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Espace Duranti, 14 décembre 2012

Le vendredi 14 décembre de 14h à 17h précises, l’AREA propose sa journée de réflexion annuelle, ouverte à tout public, à l’espace Duranti.

L’accueil et la visite de la librairie se feront à partir de 13h.

Nous espérons ainsi préserver la possibilité d’être ailleurs, le matin, et celle de jouir du week-end, dès le vendredi soir.

Myriam Tsikounas est une universitaire spécialisée dans l’étude des représentations sociales. Les images qui se font des personnes en difficulté avec l’alcool mobilisent une partie appréciable de ses travaux et de ses publications. Nous savons que les représentations de l’alcoolique pèsent sur :

  • la nature de l’offre de soin en alcoologie, le comportement des décideurs et des élus à cet égard,
  • les démarches de soin des personnes concernées,
  • les positionnements des proches, en famille, au travail, et dans la société,
  • la relation à l’alcool des jeunes.

Ce débat, nourri d’Histoire et d’histoires, est donc d’une brûlante actualité. Il est impératif que les représentations de l’alcoolique cadrent mieux avec les réalités actuelles de la problématique alcoolique. Il sera animé par deux alcoologues, François Gonnet, spécialiste de la dimension familiale, et Henri Gomez, praticien et responsable scientifique de l’AREA.

Mieux vaut s’inscrire dès à présent.

 

Plaquette   Affiche
   
Invitation  

baclofeneL’AFSSAPS (Agence Française de Sécurité SAnitaire des Produits de Santé) qui s’appelle maintenant ANSM (Agence Nationale de Sécurité du  Médicament) n’autorise pas les « praticiens expérimentés dans la prise en charge de l’alcoolo-dépendance » à prescrire le baclofène dans le but de réduire le besoin irrépressible de boire de l’alcool (ou craving).  Elle le tolère, sans pour autant préciser qui elle considère comme « praticiens expérimentés »  et sans faire mention des conditions de sa prescription ni des conséquences médicolégales pour les dits praticiens en cas de préjudice induit.

Nous ne disposons pas encore du recul nécessaire pour évaluer les bénéfices et les inconvénients, directs et indirects, de l’usage de cette molécule et des modalités de sa prescription : mise en place de la prescription « efficace », durée de son maintien, rythme de décroissance, utilité d’un traitement d’entretien, intérêt de lui associer d’autres molécules agissant sur l’appétence à l’alcool ou ayant un effet dissuasif. Une étude vient de débuter, une autre est prévue pour la fin de l’année.

Une des gros inconvénients du Baclofène est la fréquence de problèmes de somnolence et de concentration, si nécessaire à la conduite automobile et à l'activité intellectuelle, notamment pour le travail psychique demandé aux personnes en démarche d’abstinence. Cet inconvénient pose directement la question de la responsabilité légale du prescripteur en cas d’accident, d’autant que la prise de Baclofène est compatible avec une consommation persistante d’alcool. Avec la sensibilisation opérée par le « scandale du Médiator » et la facilité des procès intentés aux praticiens en ces temps de pénurie pécuniaire, c’est un point à considérer. 

Le second inconvénient est l’extraordinaire diversité et l’imprévisibilité des effets secondaires possibles, certes réversibles. La plupart sont gênants, spectaculaires, ou paradoxaux. Leur liste est longue : céphalées, acouphènes, vertiges, douleurs radiculaires ou musculaires, « étau respiratoire », insomnie… De façon anecdotique mais significative, certains patients expliquent qu’ils doivent se forcer à boire, sous Baclofène, pour obtenir l’effet recherché : détente, ivresse légère… D’autres se plaignent d’une agueusie.

Ces effets peuvent apparaître pour des posologies basses, de l’ordre de 30mg alors que l’effet anti-craving s’observe majoritairement de l’aveu même de l’association AUBES qui en défend l’usage extensif à des posologies nettement plus élevées que celle admise (120mg) pour des pathologies telles que la Sclérose En Plaques (SEP) ou les contractures douloureuses des paraplégies. Pour accroître la tolérance et éviter des abandons prématurés du Baclofène, il est conseillé de respecter la progression de l’AMM (Autorisation commerciale de Mise sur le Marché) par 5mg, en respectant des paliers de 3 à 5 jours, avec retour à la dose antérieure pendant quelques jours, en cas d’apparition d’un effet indésirable, pour faciliter l’accoutumance. Cette nécessité souligne que la prescription ne peut être dissociée du suivi.

