lundi 26 mars 2012

Ce thème vous est proposé par l’effet de la mise au propre des observations de première rencontre pour les 4 stagiaires. J’ai vu samedi soir un film que j’ai trouvé remarquable et qui illustre ce que peut être un homme. En l’occurrence, il s’agit d’un enseignant remplaçant dans un établissement public, une sorte de poubelle pour jeunes en voie d’exclusion. C’est la finalité du service public dans une société ultralibérale : les gagnants et les enfants de famille avantagée fréquentent les écoles privées et ceux qui ne tiennent pas la route vont à l’école publique. Je fais référence à un film qui m’a profondément touché, Détachment. Il est encore pour quelques semaines à Utopia. Foncez le voir. Dans un autre genre, il m’a autant séduit que We want sex equality. Adrian Brody est bouleversant de délicatesse, de finesse et d’intelligence, son détachement est une précaution qui lui permet d’être mieux en phase avec les jeunes en grande souffrance qu’il rencontre. Mais où sont passés les parents, et plus particulièrement les pères ?

Il m’arrive de dire en souriant aux patientes que les hommes de qualité sont malheureusement une espèce en voie de disparition. Certains individus XY sont moins que des caricatures. Pour autant, certaines personnes XX ne sont pas mal non plus, au sein du troupeau des insignifiants prétentieux et contents d’eux-mêmes.

Pourtant, notre mémoire ne manque pas de références masculines remarquables qui ne donnent pas spécialement envie de se vautrer dans la médiocrité, l’addiction ou la bêtise. Je pourrais citer des dizaines de références masculines, autant de références symboliques, ayant ou non existé, qui peuplent mon imaginaire. Une sorte de complicité lointaine me lie à eux. Ils m’interdisent d’accepter d’être indifférencié, quelconque, moyen. Les femmes, les enfants, les autres hommes ont besoin que de tels hommes sortent du rang.

Quelles sont vos références masculines ?

lundi 19 mars 2012

Cette superbe phrase a été prononcée par Rosa Luxemburg, la principale figure de la Ligue spartakiste. Comme elle m’a été communiquée par une psychologue du centre d’addictologie de Toulouse, j’ai pensé qu’elle pourrait servir de matériau à notre réflexion.

C’est une réflexion sur ce qui fait chaîne en nous et autour de nous et sur l’attitude à adopter par rapport aux dites chaînes.

Qu’est-ce qui fait chaîne en nous ?

Qu’est-ce qui fait chaîne autour de nous ?

Quelle attitude adopter ?

La première question sollicite fortement notre esprit critique. Elle s’inscrit dans le champ de la psychologie et de la psychopathologie. Qu’est-ce qui nous emprisonne, indûment ? Cela peut être la honte, la culpabilité, un sentiment de dévalorisation, un idéal de perfection, des sentiments négatifs tels que la rumination, le ressentiment, etc.

La seconde question fait intervenir les autres et notre contexte de vie. Pouvons et sommes-nous prêts à faire bouger ces chaînes ? 

La troisième question fait appel à notre façon de réagir face à la réalité, aux problèmes et aux priorités. Elle est donc en partie subjective, mais elle est aussi objective car susceptible d'évoluer voire de se résoudre par des actes posés.

La formule de Rosa Luxembourg qui fut, rappelons-le, assassinée par ses adversaires politiques, soulève la question de la sanction : une révolte d’esclaves est en règle matée, à moins de connaître un meilleur sort. La révolte peut déboucher aussi sur un sentiment d’impuissance.

Comment évaluons-nous les risques ? Savons-nous, nous prémunir contre les sanctions. Que faisons-nous du sentiment d’impuissance ?

lundi 12 mars 2012

La mode a changé. Il est moins question de prévention dans le discours officiel à propos des addictions. Il est régulièrement fait état d’opérations de police sur les routes ou d’horaires de fermeture des bars, de faits divers. Certaines grandes entreprises ont édicté des chartes sur l’alcoolisme. Aucune n’a publié de résultats. Les médecins du travail parlent plus facilement et mieux des addictions. Tout laisse penser que les interventions en milieu scolaire n’ont aucune portée. Le fait que les gens consomment moins de vin au cours des repas habituels n’a en rien réduit les alcoolismes qui ont pris une tournure plus solitaire, plus grave car plus orientée vers la perte de conscience.

L’installation de la problématique d’abus et de dépendance répond à des facteurs avant tout générationnels et familiaux, à des éléments de développement du psychisme dans ses aspects psychopathologiques, addictifs, affectifs et émotionnels, à des éléments de culture et de sens. Nous sommes confrontés à un problème de masse. L’alcoolisme interroge la société et son organisation. Les réponses sont donc plutôt éducatives, culturelles et politiques, en termes de prévention primaire.

La pluralité des facteurs aboutissant à une dépendance, le caractère massif, insidieux ou rapidement progressif d’une problématique alcoolique suppose que les premières démarches d’aide soient facilitées par la qualité des premières rencontres avec des personnes compétentes. C’est ainsi que commence la prévention secondaire.

La complexité et la difficulté d’une problématique alcoolique exigent des offres de soin pertinentes, donc réfléchies, adaptées, privilégiant le cadre, l’efficience, la complémentarité des compétences et des équipes. La prévention secondaire met directement en jeu l’accessibilité, la consistance, la qualité du dispositif de soin.

La prévention tertiaire s’applique aux conséquences somatiques, familiales et sociales d’une addiction ayant eu le temps de faire des dommages, souvent graves et difficilement réversibles. Elle a un coût très élevé, y compris sur le plan humain, pour des résultats souvent médiocres.

Il se trouve que la prévention peut largement s’appuyer sur les alcooliques devenus sobres, principalement dans le champ secondaire. Encore faut-il que les alcooliques sobres prennent clairement conscience de leur responsabilité politique pour répondre au défi du mal-être humain et de l’avenir des sociétés.

Il n’est  de bonne critique que constructive.

Qu’est-ce qui peut faire prévention en matière d’alcoolisme ?

Comment voyez-vous votre rôle dans les préventions ?