AREA 31 AREA 31 AREA 31
  • Accueil
    • Actualités
  • Association
    • Qu’est-ce que l’AREA ?
    • De l'AREA au C3A
    • Henri Gomez
    • Pourquoi adhérer ?
    • Etudiants
  • Méthode de soin
    • L'offre de soin et le sevrage
    • L'aide aux familles
    • Les psychothérapies individuelles
    • L’hospitalisation brève
  • Réunions et ateliers
    • Thèmes du Lundi
    • Les groupes de parole
    • L'atelier cinéma
    • L'atelier de relations interpersonnelles
    • Recherche en alcoologie
    • Conférences
  • Librairie et cinéma
    • La librairie
    • Les fiches cinéma
    • Les fiches livres
  • Videos
  • Contact
    • Formulaire de contact
    • Plan d'accès AREA et C3A
  • Partenaires

Les fiches cinéma

Un homme intègre

Réalisation et scénario:

Mohamed Rasoulof

 Date : 2017 / Iran

Durée :130mn

Acteurs principaux :

Reza Akhiaghirad : Reza

SoudabehBelzaee : Hadis

MissaghZareh : frère d’Hadis

NasimAdahi : mère de l’étudiante

 SA

 Mots-clés : Pouvoir –oppression – mœurs−  couple–adaptation

 

 

L’Iran est sous la coupe d’un régime autoritaire islamique qui gouverne en usant de la religion et d’une milice, le Bassidj. La corruption que met en valeur « Un homme intègre » y régule les rapports sociaux. L’Iran est une puissance nucléaire, de nouveau ouverte aux échanges commerciaux. Cependant, le régime du Président Hassan Rohani suscite, comme les précédents, des mouvements d’opposition périodiques. La liberté d’opinion n’y existe pas. Le réalisateur du film, Mohamed Rasoulof a d’ailleurs eu ses six films interdits de projection dans son pays par la censure nationale.

Le récit en forme de « polar » est centré sur Reza, un homme vigoureux et obtiné, qui a quitté la capitale pour vivre en pleine campagne en faisant l’élevage de poissons rouges. Cette pratique est liée à une tradition très présente pour le Nouvel An iranien, le Norouz. L’épouse de Reza, Hadis, est directrice d’un collège de filles. C’est visiblement une femme de tête. Le couple a un petit garçon. Reza est attentif à sa famille. Il est présent comme père. Il est courageux au travail mais voilà, il a du mal à payer l’emprunt à son banquier et il refuse de graisser la patte au personnel de sa banque pour alléger ses dettes. Ses difficultés montent rapidement d’un cran : une société, la « Compagnie »,  s’intéresse à sa propriété. Un homme influent, Assad, semble attaché à sa perte.

Tous les coups sont permis et ils se multiplient. Reza s’efforce, obstinément, de garder son calme et sa ligne de conduite. Il rejoint périodiquement, au sein d’une grotte, une piscine naturelle d’eaux chaudes et bleutées. Là, seul, immergé, un verre de son alcool distillé à la main, il réfléchit et prend ses décisions.

La pisciculture voit son eau se tarir puis être carrément empoisonnée. L’ambiance devient mafieuse, oppressante. Chaque jour apporte sa pierre noire. Reza ne veut pas céder. Il apprend que son meilleur ami, enseignant, est en prison pour six ans pour avoir propagé des idées hostiles au Pouvoir. Son épouse, traductrice, doit vivre dans une voiture avec leur fillette. Consulté, un avocat de la ville lui conseille de faire la paix avec son persécuteur.

Hadis est à bout. Une tentative d’user de son influence comme directrice pour amener le potentat local à composition renforce encore l’escalade de la violence. Par précaution,  elle est accueillie avec son petit garçon chez son frère, un homme bienveillant, qui habite à proximité. La maison familiale est alors incendiée par une horde de motards de la milice.

Désormais, Reza est prêt à abandonner sa position pacifique. Subir la violence finit par susciter une violence réactionnelle, à moins qu’elle ne s’enfouisse pour ressurgir plus tard. Le dénouement ne manquera pas de surprendre.

L’oppression et le contrôle social : différences et ressemblances

 A priori, les différences entre l’Iran et notre pays sautent aux yeux. Par exemple, la consommation d’alcool y est interdite. Reza, le héros, produit lui-même de façon clandestine sa boisson alcoolisée, en injectant de l’alcool dans des pastèques qu’il camoufle dans une cache. Il déjoue ainsi l’inspection de la milice islamiste chargée de surveiller la moralité des habitants. Á la fin de l’histoire, Reza choisira de compromettre Assad, l’auteur des maltraitances qu’il subit, en le faisant passer pour un détenteur de drogue, en bénéficiant de la collusion d’un gardien de prison, qui l’aidera indirectement à se débarrasser physiquement de son ennemi. L’ambiance aura eu raison de son intégrité.