Lire la suite : Baclofène : pour un consentement éclairé

eresLes personne en difficulté avec l'alcool
Changer les règles du soin et de la prévention

Vendredi  30 Mars 2012, 20h30,

Librairie La Préface, 35, allée du Rouergue, 31770 Colomiers

Dr Henri Gomez
Alcoologue et psychiatre
Directeur de la collection Bacchus

Discutants :
Pr Jean-Yves Bousigue, historien, neurochirurgien
Dr Anne Harant, alcoologue au Centre Hospitalier d'Auch

L'entrée est LIBRE

Dialogue autour de deux livres

L’approche des personnes en difficulté avec l’alcool doit être repensée. Il apparaît clairement à un observateur attentif que les règles du soin et de la prévention doivent être profondément changées. Si la problématique alcoolique est une réalité grave en elle-même, les préjugés et les méconnaissances qu’elle véhicule favorisent la persistance d’un soin inadapté aussi bien dans la méthodologie employée que dans son contenu. Aujourd’hui, paradoxalement, ce sont les personnes disposant le plus de ressources d’ordre intellectuel, affectif et professionnel qui sont les moins aidées. Le dispositif alcoologique et addictologique peut être actuellement assimilé à une forme de contrôle social.

La collection Bacchus vise à participer aux changements de regard et de pratique indispensables. Les deux premiers ouvrages proposés, Les Groupes de parole en alcoologieLes clés pour sortir de l’alcool, sont l’illustration de cette démarche clinique, pratique et politique.

À une période où le politique est évacué, cette soirée donnera à chacun la possibilité de vérifier que le souci de changement n'est nullement superflu ou inaccessible dès lors que l'on se risque à penser. La problématique alcoolique est un très remarquable champ d’observations de ce point de vue.  Éteignez la TV et venez participer !

Après la troisième journée d’alcoologie des AREA du jeudi 8 décembre 2011

L’ensemble des intervenants et des participants ont apprécié la qualité d’organisation de cette troisième journée d’alcoologie toulousaine, qui s’est jouée à guichets fermés. Notre responsabilité est désormais directement engagée pour faire vivre une alcoologie de réflexion et de pratique. Il s’agit de prendre en compte les différents aspects de la problématique alcoolique, addictions associées comprises. Avec la nouvelle collection BACCHUS, proposée par l’éditeur ERES, et deux ouvrages annuels à large thématique – Les groupes de parole en alcoologie, Les clés pour sortir de l’alcool (et éviter d’y retourner) pour cette année, nous avons pris date. Pour l’heure, notre méthodologie conçue pour l’efficience n’a pas rencontré le soutien contractuel des décideurs, même si le Président de la CPAM, physiquement présent, nous a assuré de son soutien, plusieurs fois vérifié. Le souci d’un bon usage de l’argent public s’écarte pour le soin psychique des tarifications privilégiant les actes techniques. La logique comptable a besoin d’être pensée à partir des pathologies intriquées. La crise est aussi une opportunité pour réaliser des avancées face aux pertes de chances et aux gaspillages induits par l’offre de soin actuelle

Daniel Settelen, a souligné la modification des configurations psychiques, sous l’effet des changements sociétaux. La norme, désormais, est caractérisée par les troubles et pathologies narcissiques, les organisations limites de la personnalité, avec une composante psychotique de plus en plus manifeste, faisant parler d’états limites-limites : E.L.L., un enfer et un défi pour la relation d’aide. Cela étant, le soin participe au changement des personnalités, à leur « névrotisation ».

Didier Playoust, s’appuyant sur son expérience de médecin alcoologue hospitalier, a décliné la notion d’efficience pour la rapprocher des intérêts des populations concernées. Elle ne consiste pas, assurément, à aligner le soin alcoologique sur celui des toxicomanes, en dépit de la part croissante des marginalisations et atomisations à l’œuvre dans le corps social. Le modèle médical n’est pas opérant malgré l’utilité de médicaments bon marché. L’alcoologie vise contradictoirement à faire cesser le symptôme en le faisant s’exprimer.

Henri Gomez a détaillé les principes et modalités du groupe intégratif, nouveau concept caractérisé par la présence active lors de ce temps collectif du clinicien aux trois temps de la démarche de soin : lors des premières rencontres, au temps institutionnel et, ensuite, pour l’accompagnement. Le GI, à ne pas confondre avec un G.I. casqué, selon la remarque d’Emmanuel Palomino, permet de couvrir le temps de l’alcool, le temps sans alcool et le temps hors-alcool, quand le sujet change véritablement de réflexes et de référents culturels. Ce groupe est également intégratif parce qu’il mélange des personnes différentes sur le plan de la personnalité et de l’appartenance sociale. Il est intégratif par la pluralité des grilles de lecture et des approches psychothérapiques. Il est enfin un groupe médiateur du lien, un groupe de psyCOthérapie et un groupe-école, pour les étudiants et les bénévoles de l’association auxiliaire du soin.

Lire la suite : Synthèse journée sur l'alcoologie