AREA 31 AREA 31 AREA 31
  • Accueil
    • Actualités
  • Association
    • Qu’est-ce que l’AREA ?
    • De l'AREA au C3A
    • Henri Gomez
    • Pourquoi adhérer ?
    • Etudiants
  • Méthode de soin
    • L'offre de soin et le sevrage
    • L'aide aux familles
    • Les psychothérapies individuelles
    • L’hospitalisation brève
  • Réunions et ateliers
    • Thèmes du Lundi
    • Les groupes de parole
    • L'atelier cinéma
    • L'atelier de relations interpersonnelles
    • Recherche en alcoologie
    • Conférences
  • Librairie et cinéma
    • La librairie
    • Les fiches cinéma
    • Les fiches livres
  • Videos
  • Contact
    • Formulaire de contact
    • Plan d'accès AREA et C3A
  • Partenaires

Que faire de la honte ?

18-09-2023

 

La honte est une thématique récurrente au sein de notre groupe. Il n’est pas inutile de réexaminer cette notion, alors que nous accueillons une équipe de stagiaires.

La honte se rattache au regard social. Elle est une émotion et plus encore un sentiment réactionnel au regard qui juge, en fonction des stéréotypes de conformité et de morale. Nous avons longtemps adhéré à l’idée que les pervers n’éprouvaient pas de sentiment de culpabilité. Ils ressentaient de la honte quand leurs actions étaient identifiées et dénoncées. Aujourd’hui, ce sont eux qui essaient de faire honte. Ils énoncent la norme.

Quand le poison de la honte s’installe dans un esprit, tout peut devenir source de honte : la pauvreté, l’absence de relation sociale, la situation professionnelle et familiale, les caractéristiques physiques et intellectuelles, l’âge et les échecs rencontrés. La personne touchée par la honte doit supporter, en supplément une avalanches de conseils. Une illustration de cette attitude se retrouve dans un ouvrage récent promettant d’arrêter de boire en cinq étapes. Le lecteur est confronté à une avalanche de conseils, souvent pertinents mais déprimants par leur nombre. À se demander si le livre n’est pas un produit de l’intelligence artificielle.

Faire honte est une arme de dévalorisation de l’autre. Elle peut laisser des traces indélébiles quand elle s’adresse à un individu trop jeune et trop isolé pour résister. Les réseaux sociaux n’ont fait qu’amplifier cette habitude de cours d’école et de famille narcissique.

La honte est portée par l’idéologie dominante. Elle peut obscurcir et entraver toute velléité d’esprit critique et de bon sens. Elle suppose l’absence d’empathie et un contentement agressif de soi. Un titre d’ouvrage comme celui de madame Despentes, Cher connard, célébré par les minorités actives et la Bibliothèque Nationale de France, laisse songeur.

Quoi qu’il en soit, apaiser le sentiment de honte, lui substituer l’esprit critique et la bienveillance font partie des objectifs thérapeutiques prioritaires face à toute les problématiques concernées par la dévalorisation sous toute ses formes.

Êtes-vous aujourd’hui concerné(e) par la honte ?

Pour quelles raisons ?

Le discernement : à quoi bon ?

11-09-2023

Le 30 novembre, nous examinerons avec Pierre Bayard à la salle Gascogne du Conseil de Région, la question du discernement. Compte tenu de l’esprit des œuvres de cet auteur, professeur de littérature et psychanalyste, qui publie ses livres à la collection paradoxe, aux éditions de Minuit, nous avons choisi cette présentation paradoxale… pour approfondir la notion.

Pour nous, le discernement associe deux fonctions différentes et équilibrées de notre cerveau : la raison et l’intuition, l’observation et la sensibilité, des connaissances suffisantes et du bon sens.

Vivre après l’alcool fait du discernement la 3è clé (p 59 à 82). Nous pouvons y renvoyer. Nous concevons aisément qu’il s’agit d’une clef d’un trousseau de 7.

Pourquoi le « à quoi bon » ?

Nous pouvons constater qu’une immense majorité ne se soucie nullement du discernement et, encore moins, de le prolonger par une mise en acte. Une attitude très répandue consiste à critiquer, à dénoncer, ou, au contraire, à suivre aveuglément les consignes. Après la démonstration d’école réalisé par le Covid, il est difficile de s’illusionner.

Certaines personnes semblent acquises, au contraire, à combattre le discernement sous toutes ses formes, par intérêt ou facilité. Entretenir une addiction, se positionner en victime, justifier une position d’abus ou de privilège par le déni et l’égocentrisme constituent des façons très efficaces de neutraliser ses capacités de discernement. Il y a l’art et la manière de rester à la surface des problèmes ou de les contourner. Les modes de prise en charge concernant les addictions et la conception même de l’addiction témoignent que le discernement n’est pas une préoccupation.

L’inertie sociale et politique, collective et individuelle, peut conduire à l’opinion qu’il est inutile de combattre là où il est certain d’échouer. Le discernement tend à devenir alors une affaire personnelle d’autodéfense, à faire vivre à l’écart des regards inquisiteurs.