Dans nos démocraties, l’oppression sociale n’a rien à voir avec ces pratiques. Les différences sont flagrantes. Á bien y regarder, cependant, nous retrouvons de la violence dans nos rapports sociaux et des dysfonctionnements dans le formalisme des relations entre les citoyens et l’État. Il existe une pensée normative dont il est difficile de s’écarter. La mise à mort sociale se vérifie par l’extention continue des minimas sociaux, en écho de l’accroissement du chômage et de la précarité. Les relations entre les groupes d’appartenance se sont durcies. A l’inverse de l’Iran, les policiers, les pompiers, les médecins en visite peuvent être caillassés alors qu’ils portent secours.

Á un moment, Hadis écarte, sans état d’âme apparent, la mère d’une jeune élève exclue en raison de son appartenance religieuse. Pour bénéficier de l’éducation, il faut explicitement renoncer à sa religion et adopter l’Islam. Plus tard, cette jeune fille se suicidera et les autorités refuseront qu’elle soit enterrée dans le cimetière de la commune. Dans notre pays, l’exclusion s’opère avant tout par l’abaissement du niveau de l’enseignement général de base, une démagogie frileuse à l’égard de parents prenant fait et cause pour leurs enfants posant problème, et plus encore, dès que l’étudiant atteint le niveau des études supérieures, par le critère de l’argent, ce même argent qui pèse aussi dans les relations sociales en Iran. Qui peut avoir la naiveté de croire que les grands marchés se remportent en toute équité dans nos pays et  dans le monde? Comment expliquer certaines décisions aberrantes ou curieuses, sans imaginer de petits arrangements entre amis ? Si les assassinats politiques sont devenus rares en démocratie, en tant que meurtres physiques, force est de contater que les morts politiques s’y succèdent, avec cependant une différence de taille : la reconversion de l’éliminé est, plus d’une fois, aussi spectaculaire que source d’envie. Les stratégies d’empêchement sont habituellement plus douces, plus feutrées mais très efficaces aussi.

Le film pose une question d’ordre éthique : jusqu'à quel point s’obstiner face à un pouvoir indifférent ou hostile ? Jusqu’à quel point s’adapter pour ne pas perdre son « âme », ou l’esprit d’un projet? Quels sont les armes et les accommodements que peut accepter un homme intégre dans une société dirigée et encadrée par des individus prisonniers consentants d’un système, quand sa survie ou la survie de ce qui lui tient à cœur est engagée ? Reza fait passer ses principes avant la prise en compte des réalités. Il fait supporter son intransigeance à ses proches. Il ne fait pas jouer son discernement. Hadis, comme la plupart des femmes, est plus réaliste. Son positionnement face à la mère de l’étudiante prend certainement en compte les règles du jeu.

Le discernement suppose des arbitrages constants entre le sens des réalités et l’éthique.

FREUD, passions secrètes

Réalisation : John Huston

Scénario:Wolfgang Reinhardt et Charles Kaufman

Date : 1962 / USA

Durée :116mn

Acteurs principaux : Montgomery Clift (Sigmund Freud), Rosalie Crutchley (la mère de Freud), David Kossoff (le père de Freud, Jacob), Larry Patks (le docteur Josef Breuer), Susannah York (Cecily Koertner), Susan Kohner (Marta, l’épouse de Freud), Fernand Ledoux (le professeur Charcot), Eric Portman (le docteur Meynert), Allan Cuthbertson (Wilkie)

