Thèmes du lundi  |  du jeudi  |  du vendredi      

Du bon usage de la philosophie politique

Il est, en définitive, facile de distinguer les sources des malheurs du monde actuel et, de dégager de ce fait, des pistes d’action alternatives.

Notre choix de pratique psy-alcoologique a été d’élargir l’approche réflexive de la problématique alcoolique à tout ce qui la détermine, en utilisant l’ensemble des grilles de lecture susceptibles de l’éclairer. 

Il n’est pas possible de comprendre les « problèmes d’alcool » sans utiliser les grilles de lecture psychopathologiques, systémiques et familiales, psycho-sociales, mais aussi les approches scientifiques, économiques, politiques et philosophiques. Les personnes qui renoncent à leur part de liberté en se conformant à l’addiction, sont assimilables à une sorte de prolétariat anesthésié, et de surcroît disqualifié par l’Opinion.

Différents intellectuels ont mis en exergue les plaies de ce que nous appelons, par euphémisme, la société hypermoderne.

Cette évolution a été voulue par l’oligarchie financière. Elle épouse de multiples formes : le pillage des ressources naturelles alors que leur mise en valeur pourrait constituer de vraies alternatives, l’absence de politiques locales autocentrées de mise en valeur écologique, économique et humaine, la multiplication et l’entretien des guerres localisées, l’exploitation et l’oppression croissante des « travailleurs », salariés ou non. La mise en avant des idéologies rétrogrades, religieuses, sécuritaires mais aussi matérialistes, la manipulation éhontée des masses par la mise en avant du sordide, de l’événementiel et de l’insignifiance, l’effondrement des bases éducatives et culturelles d’une réflexion pertinente, la politique de division et de haine entre les peuples, les ethnies, l’exploitation éhontée des fragilités humaines par l’extension de l’offre addictive, la mise en place d’une société de contrôle social par la bureaucratie numérique, la substitution des relations réelles par le nombrilisme des réseaux sociaux, l’hypocrisie érigée en Morale complètent cet état du Monde.

Notre pratique alcoologique s’inscrit dans une logique de refus de cet inacceptable crépusculaire et dans une recherche des progrès accessibles, sans exclure qui que ce soit a priori. Nous nous retrouvons dans une situation analogue à la fin des années 30. L’adversaire ne porte pas de petite moustache. Il ne gesticule pas. Il n’a pas d’uniforme. Il se situe d’abord en nous qui acceptons la dictature de l’argent et de ce qu’elle inspire. Nous refusons la violence. Nous lui préférons une philosophie politique, qui commence par la mise en question des addictions.

 

 

 

 

                                  

Les mots pour le dire

 Nous vivons une époque étrange où des mots changent de sens, d’autres sont oubliés ou interdits, d’autres, nord-américains, spécialement liés au commerce et au numérique, ajoutés. Il est toujours possible de se rassurer, avec l’aide de quelques bons verres de whisky, en se disant qu’une langue est toujours vivante, en perpétuelle gestation. Si l’on s’abstient de whisky (ou de tout autre moyen de brouiller son discernement), l’impression est moins favorable. Nous risquons alors de partager l’opinion argumentée de Madame Fatiha Boudjahlat dans « Le grand détournement ». Cette auteure cite Jean Pouillon : « Les mots, souvent vivent à l’inverse des serpents, ils changent non de peau mais de contenu ». Des exemples ?

Lire la suite : Editorial de Mars 2018

Le plus loin possible                                                                  

Je reprends pour cet éditorial de février le vœu exprimé par mon collègue François Gonnet à notre intention : aller le plus loin possible. Quelle que soit la pertinence de notre projet d’accompagnement, les efforts de conceptualisation et de transcription en termes de dossier, nos efforts concrets pour nous organiser à tous points de vue, des échéances nous attendent pour aller ‘‘le plus loin possible’’. Nous avons à être présents sur tous les fronts ouverts et, en même temps, nous protéger assez, individuellement et en tant qu’association, pour rester opérationnels.

Lire la suite : Editorial de Février

2018 newDu sourire et de la ‘‘sueur’’

L’intermède de fin d’année est achevé. Il a servi à se reposer, à prendre un peu de recul, à effectuer plus librement des tâches préparant des objectifs atteignables pour l’année à venir. La reconnaissance du C3A par les Pouvoirs publics est l’objectif n°1, même si nous n’avons pas la main pour la décision finale qui ouvrira ou fermera une porte. De nombreuses étapes intermédiaires devront être bouclées dans les prochaines semaines. En attendant, il faut continuer d’assurer correctement l’ordinaire en soutenant l’action de nos soignants et de nos aidants. Une satisfaction commence à poindre avec l’aboutissement des deux volumes des Clés pour l’après-alcool, une refonte complète de l’outil que nous avions proposé à la fin de 2011, outil épuisé depuis une grande année. Un autre sujet de satisfaction est le bon comportement d’ensemble de notre équipe, face aux difficultés rencontrées. D’autres satisfactions sont en préparation. Au fond, il suffit de se concerter pour ce qui convient et de travailler comme il convient.

Que cette année vous soit globalement douce, qu’elle soit la source de satisfactions profondes, qu’elle vous épargne malheurs et tristesse.

Lire la suite : Éditorial de Janvier 2018

Allez au cinéma !                                                

En ces journées courts, froids et pluvieux, aller au cinéma est une bonne alternative, une invitation à sortir, à se reposer des rituels de fin d’année.

De bons films sont proposés dans les salles obscures et nous avons aussi la possibilité d’en découvrir lors de notre atelier-cinéma mensuel.

Trois extraits de nos commentaires illustreront notre invite pour trois films :  Un homme intègre, de Mohamed Rasoulof (2017), Les Heures sombres, de Joe Wright (23017), Ma vie de courgette, de Claude Barras (2016). Le premier permet de réfléchir à la souplesse adaptive dans une société de contrôle social et de corruption. Le second met en valeur la résilience d’un peuple, incarnée par le saint-patron des alcooliques : Winston Churchill. Le troisième est centré dans l’enfance abandonnée, dans le contexte de la problématique alcoolique.

  1. « Un homme intègre »

Le film pose une question d’ordre éthique : jusqu'à quel point s’obstiner face à un pouvoir indifférent ou hostile ? Jusqu’à quel point s’adapter pour ne pas perdre son « âme », ou l’esprit d’un projet? Quels sont les armes et les accommodements que peut accepter un homme intégre dans une société dirigée et encadrée par des individus prisonniers consentants d’un système, quand sa survie ou la survie de ce qui lui tient à cœur est engagée ? Reza fait passer ses principes avant la prise en compte des réalités. Il fait supporter son intransigeance à ses proches. Il ne fait pas jouer son discernement. Hadis, comme la plupart des femmes, est plus réaliste. Son positionnement face à la mère de l’étudiante prend certainement en compte les règles du jeu.

Lire la suite : Editorial de Décembre 2017