Réalisation : Claude Barras

Scénario : Céline Sciamma, d’après « Autobiographie d’une courgette », roman de Gilles Paris

Date : 2016 / Fr-Suisse

Durée : 66mn

Acteurs principaux (voix) :

Gaspard Schlatter : Courgette

Sixtine Murat : Camille

Paulin Jaccoud : Simon

Michel Vuillermoz : Raymond

Paul Ribera : Ahmed

Brigitte Rosset : Tante Ida

Monica Budde : Mme Papineau

Natacha Koutchoumov : La mère de Courgette

A/SA/HA

Mots clés : Alcoolisme – maltraitance – abandon – solidarité - résilience

 

Commentaire du Dr Henri Gomez

 

Ma vie de courgette est un film d’animation qui a demandé un travail colossal si on en croit la technique mise en œuvre et les chiffres indiqués. Les statuettes furent filmées image par image et déplacées très légèrement pour donner l’illusion du mouvement. Neuf animateurs spécialisés furent mobilisés sur quinze plateaux de tournage différents. Le coût de la production a largement dépassé les 6 millions d’euros. Le film a reçu de nombreuses récompenses et il a suscité plus de 600000 entrées dans les salles de cinéma en France, les deux premiers mois de sa projection. Le film parle aussi bien aux enfants qu’aux adultes.

Courgette, de son vrai prénom Icare, subit une maltraitance au moins psychologique sous l’emprise d’une mère alcoolique, en conflit avec son amant, qui semble lui préférer la TV. Il vit au milieu des cannettes de bière vides et se relie à un cerf-volant sur lequel il a dessiné la figure de son père disparu, avec une cape de héros. En repoussant la trappe commandant l’accès du grenier où il se réfugie, il provoque la chute mortelle de sa mère dans l’escalier, montant de fait pour lui flanquer une rouste. Il est, peu après, conduit par un policier moustachu, Raymond, dans une maison spécialisée pour enfants maltraités ou abandonnés. Il est accueilli sobrement par la Directrice, Madame Papineau et par une jeune éducatrice. Parmi les enfants, il se heurte à l’hostilité de Simon qui voudrait s’imposer en chef de bande et qui veut savoir pourquoi il a été placé de la sorte…

 

De la maltraitance à la résilience affective

L’histoire est sans surprise, pédagogique, et en même temps touchante. Les marionnettes ne sont que trop humaines et les effets de reconnaissance ou d’identification en sont poétiquement facilités. Les histoires ne sont que trop vraies, mais il y a place pour d’autres sentiments que la colère ou le désespoir. Les enfants sont capables de résilience. Dans un cadre éducatif souple et contenant, avec les tuteurs de résilience que sont le policier, la Directrice, les éducateurs et même le Juge, ils peuvent évoluer, se confier leurs misères, s’amuser et danser, éprouver des sentiments d’amitié et d’amour. L’évolution parallèle de Raymond, le policier va aboutir à une double adoption, celle de Courgette et de son amie Camille. Raymond, en l’occurrence, a fait l’objet d’au moins un abandon, celui d’un fils parti au loin, sans donner de nouvelles. Cette fin fait penser à celle de Moonrise Kingdom, avec l’adoption du scout fugueur, Sam, par le solitaire et laconique Capitaine Sharp. Dans les deux cas, il s’agit d’une adoption tardive, en connaissance de cause, de part et d’autre. La créativité solidaire des enfants évoque la fratrie de Nanny Mc Phee.

Le message est sévère pour les parents qui ne sont pas à la hauteur de leurs responsabilités. La mère alcoolique n’est pas épargnée.

La signification du film est cependant très positive : le pire n’est pas une fin assurée, même quand l’histoire est très mal engagée.