 SA/HA

 Mots-clés : psychanalyse –hystérie – hypnose−  névrose–adversité

John Huston a eu l’initiative louable de raconter le début de la carrière de Sigmund Freud. Il donne à sa réalisation, une pédagogie en images, le rythme d’un parcours tortueux et torturé. Le récit narratif est ponctué de séquences – y compris celle de l’acte manqué ! – et de cas cliniques qui ont conduit le jeune Freud à élaborer par étapes successives sa théorie de l’inconscient. Ses premières observations d’hystérie servirent à la concevoir. Il utilisa rapidement l’hypnose que pratiquait Charcot à Paris. Il travailla plusieurs années de concert avec Breuer, un collègue plus âgé, qui occupa, un temps, le rôle de mentor. Ce dernier n’eut pas l’audace de suivre Freud dans sa découverte dérangeante de la vie fantasmatique sexuelle infantile. Freud posait tout enfant comme un ‘‘pervers polymorphe’’, jusqu’au dépassement de ses conflits intrapsychiques. Il accordait une place décisive au complexe d’Œdipe pour l’avoir éprouvé face au comportement transgressif d’un jeune patient sous hypnose, Wilkie. Le patient avait été interné et il s’était suicidé par la suite. La théorie se forge aussi à partir des contre-transferts du thérapeute. Freud expliquait également l’hystérie par le refoulement des pulsions sexuelles interdites dans l’inconscient. L’alternative à ce processus mental est la sublimation des pulsions par leur symbolisation. La mythologie grecque, de ce point de vue, peut se comprendre comme une formidable fresque des fantasmes et des constructions imaginaires mettant en histoires les pulsions, les interdits, leur transgression, la honte et la culpabilité.

Huston montre bien la démarche scientifique de Freud faite d’écoute et d’observation, attentif à ce qu’exprime le patient en hypnose et à ce qu’il ressent et comprend lui-même par la relation établie. Par la suite, Freud abandonna l’hypnose, source, selon lui, de trop de suggestions de la part du thérapeute. Le film montre implicitement l’évolution vers la cure psychanalytique. Le dernier cas clinique montre bien la fécondité de la méthode et, en même temps, ses dangers, représentés par les phénomènes de transfert de la patiente vers le thérapeute.

Nous vérifions que le clinicien, par la relation établie avec le patient apprend tout autant des autres que de lui-­même.

Comme la plupart des découvreurs et des cliniciens s’éloignant de la Pensée commune, Freud fut critiqué, écarté, décrié. Le film le démontre très clairement à plusieurs moments. Les résistances du milieu professionnel et de la Société à des approches qui dérangent les façons de penser, les positions de pouvoir et les avantages qui s’y rattachent, sont inévitables. Il n’est jamais sans danger de faire dérailler le train des opinions convenues.

Le film doit beaucoup à l’interprétation de Montgomery Clift. Pourtant, ce formidable acteur est déjà très marqué par son alcoolisme. Il allait mourir quatre années plus tard. Son homosexualité était mal acceptée à Hollywood, d’autant que la beauté et l’intensité intérieure que Monty transmettait à ses personnages suscitaient de grandes passions chez les spectatrices.

La psychanalyse et l’alcoolisme

Depuis l’ouvrage remarqué des lacaniens de Mijolla et Shentoub « Pour une psychanalyse de l’alcoolisme » en 1990, qu’y a-t-il eu de notable ? Beaucoup de choses en réalité, avant et après la publication de cet ouvrage. Nous nous limiterons à quelques indications.

Pour l’essentiel, l’école anglaise a permis des avancées remarquables bien que non spécifiques dans le domaine de la psychogénèse des addictions. La pédo-psychanalyse avec notamment Donald Winnicott mais aussi les travaux sur l’attachement de Harlow et de bien d’autres, ont étayé une approche psychodynamique, illustrée notamment par Joyce Mc Dougall et Michèle Monjauze, en France. La psychopathologie attachée à la problématique alcoolique s’en est trouvée profondément enrichie, tandis que la psychosociologie française a porté de précieux éclairages. L’héritage théorique de Freud n’est pas pour autant devenu caduc. L’évolution des profils de personnalité avec la dominante des pathologies du narcissisme, des organisations limites de la personnalité, des troubles de l’humeur graves et des structurations psychotiques conforte plus qu’elle ne relativise les observations et déductions de Freud.

Nous pouvons relever que Freud s’est appuyé sur l’hypnose et la suggestion avant d’adopter les règles de la cure analytique alors que certains courants privilégiant les thérapies brèves ont voulu déconsidérer les conceptions freudiennes. Il y a eu même, en 2016, à l’Assemblée Nationale, un groupe de députés qui souhaitait en voir supprimer l’enseignement. Ils suivaient en cela l’évolution des universités nord-américaines. Les querelles entre les ‘‘écoles’’ et sociétés, l’hermétisme de certaines chapelles, les cures interminables et leur caractère onéreux ont desservi cette discipline. Pour si géniale qu’elle soit, une théorie ne peut prétendre rendre compte de la totalité du champ de son objet. L’hégémonie culturelle exercée par la psychanalyse finit par susciter d’autres courants interprétatifs du psychisme humain qui visèrent à la discréditer. Pour autant, avec beaucoup d’autres cliniciens, nous estimons que la grille de lecture psychanalytique, en référence avec les auteurs cités, est tout-à-fait utile et facilitante pour comprendre les méandres de la psyché humaine. De très nombreux ouvrages expriment cette culture et cette approche en sachant raison garder.

