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Une jeune fille qui va bien

Scénario et réalisation :  Sandrine Kiberlain

Date : 2021

Durée : 98 mn

Acteurs principaux :

Rebecca Marder : Irène, la jeune-fille

Anthony Bajon : Igor, son frère

Cyril Metzger : Jacques, son amoureux

André Marcon : André, le père

Françoise Widhoff, Marceline, la grandmère

Indian Hair : Viviane, l’amie

SA

Mots clés : Occupation – antisémitisme – jeune-fille – judéité - famille

unejeunefille

C’est l’histoire d’une jolie et gracieuse jeune fille juive qui a 19 ans, alors que Paris est occupé par l’Allemagne d’Hitler. Elle prépare avec d’autres jeunes gens le concours d’entrée au Conservatoire pour entreprendre une carrière théâtrale. Les premières scènes de répétition correspondent à une pièce de Marivaux, L’épreuve. 

Rebecca a la vivacité d’une jeune fille de son âge. Elle a un frère, un bon frère, Igor, étudiant besogneux, amoureux transi, qui joue de la flûte traversière dans un orchestre amateur. Elle vit une sympathique complicité avec une grand-mère d’esprit manifestement indépendant. Cette dernière a fumé du tabac et il n’est pas certain qu’elle ne fume pas en cachette, de temps à autre. Irène s’entend également très bien avec son père, André, qui fait bouillir la marmite par un emploi administratif à responsabilité. Il amène des dossiers chez lui. Elle le rejoint régulièrement sur un banc public pour un moment d’échange. Elle a des amies, des amis.

Le spectateur suppose que sa mère est morte depuis un moment. 

Il est temps pour Irène de tomber amoureuse, ce qui ne manque pas d’arriver. Son autre préoccupation est d’être admise au Conservatoire. Elle mobilise toute la famille et une amie à cet effet.

Mais voilà, la France est occupée, c’est la Collaboration et les discriminations infamantes se succèdent : la carte d’identité est tamponnée en rouge du mot « Juif ». Les radios, les moyens de communication et les véhicules, vélos compris, sont confisqués. L’étoile jaune doit être portée visiblement sur la veste ou le manteau…  Cependant, Irène continue sa vie de jeune fille qui va bien.

Cherchons l’erreur

Ce film, réalisé avec délicatesse par Sandrine Kiberlain peut et doit faire réfléchir. L’Histoire ne pouvait-elle que s’écrire ainsi ? Il est facile de refaire l’Histoire, cependant, nous pouvons nous interroger sur la passivité des uns et des autres. 

La France, notre pays, venait de prendre une « dérouillée ». Elle était stupidement en retard d’une guerre avec sa ligne Maginot qui laissait passer au nord, via la Belgique, les blindés et l’infanterie, pendant que l’aviation pouvait larguer bombes, parachuter des soldats et mitrailler les civils sur les routes de la Débâcle. Dans ce genre de situation, le déni de ses propres errements se complète souvent de la recherche d’un bouc émissaire. 

Les juifs ne pouvaient être regardés de haut car nombre d’entre eux se signalaient par des talents hors du commun que ce soit dans le domaine musical, littéraire ou scientifique. Il y avait des juifs pauvres et modestes mais une partie de la population faisait une fixation sur les fortunes juives constituées dans le secteur des affaires. Le Front populaire, source d’avancées sociales aussi considérables que les Congés payés et la Semaine des 40 heures étaient le fait d’un premier ministre juif, Léon Blum, ce qui ne pouvait satisfaire la bourgeoisie, grande, petite et moyenne, conservatrice et envieuse.

Le sentiment anti-juif était entretenu par une partie de l’Eglise catholique pour la raison que le peuple élu de la Bible avait laissé crucifier le Christ.

Il est consternant qu’un Clergé ait pu donner force à la doctrine du peuple déicide. Jésus était juif. Son discours ne pouvait qu’inquiéter le Clergé juif, les saducéens. Il aurait été surprenant qu’il eut une fin différente et, sans cette fin sublimée, l’histoire se serait arrêtée à un fait divers : un rabbin un peu fou, ou du moins hors normes, a eu le sort que ses diatribes égalitaristes et paradoxales méritaient. Un chrétien, par définition, ne peut être antijuif, à moins de graves troubles du discernement, puisque le premier d’entre eux a été un juif, un juif nourri de la culture de son milieu et de son Temps, universaliste au demeurant, non-violent, antihiérarchique, ouvert aux rejetés, dédaigneux du pouvoir et des « biens de ce monde », attentif à l’esprit d’enfance.

