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Lundi 25 Novembre 2019

Lundi dernier, nous avons abordé la question de « l’héritage ». Des choses ont été dites. Comme me l’a fait remarquer une participante, nous n’avons pas abordé la question de l’héritage religieux et spirituel. Il n’est pas dans nos habitudes de nous dérober et, sur cette question moins que d’autres, car il s’agit d’un point qui intervient de façon indirecte dans le champ des addictions. Nous avons le projet de rédiger un document sur cette question. Il est, en effet, difficile d’imaginer qu’une personne puisse se satisfaire seulement de l’absence des nuisances d’une alcoolisation pathologique. J’ai ajouté le terme de politique (ou philosophique) car cette dimension de l’homme est également en crise, favorisant des comportements « déboussolés ».

Sans être forcément très au fait de la chose politique (ou philosophique), le constat qu’il est possible d’en faire n’est pas enthousiasmant. Plus personne ne peut adhérer à l’idéologie du progrès, comme il y a 50 ans. Il en résulte une crise du Politique. Rien ne se dessine qui apporte des perspectives d’action pour un « avenir meilleur ».

Les progrès de la connaissance ont contribué à un recul du religieux ou, plus exactement, à la persistance ou au renouveau d’idéologies religieuses que l’on pourrait considérer comme obscurantistes, c’est-à-dire comme contribuant à brouiller le rapport au réel et à la politique au sens noble du terme.

La spiritualité était étroitement liée à ce que l’on pourrait appeler le meilleur des religions. Elle subit l’effet de l’idéologie matérialiste, des obscurantismes et de la police de la pensée qui sévit par la mainmise d’une minorité sur la communication de masse. La spiritualité sans racines reflète l’émiettement social. Elle manque de consistance.

L’impression générale, accentuée par la tyrannie de l’immédiateté, est qu’il devient très compliqué de conjuguer les principales composantes qui constituent une société : des règles communes respectées, des connaissances solides, une base éthique, raison d’être de la philosophie, des valeurs spirituelles, une mémoire qui s’inscrive dans une forme de continuité, y compris par une adhésion souple et respectueuse à ce que nous appelons les « grands récits ».

Qu’en est-il de votre héritage politique, philosophique, religieux, spirituel ?

 

Lundi 18 novembre 2019

Si Corinne n’existait pas… En faisant l’effort de traduire sa demande exprimée par courriel, j’aboutis à ce thème inédit : « Qu’avons-nous fait de l’héritage ? »

Pour l’illustrer, je partirai des vignes et du vin. J’ai eu la chance de pouvoir découvrir à vélo la quasi-totalité du vignoble français et les paysages qu’il façonnait en plaine et plus encore en piémont, reflet du savoir-faire des générations. J’ai visité quelques caves. Bu en gastronome ou en épicurien, le vin est un objet gustatif, hédonique et culturel, qu’avons-nous fait pour qu’il serve de moyen d’anesthésie et de destruction ? Je ne culpabilise en rien les infortunés pris au piège de sa consommation. Je pointe les vulnérabilités, les ambiances, les usages, l’évolution sociétale et les alcooliers qui ont donné au vin le statut d’une drogue dure.

Qu’avons-nous fait de l’héritage, religieux et athée, qui fondait notre identité ? L’athéisme est de principe quand il s’agit de comprendre le monde dans lequel nous vivons et que nous transformons. Il vise l’exactitude et assure le fondement d’une éthique bienveillante, face au tragique de la condition humaine. Cet athéisme a été dévoyé en matérialisme sordide et aveugle qui donne libre cours à l’exploitation et à l’humiliation des faibles par les puissants. Le pouvoir critique et subversif de la Parole, la double incitation à « aimer son prochain comme soi-même », présente dans les Grands textes, se sont effacés devant la défense de l’Ordre établi et de ses intérêts égoïstes. Nous sommes de nouveau assaillis par toutes sortes d’obscurantismes. La liberté et la paix sociale si chèrement acquises sont rognées de jour en jour. La nouvelle religion consiste à consommer, à s’addicter, à dominer ou éliminer l’autre.

Nous avons tous eu une famille. Nous avons des origines plus ou moins mélangées et contrastées. Que faisons-nous de notre Mémoire ? Quelles leçons tirons-nous de l’Histoire pour nos choix de vie ?

Qu’avons-nous fait de notre héritage ? Qu’avons-nous à transmettre qui fasse honneur à nos origines et serve à nos entourages proches et aux populations qui peuplent la planète ?

 

Lundi 4 novembre 2019

Georges va prendre la baguette du chef d’orchestre pour cette séance. Nos étudiantes se répartiront l’indispensable fonction de scribe. J’assurerai la transcription de la séance à partir des notes qui seront laissées sur la table. Je vais me rendre dans le même créneau horaire, au Stade Wallon, à une manifestation dirigée par Didier Lacroix, Président du Stade toulousain, pour célébrer des innovations régionales. Je crois être un parfait inconnu pour la Tribune, la structure d’organisation et j’ignore sur quels critères j’ai été invité. Il serait curieux que ce repérage soit déterminé par ma qualité de supporter encarté du Stade mais qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse.

Ce thème a une origine précise. Marie Corbi, une des étudiantes-stagiaires de l’an dernier, doit rédiger un mémoire sur cet objectif surprenant, proposé par sa professeure d’orientation cognitivo-comportementale : évaluer le bonheur. Elle a choisi de rapprocher la thématique de la problématique alcoolique. Cette séance peut l’aider, tout en nous posant cette question a priori surprenante : « comment évaluer le bonheur dans le cadre de la problématique alcoolique ? ».

 Bien que non-formaté par les TCC, je prends le risque d’imaginer des éléments pour un questionnaire.

 

  1. D’abord une question ouverte : qu’est-ce que pour vous le bonheur ?
  2. Quelles différences faites-vous entre le bonheur, la satisfaction, l’euphorie et la joie ?
  3. Quels liens faites-vous entre bonheur et plaisir, entre bonheur et ennui ?
  4. Le bonheur, selon vous, est-il un état durable ou transitoire ?
  5. Pensez-vous avoir des dispositions pour le bonheur ?
  6. Quelles sont les principales entraves au bonheur ?
  7. Quelles sont les composantes de la personnalité nécessaires au bonheur ?
  8. Le bonheur, c’est comme le silence, nous en prenons conscience quand on le nomme. Qu’en pensez-vous ?
  9. Pouvez-vous citer 5 situations de bonheur différentes ?
  10. Quels sont, selon vous, les principaux ingrédients du bonheur ?
  11. Quel a été votre dernier moment de bonheur ?
  12. Quelles relations faites-vous entre bonheur et alcool ?

Vous pourrez préparer vos réponses par écrit…