Question subsidiaire : de nombreux cas de maltraitances ou de carences parentales provoquent quotidiennement des dégâts psychoaffectifs chez les enfants, compromettant leur avenir. Le système de la garde alternée est-il le meilleur quand les parents séparés manifestent des insuffisances éducatives et affectives manifestes ? Les ambiances traumatiques, souvent, ne sont pas assez caractérisées pour justifier un placement dans une structure humainement équipée. De telles structures apportent-elles les garanties nécessaires ? Comment éduquer à la parentalité ? Certaines de ces enfances feront le lit des conduites addictives et de l’alcoolo-dépendance. Et la boucle sera bouclée.  

 

Commentaire de Bénédicte Sellès

 

 

L’histoire

Ce film d’animation dépeint la vie d’Icare, un garçon de neuf ans qui préfère se faire appeler « Courgette ». Courgette vit avec sa mère, une femme alcoolique qui le néglige. Sa triste vie bascule lorsque sa mère meurt accidentellement. Raymond, un policier, prend la déposition de l’enfant pour ensuite l’emmener dans un orphelinat. Courgette est intimidé par cette nouvelle situation, il éprouve des difficultés à échanger avec les autres enfants. Jusqu’au jour où une nouvelle enfant arrive à l’orphelinat, Camille, dont Courgette tombe amoureux. Ces enfants qui n’ont plus de parents vont apprendre à se découvrir à travers les liens de solidarité qu’ils créent entre eux et avec les adultes bienveillants de l’orphelinat.

Intérêt en alcoologie

Le film illustre de manière intelligente et sensible le point de vue d’un enfant sur l’alcoolisme parental. La mère de Courgette est négligente, peut-être même maltraitante. Le jeune garçon ressent de l’ambivalence envers la figure maternelle, à la fois aimée et crainte, et s’efforce de conserver un lien fragile en se comportant comme un parent (par exemple en ramassant les canettes de bière qui traînent partout dans la maison). Lorsque la mère meurt, Courgette a du mal à faire son deuil. Il conserve pendant un certain temps les objets qui symbolisaient ses parents : un cerf-volant sur lequel est peinte la représentation d’un père absent, et une canette de bière qui représente la mère de manière éloquente. Ce n’est que plus tard, lorsqu’il offre à Camille un bateau construit à partir de la canette de bière, qu’il est en mesure de lâcher-prise, de renoncer à entretenir le souvenir d’une mère défaillante afin de s’ouvrir à des relations plus saines et sécurisantes.

Les autres enfants du foyer ont également vécu dans des familles dysfonctionnelles et doivent porter des traumatismes bien lourds pour leur jeune âge, que ce soit parce qu’ils avaient des parents toxicomanes, un parent qui a commis un meurtre, un parent incestueux… Pourtant, les enfants de l’orphelinat ne se laissent pas déterminer par ces ambiances traumatiques lourdes. Au contraire, ils parviennent progressivement à tisser des liens de confiance horizontaux et verticaux. L’amitié et la complicité qu’ils entretiennent entre eux les aide à panser leurs failles psychiques.

Ces enfants peuvent démontrer une maturité remarquable, et Simon est le personnage qui l’illustre le mieux. Simon se présente comme un enfant agressif, impulsif et harceleur. Mais cette agressivité lui sert de masque pour éviter de se confronter à ses affects, et peut-être aussi parce qu’être provocateur est le seul moyen qu’il connaît de se sentir exister aux yeux des autres. Simon démontre de l’ingéniosité en aidant Camille à sortir des griffes d’une tante peu aimante. Il parvient même à renoncer à ses désirs égoïstes en incitant Courgette à se faire adopter, conscient de la chance qu’il a, alors qu’il désirerait éviter la séparation en demeurant auprès de ses amis.

Les adultes de l’orphelinat apparaissent comme des parents « suffisamment bon » et apportent la sécurité affective dont ces enfants ont cruellement manqué dans leur famille d’origine. Le personnage de Raymond en est le plus exemplaire. Ce policier s’attache à Courgette, qui lui rappelle peut-être son propre fils dont il n’a plus de nouvelles. Il se montre compréhensif et attentionné, et par son attitude chaleureuse il permet à l’enfant de regagner confiance en soi et en l’Autre. Il prend en compte les désirs et les besoins du garçon, puisqu’en adoptant Courgette il adopte également Camille afin de ne pas les séparer. Par ailleurs, tout au long du film, Courgette relate son histoire illustrée de dessins qu’il envoie à Raymond. Cet échange offre l’occasion au garçon de se raconter son histoire et de la partager avec une personne significative à ses yeux afin d’élaborer le sens des événements qu’il vit.

