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Plaisirs immédiats, plaisirs différés

19-01-2026

Cette proposition de thème suit un échange lors de l’actuelle d’HBA. Nous pouvons essayer de faire jouer les oppositions pour y voir plus clair dans notre souci d’une vie bonne.

Dans le contexte addictologique, l’immédiat a une place privilégiée. Le craving est un besoin urgent à satisfaire. Il va apporter un soulagement ou une sensation de plaisir. Le plaisir différé a un certain impact quand le verre ou le produit nécessite de différer le geste : le repas, la fin de journée, la fin de semaine. Il existe des stratégies parfois astucieuses pour atteindre l’objet sans risquer l’empêchement ou la critique immédiate. Quoiqu’il en soit, qu’ils soient immédiats ou différés, solitaires ou collectifs, les plaisirs de l’addiction sont suivis de déplaisirs immédiats ou durables qui ont cette particularité de susciter le recommencement.

Comment peuvent se décliner au stade de la sobriété, les plaisirs immédiats et différés ?

Les plaisirs différés comportent le plaisir de l’imagination et de la préparation. Ainsi, un patient dont le rêve est de s’investir dans un séjour en immersion en Chine. Il s’organise depuis des mois et met de l’argent de côté pour vivre pleinement son aventure dans un avenir encore indéterminé. Le joueur d’échecs réfléchit plusieurs coups à l’avance. Dans l’organisation d’une journée libre d’addictions, il est amusant d’articuler l’utile et l’agréable, pendant que d’autres passent leur journée à tourner en rond ou à gaspiller leur temps à des activités qui vident un cerveau déjà dépeuplé.

La philosophie épicurienne vise d’atteindre, jour après jour, une gamme de plaisirs accessibles, sans nuire aux autres et à soi. Cette recherche apprécie la difficulté, admet les frustrations, supporte les déconvenues. Cependant, irrésistiblement, elle se retourne vers ce qui est pour elle une source de satisfactions.

Cette philosophie n’est pas masochiste. Elle accueille les plaisirs des sens mais ne perd pas de vue le plaisir du sens, compte-tenu de l’absurdité fondamentale de l’existence et de la folie du monde.

Quelles sont les plaisirs immédiats et différés qui vous sont familiers ?

Mortelles solitudes

12 Janvier 2026

L’intitulé résonne comme un titre de film. Il fait penser au refrain d’une célèbre chanson italienne. Il porte en lui la force de l’ironie.

Nombreuses sont les personnes qui ne se supportent pas longtemps seules. Ainsi, certains ados à qui le portable est retiré. Cependant, un proverbe nous rappelle qu’il vaut mieux être seul(e) que mal accompagné(e).

La séance peut aider à citer les contextes où l’on ressent une solitude éprouvante. Au hasard :

  • Au milieu d’une bande joyeuse (je ne me sens pas des leurs), ou véhémente (même si ça peut être drôle). Ainsi une manif contre la décision de garroter des basques rebelles par Franco et l’exhortation du pape de l’époque à épargner les indépendantistes. J’avais chanté, au milieu des drapeaux rouges : « Franco, salaud, le pape-aura-ta-peau ». C’était très musical.
  • En compagnie de personnes armées de certitudes, qui décideraient volontiers pour vous.
  • Face aux parodies de dialogue, face à des personnes incapables d’écouter.

La solitude peut être merveilleuse quand elle ne dure qu’un moment, comme les plaisirs d’amour de la chanson. On peut chanter, seul, se parler gentiment, même à haute voix, dialoguer avec un autre soi (comme dirait Pierre Bayard). Quel plaisir d’échanger avec quelqu’un qui comprend, ne juge pas, qui se donne la peine de réfléchir, de chercher avec vous la solution à un problème.

La solitude permet le temps qu’elle dure de se dispenser de s’adapter aux autres, de travailler à ce qui intéresse, aux priorités que l’on se donne.

La solitude peut être habitée par les absents. Leur présence aide à garder le cap, à rester relié(e). Nul besoin de gazouillis (de tweets) ou de « comptes ».

Une personne normalement cultivée peut choisir des amis, toujours disponibles : tel livre, tel film. Truffaut était capable de voir plusieurs fois au cours de l’année les films qu’il préférait. Elle permet de faire ce qui plaît, y compris pour d’autres.

