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Lundi 19 avril 2021

 

Le groupe du vendredi a proposé ce vaste et néanmoins précis thème de réflexion : « Les clés de mon équilibre ». Je serais très intéressé de vous entendre les décliner en les rapportant concrètement à vos vies.

Pour ce qui me concerne, très logiquement, mes clés sont celles que je présente dans le « Vivre après l’alcool ». Il n’existe en effet aucune différence significative entre ce qui conditionne l’équilibre d’une personne « hors alcool » et une personne apparemment équilibrée. Il est clair qu’un facteur de déséquilibre se situe dans la persistance d’une nostalgie du produit ou de la conduite abandonnée. Tant qu’une personne n’a pas fait le deuil de sa dépendance, elle ne peut disposer d’un équilibre stable.

Nous rencontrons souvent ce cas de figure lors des processus de dégagement d’une emprise toxique ou d’une dépendance affective qui n’a plus de raison d’être. Dés qu’une personne s’est suffisamment éloignée de sa dépendance, les clés de son équilibre sont celles qu’utilise n’importe qui. Une nuance doit être apportée à cette dernière affirmation car « n’importe qui » n’existe pas. Certaines personnes gardent longtemps un équilibre instable tant qu’elles maitrisent un cadre matériel, financier et relationnel où elles sont débitrices.

J’explique ! Certaines personnes se nourrissent de l’énergie des autres, de l’image qu’elles donnent d’elles-mêmes, du statut dont elles bénéficient, sans toujours l’avoir mérité. Quand un des éléments de leur équilibre vient à disparaitre, elles s’effondrent et ont du mal à se relever. Nul ne peut s’estimer suffisamment solide pour résister à tout. Un problème de santé grave, la perte de quelqu’un de très cher, un déracinement peut, par exemple, déstabiliser plus ou moins gravement, l’âge étant un autre élément à considérer.

Ce sont nos ressources de résilience qui nous permettent de nous remettre debout et d’avancer en équilibre. La plupart des caractéristiques de notre hypermodernité contribuent indirectement à nous déstabiliser. L’invasion du numérique, la déperdition des relations réelles représentées par les mesures anti-pandémie contribuent à gaspiller l’énergie qui nous est nécessaire pour rester en équilibre.

Pour l’essentiel la déclinaison personnalisée de nos 7 clés contribue à nous maintenir en équilibre quelles que soient les agressions que nous subissons et les difficultés que nous rencontrons.

À chacun de vous, à présent, d’évoquer les conditions de votre équilibre.

Lundi 12 avril 2021

 

L’humilité et la gratitude sont des valeurs oubliées mais surtout des valeurs négligées et incomprises depuis toujours.

L’humilité devrait s’imposer à tous, sans difficulté. Le courrier d’une patiente mentionne une phrase des Écritures : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu et pourquoi t’en glorifier comme si tu ne l’avais pas reçu ? ». Cette Parole me fait doublement réagir. La plupart des gens ignorent ce qu’ils ont reçu. Seule une relation interactive, hors de tout jugement, telle que le réalise une séance de notre groupe intégratif, révèle la parole « déposée », dont la justesse peut toucher ceux qui l’écoutent.

Dans la mesure où c’est l’autre qui nous apprend l’essentiel de ce que nous avons à savoir et que nous retenons en fonction de caractéristiques qui nous ont été transmises, il est difficile pour une personne normalement intelligente de développer un sentiment d’orgueil ou pire de vanité, sur la base d’une comparaison avec d’autres. Le fait d’avoir beaucoup reçu crée une obligation morale : celle de donner à d’autres ce dont ils ont été dépourvus. Il existe une humilité réciproque en acceptant de recevoir et de donner. Peu importe l’inégalité de l’échange. L’humilité dispense d’humilier. Elle évite également des humiliations. L’humilité nourrit le principe d’égalité. Elle évite la soumission. La juste conscience de ses efforts et de ses mérites est à l’origine du sentiment de fierté. Il est sage de laisser la prétention et le contentement de soi aux imbéciles.

La reconnaissance se trouve moins facilement que l’ingratitude. Elle se situe du côté de l’être alors que l’ingratitude se situe du côté de l’avoir, de l’égoïsme. La reconnaissance n’a nul besoin d’être démonstrative. Elle se satisfait mieux d’actes utiles que de belles paroles. Elle appartient à la même veine que l’humilité. Elle nourrit la vie relationnelle au sein des familles et dans les relations amicales.

Êtes-vous à l’aise avec ces deux valeurs ?

 

Lundi 29 Mars 2021

La perspective d’affronter le regard social sans consommer de l’alcool est une des préoccupations classiques du début de la période sans alcool. Nous pouvons l’envisager sous l’angle de la « sobriété ».

La langue anglaise utilise le même mot pour l’abstinence d’alcool et l’état d’esprit qui peut lui être associé. Il est donc utile de réfléchir au sens de ce mot, particulièrement en le rattachant au regard social. Par cette expression, nous pouvons réfléchir aux différentes circonstances de convivialité ou de moment festif. Nous pouvons également prendre en compte le regard des proches. Le plus important, sans doute, se situe dans le regard que nous portons nous-mêmes sur le fait de ne pas consommer de l’alcool en public ou seul. Pendant une période variable, l’abstinent récent peut se faire un monde du regard porté sur son changement d’attitude face à l’alcool. Il est si facile, pourtant de refuser une offre, de façon simple et naturelle : « Non merci » prolongé, si besoin, par un : « je n’y tiens pas », ou, à l’extrême rigueur, par un « cela ne me réussit pas », avec un sourire. Une des caractéristiques de la sobriété s’explique par la concision.

La sobriété est mise à l’épreuve quand le sujet se retrouve face à lui-même, seul. Les premiers temps peuvent être compliqués, justifiant une assistance médicamenteuse pour éviter les comportements automatiques, plus ou moins liés à des émotions, qui conduisent le sujet à relancer la mécanique de la consommation.

La mise en jeu de la sobriété pour s’abstenir de boire retentit sur la façon dont la personne se comporte et s’exprime. Elle va de moins en moins se payer de mots. Elle saura dire ce qui lui importe de dire dans les termes et la forme qui conviennent. La sobriété mentale lui permettra de trouver la bonne distance face aux autres et de mieux savourer ses moments de tranquillité.

Avez-vous l’expérience de la sobriété mentale ?