Ces enfants délaissés ont l’opportunité de connaître une vie meilleure en grande partie grâce au soutien que leur apportent les adultes de l’orphelinat et Raymond, qui leur font confiance et accordent de la crédibilité à leur parole. Ces adultes les considèrent comme des personnes à part entière en tenant compte de leurs opinions, sans avoir une attitude paternaliste ou infantilisante qui auraient entravé leur épanouissement.

 

Réalisation : Barbara ALBERT

Scénario : Kathrin Resetarits, d’après le roman Mesmerized d’Alissa Walser

Date : 2017 (Allemagne)

Durée : 97mn

Acteurs principaux :

Maria Dragus : Maria Th. von Paradis

Devid Strisow : Franz Messmer

Lukac Miko : Anton Paradis, le père

Katja Kolm : Maria Paradis, la mère

Maresi Riegner : Agnès, la servante

SA

Mots clés : Handicap – talent – inégalité – soin - parentalité

 

Maria Thérésa est une jeune fille de la bonne société viennoise de la fin du XVIIIème siècle,  aveugle depuis ses 3 ans. Pianiste virtuose, elle joue avec des mimiques disgracieuses et ses yeux partent alors dans tous les sens. Elle est encadrée par des parents qui la produisent, comme à la même époque, le jeune Mozart par son père, musicien de la Cour du prince-archevèque de Salzbourg. Ils ont obtenu une pension de l’impératrice pour ce talent rendu pathétique par le handicap. Maria Teresa est confiée, en désespoir de cause, à un médecin Franz Messmer, dans un château aménagé en établissement de gardiennage et de soin…

Handicaps et liberté

    Ce récit d’inspiration historique soulève de nombreuses questions relatives à un handicap. Celui de Maria Theresa n’est que trop visible quand elle joue. Le sujet alcoolique affiche aussi sa différence quand il est sous l’influence de l’alcool. Ce manque à paraître fait contraste, souvent, avec les qualités qui lui sont reconnues.

 Á l’évidence, le handicap visuel conjugué avec le talent ont induit un système familial, avec ce que cela suppose de souffrances mais aussi de bénéfices secondaires. Après tout, les parents reçoivent une pension et ils ont l’honneur de la célébrité, par enfant prodige interposé. Ce phénomène s’observe dans certains sports individuels.

L’aspect psychosomatique est mis en valeur. Le magnétisme mais aussi les qualités d’empathie manifestées par le docteur Messmer provoquent une amélioration partielle de la vision chez la jeune fille. Hélas, l’intervention de ce nouveau sens altère le jeu de l’ancienne aveugle. Ses qualités pianistiques en sont altérées. Dès lors, quel peut être l’intérêt de cette pianiste ni aveugle, ni virtuose, ni miraculée ? Messmer connaîtra la disgrâce, après l’incrédulité du corps médical. Marie-Theresa perdra le peu de vue qu’elle avait retrouvée. Ancrée sur son infirmité, elle pourra poursuivre sa carrière et fonder une école de musique pour d’autres aveugles, belle leçon de résilience face à l’adversité.

Messmer avait des aptitudes que ses confrères de la Cour n’avaient pas. Elles étaient insuffisantes pour servir son besoin de reconnaissance sociale.

Au passage, la bonne société est traitée sans ménagement, comme elle le mérite certainement, à la différence de l’infortunée Agnès, la jeune servante, seule amie de Maria-Theresa, chassée après avoir été ‘‘engrossée’’ par le méprisable fils de la maison.

