, il ne reste de place, si l’on veut tant soit peu se rapprocher de la rigueur clinique, qu’à réfléchir aux lignes de conduite qui garantissent un soin de qualité.

C'est donc de ces lignes de conduite, celles que doivent se donner les soignants, les personnes en difficulté, les proches, les institutions, que nous discuterons.

lundi 9 avril 2012

C’est le refrain d’un des succès d’Edith Piaf et une thématique qui concerne nos stagiaires de la semaine, à un titre ou à un autre.

  • L’amour représente une sécurité que l’on donne et que l’on attend.
  • L’amour suggère une capacité de séduire et d’être séduit.
  • L’amour suggère la connaissance de soi et de l’autre, mais aussi le respect de soi et de l’autre.
  • L’amour suggère un lien, donc la durée, une construction.

Partant de ces quelques idées, on peut déjà distinguer entre whisky et Canada dry.

  • S'attacher à quelqu'un uniquement parce que l'on a besoin d'une présence : ce n'est pas de l'amour.
  • Aller vers quelqu'un pour lequel on n'éprouve aucune attirance véritable ou accepter d'être approché en donnant une fausse image de soi ou en sachant pertinemment que l'on n'est pas attirant, du fait des dommages physiques et psychiques de l'alcool, par exemple, est allé à des déboires assurés.
  • Si on ne se connaît pas, c'est difficile de créer une relation durable et si on ne se respecte pas, c'est carrément impossible.
  • Le lien suppose rencontre, découverte, temps, partage, complicité, solidarité, résistance aux tensions, aux déconvenues. Le « vite fait » est rarement porteur.

Pour autant l’absence d’un partenaire ou d’une famille n’est pas un obstacle absolu : sans aller jusqu’à aimer le genre humain, on peut aimer ce que l’on fait, son travail, si on en a un, aimer des activités choisies ou tout simplement la vie telle qu’elle se présente.

Contrairement à ce que dit la chanson, avez-vous l’impression de pouvoir exister sans aimer ?

En quoi l’amour est-il constitutif de votre identité ?

lundi 2 avril 2012

Dans la problématique alcoolique, on trouve deux courants concernant la gestion de la dépendance, l’un qui soutient la nécessité d’une abstinence définitive, le second croit à la possibilité et l’opportunité de retourner vers une consommation modérée.

A travers l’article « Boire après l’alcoolisme », de R. LEFEBVRE et M. LEGRAND, ces deux auteurs soulèvent la question : 

« Des personnes qui ont été alcoolo-dépendantes peuvent -elles retourner de manière stable à une forme de boire ‘modéré’, ‘contrôlé’ ou ‘réfléchi’ ? »

Une enquête (Daves, 1962) qui portait sur l’abstinence, était faite sur 93 patients qui avaient été soignés pour l’alcoolisme au Maudsley Hospital de Londres, le résultat obtenu c’était que 7 parmi les patients avaient adopté un « boire modéré stable ».

Une autre enquête (Vaillant, 1983) montrait que dans l’alcoolisme, on trouve trois modes de relation que le dépendant peut avoir avec l’alcool :

  • relation à vie ou jusqu’à leur mort
  • une abstinence définitive 
  • ceux qui ont réussi à s’installer dans une consommation modérée, et qui ont pu construire une relation saine avec la bouteille.

Si on part du constat que l’addiction à l’alcool est un problème comportemental qui s’inscrit dans un modèle d’apprentissage cognitif et social, on conclut qu’il y a une possibilité d’un désapprentissage à l’avantage d’un nouveau  mode comportemental par rapport à l’alcool (Heather et Robertson, 1998), alors avoir une consommation normale est-ce possible ?

Et si la dépendance à l’alcool est une maladie, donc le malade alcoolique a-t-il la possibilité de « guérir », et rétablir une relation « saine » avec la bouteille ?

Le malade alcoolique est il obliger d’être condamné à une abstinence définitive ? pouvons-nous parler d’une abstinence transitoire ?

Rédigé par BOUAZIZ Wiam , étudiante en M1 de psychologie.