La hiérarchie juive a sa part de responsabilité également, comme essaya de le signifier Hannah Arendt à propos des Hongrois. La hiérarchie aurait dû appeler la population juive, pratiquante et non pratiquante, à descendre dans la rue dès la première mesure de discrimination. Elle aurait dû appeler les chrétiens et les laïcs de tout bord à se rassembler pour refuser collectivement le délire de la race supérieure dès ses premières mises en acte. La politique du dos rond était à l’évidence suicidaire face aux nazis. Le choix se situait entre la fuite et la résistance. Si j’avais été juif et célibataire, j’aurais fui (du moins, je l’espère) pour rejoindre de Gaulle et si j’avais eu une famille, j’aurais tenté de rejoindre l’Amérique.

La défaite militaire est une chose. La soumission à une politique de discrimination et d’extermination en est une autre. Il est faux de prétendre que les hiérarchies religieuses et politiques ignoraient ce qui se passait dans l’Allemagne nazie. Les défilés nazis et la Nuit de cristal étaient connus du monde entier. Maints écrits de l’époque relataient l’organisation des camps d’extermination, d’abord contre les malades psychiatriques et les handicapés. Le Vatican savait. 

Une scène pénible de ce film très sobre dans son écriture se passe dans une boulangerie. La grand-mère va chercher du pain. Du pain il y en a plein les rayons et elle entend la boulangère lui dire qu’il n’y a pas de pain. Les clients silencieux ne disent rien. Ils continuent d’attendre leur tour. De mon point de vue, il y avait deux attitudes possibles pour un non-juif, soit interpeler la commerçante et faire un scandale, soit courir après la grandmère donner son pain et lui dire sa honte en pleurant. À cet instant-là, c’est précisément le Christ que la boulangère assassine. Elle est solidaire de la Race supérieure.

La question fondamentale des Temps modernes face à la Shoa a été formulée, après coup, par Pierre Bayard dans son livre : Aurais-je été résistant ou bourreau ? 

Cette question garde toute sa force par le biais de l’analogie. Le « moi » et « ma famille d’abord », le dos rond sont des comportements très compréhensibles en situation de danger ou de restriction alimentaire. Mais justement, l’éthique, chrétienne ou non, intervient dans ces situations-là. Quand tout va bien, elle est moins nécessaire.

La société actuelle pratique le « moi d’abord », « ma famille » ou « ce qu’il en reste d’abord », sans vision d’ensemble, alors que le rouleau compresseur continue d’avancer.

Sans esprit critique, le rouleau compresseur reste invisible ou banalisé. Le dos rond reste l’attitude privilégiée. Chacun dispose confortablement d’un bouc émissaire. Et puis, on n’y peut rien, n’est-ce pas ?

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Shutter Island

Réalisation : Martin Scorsese

Scénario : Laeta Kalogridis, d’après le roman de Dennis Lehane

 

Date : 2010         EU         Durée : 138 mn

Acteurs principaux :

Leonardo Dicaprio : Teddy Daniels

Mark Ruffalo : Chuck Aule 

Ben Kingsley : Docteur Cawley 

Michelle Williams : Dolores Chanal 

Emily Mortimer : Rachel Solando 

                                                                                    

Mots-clés : thriller – psychologique -enquête – suspens – traumatisme – vérité 

shutterisland

Ce thriller psychologique se déroule en 1954 où Teddy Daniels et Chuck Aule, deux officiers du corps fédéral des marshals, débarquent sur une île qui se nomme « Shutter Island ». Sur cette île, se trouve le centre de détention psychiatrique Ashecliffe où sont enfermés les patients les plus dangereux. L’objectif de leur mission est d’enquêter sur la mystérieuse disparition d’une des patientes de cet hôpital du nom de Rachel Solando. Elle a été internée car elle aurait noyé ses trois enfants. La question à se poser est : comment aurait-elle pu sortir d’une cellule fermée de l’extérieur ? Le seul indice dont disposent les deux officiers à propos de cette disparition pourrait être un bout de papier où est griffonée une suite de chiffres mêlée à des lettres.

Martin Scorese, le célèbre réalisateur, semble adopter les caractéristiques d’un polar aux accents retro. La progression donne une toute autre dimension. 

« Ce qui fait, sans aucun doute, en grande partie la réputation de Shutter

Island c’est la complexité de son intrigue, tortueuse à souhait, qui parvient sans cesse à égarer le spectateur quand il commence à peine à retrouver ses repères et à s’orienter. »

Au premier plan, nous avons les deux marshals qui essaient de résoudre l’enquête à propos de la fameuse disparation de Rachel Solando mais plus nous avancons dans le film et plus l’intrigue et l’enquête passent au second plan. Par la suite, elle laisse place à l’évolution de l’état de conscience du personnage interprété par Leonardo DiCaprio dont nous pouvons ressentir ses tourments et traumatismes. Vérité et prise de conscience apparaissent à Teddy Daniels durant sa visite de l’hôpital psychiatrique finissant par nous dévoiler la véritable identité de ce personnage, qui semble avoir refoulé des souvenirs indispensables à la compréhension de son passé. 