 Camus aurait pu voir dans cette histoire de quoi se révolter contre les injustices : injustice du handicap, injustice des inégalités sociales. Cependant, la suite non montrée prouve que le handicap n’est pas un obstacle irrémédiable. La passion de la musique liée au talent peut être une source de résilience et de lien social ; la dépendance alcoolique, assumée et dépassée par le travail d’élaboration conduisant au hors-alcool, également.

 

Réalisation : Cédric Kahn

Scénario :  Cédric Kahn             

Date : 2017 / France

Durée : 107 mn

Acteurs principaux :

Anthony Bajon : Thomas

Louise Grinberg : Sybille

Anne Schygulla : Sœur Myriam

Damien Chapelle : Pierre, l’ami

Alex Bendemürh : Marco, l’encadrant

A/SA/HA

Mots clés : Addiction – sevrage – communauté – faux self – choix 

 

Cédric Kahn, le scénariste-réalisateur, décrit l’itinéraire thérapeutique d’un jeune toxicomane, Thomas. Le lieu de cure est insolite. Il s’agit d’une petite communauté créée par une religieuse, sœur Myriam, dont la finalité est de soigner les toxicomanes et les dépendants de l’alcool. Les moyens mis en œuvre reposent sur le sevrage simultané de toutes les addictions, tabac compris, sans aucun traitement adjuvant. Moyen privilégié : une discipline monastique, reposant sur des moments de prière collective et sur des travaux agricoles. Garçons et filles sont séparés dans un cadre montagnard isolé. L’histoire-guide est celle de Thomas. Il arrive en bus d’on ne sait d’où, le visage tuméfié et l’œil hagard. Après un accueil qui évoque le monde carcéral, il doit supporter un sevrage sans accompagnement médicamenteux, ce qui se traduit par des douleurs et des convulsions. La scène n’est pas sans évoquer le film Ray, lorsque le célèbre chanteur Ray Charles décide de mettre fin à l’héroïne, sans la moindre assistance. La suite de l’histoire est à découvrir…

Le changement de trajectoire

Nous retiendrions deux thématiques, celle du changement de trajectoire pour un addicté, et la place de la spiritualité dans son rétablissement.

Concernant le soin, contrairement à ce qui est décrit dans le film, il va de soi qu’aider une personne à se sevrer d’une drogue dure requiert des précautions d’ordre médical. Il est impensable de laisser souffrir inutilement quelqu’un. La médecine ignore la valeur rédemptrice de la douleur et encore moins l’intérêt d’engager le risque vital. L’absence d’infrastructure infirmière et psychologique est à relever dans cette communauté, éloignée de tout.

Á noter que certains centres de postcure ne sont pas davantage équipés pour assurer la sécurité des sevrages, pour les questions règlementaires rapportées au prix de journée (!), alors même que le risque de réalcoolisation ou de prise de substances illicites est une constante dans ce type de séjour. Même si leur rôle d’assistance n’est pas à négliger, les encadrants et des compagnons d’infortune ne suffisent pas à garantir la sécurité et les difficultés rencontrés dans les premiers temps d’un sevrage difficile.

Les réunions de témoignages publics, au sein de la communauté, ne sont pas sans évoquer les confessions collectives dans un mouvement comme les Alcooliques anonymes. Ce type de mise à nu, plus ou moins douloureux et humiliant et, en conséquence, plus ou moins authentique, est pour le moins discutable.

Sans doute, l’impact traumatique n’est-il pas à négliger dans la pédagogie du soin, sauf à l’induire comme soignant. Un sevrage difficile n’est pas de nature à aider un addicté. Celui-ci en a vécu souvent plusieurs. Les sevrages compliqués n’ont pas plus de prise que les passages aux Urgences ou les cures itératives.

La honte, dans quelques cas, peut avoir la valeur d’un étayage. Le souvenir d’une humiliation provoquée par l’alcoolisation est alors utilisée comme souvenir de dissuasion par un abstinent lors de sollicitations d’ordre festif, gastronomique ou privé.