Eddie the eagle (Eddie l'aigle)

Réalisation : Dexter Fletcher

Date : 2016 / Royaume-Uni, Etats-Unis, Allemagne

Durée : 105 mn

Acteurs principaux : Taron Egerton (Eddie « l’aigle » Edwards), Hugh Jackman (Bronson Peary), Keith Allen (le père d’Eddie), Jo Hartley (la mère d’Eddie), Iris Berben (Petra), Christopher Walken (Warren Sharp)

SA/HA

Mots clés : Optimisme, persévérance, rédemption, échec, amitié

 

Histoire

Elevé dans une famille modeste, Eddie vit dans un climat familial plutôt favorable. Il entretient de bonnes relations avec ses parents, surtout avec sa mère. Eddie a un handicap physique, et une passion pour les jeux olympiques. Il ne considère pas pour autant les deux comme étant inconciliables. Son handicap physique n’altère pas sa motivation, bien que son but paraisse irréaliste voire risible. Les nombreux échecs d’Eddie dans diverses tentatives sportives sont figurés par ses lunettes cassées qui s’amassent dans une boîte.  

Eddie persévère dans son aspiration de vie malgré les obstacles. Son père est agacé par les lubies de son fils, il essaie de le raisonner en lui faisant comprendre que les objectifs qu’il se fixe sont inatteignables. Le père d’Eddie est matérialiste, pragmatique, bourru, car il se soucie de la réussite sociale de son fils. Il souhaite que ce dernier obtienne un diplôme et s’insère dans la vie professionnelle, plutôt que de renier l’héritage paternel dans la maçonnerie. Ses intentions sont bonnes, mais si Eddie avait choisi cette voie, il aurait certainement été malheureux. La mère d’Eddie soutient davantage le rêve de son fils, tout en demeurant réaliste. La confiance que sa mère lui porte confère à Eddie une source d’étayage qui renforce sa motivation et sa propre confiance en lui.

Malgré quelques réussites, Eddie demeure très maladroit et est perçu comme n’étant pas à sa place, comme n’ayant pas le potentiel d’un athlète. Le jeune homme découvre alors un nouveau sport, le saut à ski, ainsi que les dangers que ce sport extrême implique. Eddie souhaite représenter son pays dans cette discipline, il est persuadé qu’il peut y arriver, quand bien même tout le monde lui dira que c’est impossible, ce qui par ailleurs tient du bon sens. Il n’a qu’une idée en tête, à la limite de l’obsession : participer aux jeux olympiques. Plus on lui dit « jamais vous n’y arriverez, vous n’êtes pas un athlète », plus cela décuple sa ténacité et sa persévérance pour y arriver et dépasser les humiliations. L’injustice des refus et l’hypocrisie qui les accompagne le poussent au dépassement de soi.

Eddie est simple d’esprit et peu adapté socialement, à la manière de Forrest Gump, mais il n’est pas stupide. Il est irréfléchi, imprudent, et n’a pas conscience de la difficulté de sa tâche. Il est aussi authentique, crédule, spontané, généreux, et foncièrement optimiste. Il ne se pose pas de questions inutiles, il n’est pas complexé, il va droit au but.

Lorsqu’Eddie arrive en Allemagne, il commence à mûrir. Il rencontre Bronson Peary, un homme désabusé, aigri, pessimiste, et alcoolique. Eddie apprend que Bronson excellait au saut à ski dans sa jeunesse, mais que ses problèmes d’alcool lui ont coûté sa carrière d’athlète et l’amitié de son propre mentor. Bronson est devenu un « réaliste-blasé », c’est-à-dire un pragmatique qui n’ose pas prendre de risques audacieux, qui a renoncé à ses rêves et qui n’est plus que l’ombre de lui-même.

Eddie se différencie d’emblée de Bronson par son désintérêt pour l’alcool et la sexualité. Pourtant, une relation de co-dépendance positive se noue progressivement entre les deux personnages, qui développent une complicité lors de leurs sessions d’entrainement. Eddie souhaite bénéficier de l’expérience de Bronson, il perçoit davantage les qualités de cet homme que ses défauts. Bronson commence à se soucier d’Eddie, il le prend sous son aile et souhaite l’aider à accomplir son rêve. L’amitié d’Eddie et son rôle de coach auprès du jeune homme lui permettent de donner du sens à sa vie, de sortir de son enfermement, de reprendre confiance en lui et en l’autre, et finalement d’avoir le courage de renoncer à l’alcool.