Ainsi Shutter Island nous perd dans un labyrinthe mental hypnotisant et prenant. Le deuil, le traumatisme et la culpablité sont représentés avec réussite, nous vivons les émotions avec Teddy Daniels et tout comme lui nous cherchons à connaître la vérité. 

La psychiatrie, univers carcéral ; la vie mentale comme prison Dans les années 1900, les personnes atteintes d’une maladie psychique sont des écartés voire même des oubliés de la société. Il était admis de les transformer en légumes par la lobotomie. Dans Shutter Island, le Docteur Cawley essaie d’aider ses patients par d’autres méthodes. Les personnes internées avaient la possibilité d’évoluer. Le Dr. Cawley laissait une liberté à la prise de décision au patient. Selon lui, il est persuadé qu’on peut travailler avec le cerveau, plutôt que contre le cerveau. Le personnage inteprété par Ben Kingsley était dans le nonjugement avec ses patients, il avait confiance en la capacité de chacun à changer. Il a mis en place des thérapies innovantes et créatives ; plutôt que de passer par des méthodes radicales. 

Une citation du film : « Qu’y a-t-il de pire ? Vivre en monstre ou mourir en homme bien ? ». 

Sans doute, peut-il se concevoir une alternative moins tranchée.

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Le diabolique docteur Mabuse

Réalisation et scénario : Fritz Lang, et collaborateurs, d’après l’ouvrage de Norbert Jacques

Date : 1960      Allemagne – France- Italie       

Durée :   105 mn                                              

Acteurs principaux :

Wolfgang Preiss : Dr Mabuse, Pr Jordan

Peter Van Eych : Henry Travers, 

Dawn Adams: Marion Menil

Gert Fröbe : le commissaire Kras

Werner Peters : le faux assureur

Jean-Jacques Delbo : Cornelius

Howard Vernon : le tueur

SA

Mots-clés : Voyeurisme – destruction – surveillance – manipulation - totalitarisme

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Fritz Lang a donné trois fois vie à son personnage « diabolique » du Docteur Mabuse, en 1922 (Dr Mabuse, le joueur), en 1933 (Le testament du Dr Mabuse), en 1960 (Le diabolique Dr Mabuse). À trois reprises, Lang met en exergue trois menaces : la spéculation boursière, dès 1922 (on sait ce qui s’est passé en 1929), la montée du nazisme (et au-delà des systèmes totalitaires) pour le second, et le risque engendré par le nucléaire, en 1960. Ayant fait mourir Mabuse dans « Le testament », il le ressuscite sous la forme d’un continuateur, le professeur Jordan, double de Mabuse, alias Cornelius un voyant malvoyant. 

Le continuateur nihiliste, poussé par sa rage de détruire un monde qu’il juge corrompu a pris l’aspect d’un psychiatre, directeur d’un établissement. Son lieu d’action principal est un hôtel de luxe, transformé jadis par les nazis, en piège par un système de surveillance à base d’écrans et de glaces sans tain. Il prend aussi l’apparence de Cornelius pour tisser la trame du piège tendu à un richissime industriel américain venu en Allemagne acheter des centres nucléaires. 

L’appât est constitué par une jeune femme dépressive, Marion, qu’Henry Travers, l’industriel sauve d’un suicide imminent.

L’action se concentre dans l’hôtel, véritable société de surveillance, voyeuriste qui peut se résumer par cette formule : « Voir sans être vu, faire voir ce qui n’a pas d’importance et voir ce qui ne doit pas être vu ».

Le film, à côté d’une intrigue policière, assez classique et bien menée, pose la question de l’aveuglement des sociétés, dans le double sens de cécité, face aux dangers et aux démissions, et de processus actifs et organisés pour empêcher d’y voir clair.

Transposer cette réflexion à la problématique alcoolique est relativement simple :

Le système de communication met en avant des faits divers pour masquer les phénomènes de fond rattachés à une société ignorante d’elle-même et des nuisances qu’elle développe. Les addictions en font partie.

En 1960, Lang avançait la perspective pour un fou de faire sauter une centrale nucléaire. Nous y sommes presque aujourd’hui. Au-delà, il réalise une description de la société de surveillance et d’illusions qui s’est mise en place. Les addictions participent à ce monde.

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