Les séances collectives de témoignage ont certes un caractère sympathique dans le style : « J’étais aux enfers et, grâce à vous, je suis revenu sur Terre ». Il est évident que dans ce genre d’exercice la sincérité et le pouvoir de la mise en mot peuvent aider l’énonciateur. Cela étant, l’organisation de la parole permise par un groupe bénéficiant d’une thématique propre à la réflexion, avec la présence active d’un soignant, est de loin préférable. Le participant peut beaucoup plus aisément s’exprimer sans se sentir jugé par les autres. Thomas, le héros de l’histoire, se révèle incapable de participer à ce déballage collectif. Ce qui le fait le plus souffrir au moment de son témoignage lui est très personnel et n’a rien à voir avec les raisons de son mal-être profond. Il est tombé amoureux de Sybille, dès la première rencontre. Il se fiche de témoigner de ses progrès, alors qu’il subit sans bénéfice le carcan des prières. Il est sous le coup d’une déception. La jeune fille lui avait promis de venir à cette fête bien-pensante et elle ne s’est pas présentée. Sœur Myriam constate son incapacité à prendre la parole. Elle essaie de le pousser dans ses retranchements. Elle dénonce sans ambages son absence de sincérité : Thomas s’effondre en pleurant, comme un petit garçon en souffrance, mais sans rien dire des raisons de sa peine. C’est l’authenticité qui va le sauver celle de l’amour qu’il éprouve pour la jeune fille. Il devra d’abord en admettre la force pour écarter sa pseudo-volonté d’entrer au séminaire dans le projet de devenir prêtre. Les trois séquences du visage de profil du jeune homme dans le bus sont très parlantes. Á l’hébétude triste du début succède brièvement l’expression curieusement fermée de celui qui part accomplir sa vocation puis l’illumination joyeuse quand il comprend et admet que son choix profond est de retrouver Sybille, occupée quelque part en Espagne, dans un chantier.

C’est une très belle histoire au fond que celle d’une évolution commençant par la sortie contrainte des addictions, par un temps d’immersion prolongé dans un cadre de vie séparé du monde où le deuil de l’alcool se fait peu à peu, en contrepartie d’une forme de fraternité partagée mais aussi du faux-self imposé par l’usage contraignant de la prière. C’est une belle histoire car sa résolution repose sur la découverte de l’authenticité et de la force d’un amour naissant.

Le film pose implicitement la question du cadre propice à la prière, de la pratique de celle-ci, et de ses effets de transformation.

Le cadre retrouvé dans différents lieux de prière est la Nature, la simplicité et la répétition des actes du quotidien, les rituels épousant les jours et les nuits, une vie ascétique, comme on peut le découvrir dans des monastères religieux ouverts aux profanes.

La pratique de la prière est ici collective, alors que le retrait silencieux et régulier des bruits et de la fureur du monde peut être une pratique singulière. A noter que le chant des pensionnaires remplace, ici, une musique religieuse, la plus élaborée, à la portée de tous avec les CD ou un poste radio.

Ce que n’a probablement pas voulu montrer le réalisateur est le vide sidéral de cette ambiance faussement amicale et faussement spirituelle. Les remerciements des jeunes et moins jeunes compagnons de Thomas, au moment de la séparation sont aussi niais que convenus. Ils sont aussi factices que la vocation du héros. Les pensionnaires témoignent de leur détresse persistante, de leur crainte d’affronter la vraie vie. L’exemple le plus probant est donné par Pierre, l’ami de chambre de Thomas, un père de famille et un époux qui reçoit, de temps à autre, la visite de sa famille. Nous pourrions dire qu’ils ont changé d’anesthésiant : la mise entre parenthèses des relations sociales continue, la neutralisation de tout esprit critique est totale, seule une autocritique superficielle et moralisante est encouragée, l’absence de véritable amour fondé sur la connaissance de l’autre est manifeste.

L’auteur sait cependant de quoi il parle. Sœur Myriam a eu un père alcoolique. Marco, l’encadrant, est un alcoolique sobre. Il manque dans ce lieu la flamme de l’esprit, celle que Thomas va trouver dans l’amour de Sybille.