Quelles sont les conditions et l’état d’esprit appropriés pour que le discernement donne des réponses concrètes au « à quoi bon » ?

Racines et déracinement

04-09-2023

N’importe quelle thématique offre des correspondances avec le champ des addictions. La question des racines et du déracinement en fournissent une illustration de plus.

Du point de vue alcoologique, l’approche par le prisme des racines a une importance qui a été niée par l’absorption de l’alcoologie dans le cadre de l’addictologie. L’approche neurocomportementale fait l’impasse sur les significations culturelles, identitaires et économiques de la vigne et du vin.

Nous défendons l’idée que le vin ou la bière ou des alcools forts peuvent non obligatoirement susciter ou remplacer des dépendances. Il n’en est pas de même pour les drogues hallucinogènes ou psychostimulantes qui ont pour propriétés recherchées de fidéliser le client en épongeant ses ressources, tout en aggravant ses difficultés psychosociales. Leur commerce se développe dans un cadre transgressif dépourvu de toute signification identitaire, sinon d’arrière-pensées politiques. Le cannabis, de ce point de vue a une place à part, dans la mesure ou il reflète une culture, même s’il fait l’objet d’une répression dans le pays producteur. À bien y regarder, le caractère extensif et contraignant de la dépendance numérique génère des problèmes relationnels et sociétaux qui ajoutent leurs spécificités au handicap des addictions encouragées par les Pouvoirs publics. Tout ceci pour dire que l’alcoologie a des racines culturelles qui justifient une considération particulière pour les personnes devenues dépendantes de l’alcool. Nous pouvons rapprocher la problématique alcoolique des troubles du comportement alimentaire, avec leur statut de solution devenant problème, en révélant des souffrances et des difficultés justifiant une aide appropriée.

Qu’en est-il des racines et du déracinement ? Un auteur comme Amin Maalouf, originaire du Liban et membre de l’Académie Française, a eu la patience et les moyens d’effectuer une recherche généalogique qui lui a permis de découvrir ses ancêtres jusqu’aux premiers temps du christianisme, avant même l’édification de l’Eglise romaine. Pour le commun des mortels, il suffit de savoir que nos ancêtres étaient africains : ils avaient les yeux bleus et une peau de couleur noire. C’est du moins ce qui a été établi par les anthropologues.

Tristan Bernard, qui ignorait tout du séquençage de l’ADN, estimait à propos d’un jeune homme qu’il était le fils de son père ou du moins d’un monsieur disposant de gros sourcils.

Les déracinements sont devenus la norme au fil des vagues migratoires et de la mondialisation heureuse. Quelle importance, au fait, d’être le produit d’un consanguinité ou d’un mélange plus ou moins caractérisé ? Le racisme cultive le mythe des pures origines comme si l’identité se limitait au caractéristique les plus visibles, fussent-elles vestimentaires.

J’avais lu, peu après l’indépendance de l’Algérie, le livre de Marie Cardinal, Au pays de mes racines. À la différence de mon père qui avait construit sa vie sur cette terre, où sa famille s’était fixée pour vivre mieux, je m’étais construit familialement et, tout autant sinon plus, grâce à l’école. Traverser la Méditerranée a été ma manière de rejoindre le pays de mes racines culturelles. En dépit de mes origines généalogiques et géographiques, je ne me sentais ni espagnol ni algérien. La culture française ayant une dimension d’universalité. Les frontières n’avaient qu’un intérêt relatif. Fondamentalement, toute culture était respectable, comme le choix de supporter une équipe. Ce qui l’est moins, à mes yeux a été la bouillie cultuelle déversée par la culture libérale-libertarienne venu de l’Ouest. Mes racines sont Toulousaines par lien affectif. J’aurais pu aussi bien devenir breton, alsacien ou basque en m’enrichissant respectueusement de tout ce qu’aurait pu m’apporter la culture de ces régions, en faisant le tri entre qui pouvait me densifier et ce qui pouvait faire de moi un ectoplasme. J’ai souffert pour mon père, et uniquement pour lui, du déracinement et des discours bien-pensants.

C’est aujourd’hui que je vis un déracinement par l’acculturation néolibérale, la marchandisation de l’environnement, l’anomie des mégapoles, la multiplication des produits addictifs, la dépersonnalisation numérique, la revendication d’identités communautaristes, cette attaque en règle de l’indépendance intellectuelle et du lien social.

Chacun s’exprimera comme il l’entend sur ses racines et ses déracinements, sur ses rapports avec la vigne et le vin.

Plus d'articles...

  1. Le proche le plus proche
  2. Famille, je vous aime, famille je vous hais
  3. Comprendre et dépasser les dépressions
  4. La parole qui détruit
  5. Le sens du collectif
Page 28 sur 82
  • Début
  • Précédent
  • 23
  • 24
  • 25
  • 26
  • 27
  • 28
  • 29
  • 30
  • 31
  • 32
  • Suivant
  • Fin

Copyright © 2025 area31.fr - Tous droits réservés - Mentions légales
AREA 31 - Association de Recherche et d'Entraide en Alcoologie, en addictologie et en psychopathologie