Lors d’une scène spectaculaire, Bronson réalise une performance irréaliste en sautant du tremplin de 90m (le plus haut et le plus dangereux), avec une cigarette à la bouche et en étant alcoolisé. Concrètement, il est peu probable que cet exploit soit possible en état d’ébriété. Métaphoriquement, Bronson montre l’exemple à Eddie en lui prouvant qu’il est capable d’accomplir l’impossible du moment qu’il croit en lui et ne se laisse pas atteindre par le mépris de autres sportifs.

Eddie prend cette leçon trop à la lettre et a un grave accident à cause de sa témérité et de son insouciance. Suite à cet accident, il aurait pu développer un traumatisme et choisir de renoncer au saut à ski pour préserver sa vie. Pourtant, l’échec fait partie du processus d’apprentissage. Eddie est suffisamment lucide pour comprendre qu’il doit persévérer face à l’adversité et qu’il a besoin d’aide pour parvenir à son but. Il se différencie des autres sportifs imbus de leur personne en affichant un bel esprit d’équipe, et surtout en privilégiant l’accomplissement personnel et le plaisir du sport plutôt que la compétition et la réussite sociale.

Malgré la pression sociale du comité olympique britannique ou des autres athlètes qui cherchent à dissuader ou ridiculiser Eddie, ou encore le milieu sportif qui le dénigre parce qu’il n’a pas le profil typique d’un athlète, le jeune homme est apprécié par les médias pour son authenticité et son courage. Il réalise une prouesse en gagnant un nouveau record, suscitant la fierté de ses parents et obtenant ainsi la reconnaissance qu’il mérite. Par extension, Bronson regagne l’estime de son propre mentor. Même le champion mondial du saut à ski reconnaît la valeur d’Eddie en le traitant comme son égal : « On est comme deux aiguilles placées sur 13 h et 11 h. On est proches l'un de l'autre et loin des autres. Gagner, perdre, c'est pour les petits. Nous deux, on saute pour libérer notre âme. Nous seuls pourrons entrer dans l'histoire. Si on n'est pas au max, devant le monde entier... ça nous tuera intérieurement. Pour toujours. »

 Intérêt en alcoologie : La force de l’optimisme

Eddie est présenté comme un personnage profondément optimiste. Il ne se laisse pas facilement décourager par ses propres échecs, ni par le mépris des autres envers lui. Il ressent de la fierté et de l’encouragement à chaque fois qu’il se surpasse. Il fournit sans cesse des efforts pour atteindre ses objectifs, alors que ces derniers semblent peu réalisables et réalistes. Il trouve facilement des solutions à ses problèmes, en dépit des contraintes que cela peut représenter, car il considère toujours la réussite comme une option possible. Il apparaît comme une personne idéaliste, naïve et un peu niaise. L’optimisme d’Eddie repose peu sur l’esprit critique, mais plutôt sur son plaisir de vivre, sa confiance en soi, et sa bienveillance.

Bronson est l’opposé d’Eddie. Il est cynique, pessimiste, blasé, rongé par ses échecs et se réfugie dans l’alcool pour supporter son existence. Il est rejeté par les autres, il vit seul et semble s’en contenter. L’optimisme du jeune homme déteint sur lui, Bronson accepte qu’Eddie rentre dans sa vie et sort de son isolement social. C’est au contact d’Eddie qu’il commence à reprendre peu à peu goût à la vie et à sortir de son alcoolisme.

Alors que tout semblait contre lui, Eddie a bénéficié de trois atouts majeurs : le soutien inconditionnel de sa mère, sa persévérance et le tutorat d’un ancien champion de saut à ski. Eddie illustre parfaitement les paroles de Pierre de Coubertin, fondateur des JO en 1896 : « Le plus important aux Jeux Olympiques ce n’est pas de gagner mais de participer. L’important dans la vie ce n’est pas le triomphe mais le combat. »

Plus d'articles...

  1. Workers (Une vie de chien)
  2. I wish, nos vœux secrets
  3. L’enjeu (State of the Union)
  4. The immigrant
  5. Ce qui nous lie
Page 59 sur 69
  • Démarrer
  • Précédent
  • 54
  • 55
  • 56
  • 57
  • 58
  • 59
  • 60
  • 61
  • 62
  • 63
  • Suivant
  • Fin

Copyright © 2026 area31.fr - Tous droits réservés - Mentions légales
AREA 31 - Association de Recherche et d'Entraide en Alcoologie, en addictologie et en psychopathologie