En définitive, en dehors d’un sentiment d’insécurité difficile à gérer du fait de l’angoisse et des incertitudes, la plupart des personnes souffrent moins de solitude que d’isolement, que de sentiment d’inutilité et d’inexistence pour les autres. Ils ont la sensation de ne servir à rien, d’être en trop, d’être encore là pour consommer ou pour donner aux autres un sentiment de supériorité. C’est la fameuse blague des trois rabbins : Le plus vieux s’écrit, saisi par une douleur existentielle ou métaphysique : « Je ne suis rien ! », le second poursuit – un peu fayot ? – « Alors moi, je ne suis rien de rien ! », avant que le plus jeune enchaîne : « Et moi, dans ces conditions, je ne suis rien de rien de rien ! ». C’est alors que le conducteur noir de la limousine qui les conduit à un symposium de rabbins à New-York se retourner et dit : « Et moi, je suis quoi alors ? ». Et les trois rabbins de s’écrier : « Pour qui se prend-t-il ? »

Le sentiment de solitude s’atténue par l’identité, le rattachement à une cause, ou à un groupe d’appartenance. Cela peut aboutir, faute de discernement, à rejoindre des tortionnaires, à la façon de « Lacombe Lucien », des terroristes ou des dévots de tout acabit.

Le fait de se diriger et de faire des choix, surtout quand ils en impactent d’autres, peut faire éprouver un sentiment de solitude pénible.

« Je suis puissant et solitaire », gémit le Moïse d’Alfred de Vigny, « laissez-moi m’endormir du sommeil de la terre »

Comment faire de votre solitude un état bienfaisant ?

Comment vous y prenez-vous pour rompre le sentiment d’isolement ?

Les incompréhensions

05-01-2026

Un thème de rentrée fort intéressant en dépit de son côté « océanique », même limité à la seule problématique alcoolique.

Je serai tenté de prendre d’emblée un raccourci en soulignant que le plus important est d’être clair avec soi-même, de comprendre son ambivalence, d’être « réaliste », d’éviter les apitoiements inutiles et d’avoir clairement en tête le sens des priorités et les échelles d’intérêt.

Les incompréhensions sont inévitables, permanentes ou presque, à tous les niveaux. On peut même penser que beaucoup dépensent une grande quantité d’énergie et d’arguments, de forces conscientes et inconscientes pour ne pas comprendre et garder ainsi leurs certitudes, indispensables à leur tranquillité ou à leurs croyances.

L’essentiel, après avoir exercé raisonnablement son discernement sur le souhaitable, le possible, l’évitable et le proscrit, pour soi, de trouver la bonne distance avec ses interlocuteurs.

Pour la problématique alcoolique, nous pouvons affirmer sans nous tromper que ce qui émerge de la Société est un mélange d’ignorance, de lieux communs et d’indifférence. L’Etat français n’est guère plus ouvert. Il continue de valider des méthodes et des moyens qui ont fait la preuve de leur inefficacité et de cautionner des pratiques de gestion des problèmes et des dommages. Les médecins et les soignants manquent de formation, de temps et de moyens, ce qui facilite les attitudes d’évitement et des contre-attitudes regrettables.

Les familles constituent un ensemble très hétérogène. Certains proches sont ouverts et comprennent, intuitivement, leurs limites et l’intérêt de leur présence. Ils savent prendre conscience de leurs propres souffrances, pardonner sans s’illusionner, accepter les changements, tolérer les incidents de parcours, manifester leur affection et leur amour. D’autres ne comprennent rien. Quelques uns s’acharnent sur un « convalescent » et n’hésitent pas à exploiter le problème d’alcool pour gagner leur procès et obtenir le « maximum ».

De nombreux patients ne disposent pas, au départ, d’un discernement supérieur à leur entourage. Ils partagent l’idéologie circulante et les poncifs les plus éculés concernant l’alcool, vénéré ou diabolisé.

Il existe des niveaux de discernement. Les plus pragmatiques ne sont pas les moins efficaces. Cependant, l'intérêt de l'implication est de se nourrir de sa propre réflexion, d’accroître ses connaissances de l’humain, de développer une sagesse libératrice, sur fond d’élaboration mentale et d’investissements appropriés. Un travail d’acceptation est à faire face aux incompréhensions, sans, pour autant, renoncer à ce qui peut évoluer, par le dialogue, ou être changé, par la parole ou par des actes.

Quelles sont les incompréhensions qui vous ont fait le plus souffrir ?

Avez-vous progressé assez pour ne plus en souffrir excessivement ?

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