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Les fiches cinéma

Marius, Fanny, César

Réalisateurs et scenario : Marcel Pagnol, Alexandre Korda, Marc Allégret

 

Date : 2022

 

Acteurs principaux :

Fanny : Orane Demazis

César : Raimu

Marius : Pierre Fresnay

Panis : Fernand Charpin

Honorine : la mère de Fanny, Alida Rouffe

Escartefigue : ¨Paul Dullac

Le docteur Venelle : Edouard Delmont

Césariot :  André Foucher

A/SA/HA

Mots-clés : famille – qu’en dira-t-on - exagération – amour - sacrifice

 

mariusfannycesar

Résumé à l’intention des jeunes générations (Wikipedia)

  • Marius: Sur le Vieux-Port de Marseille, Marius travaille au Bar de la Marinedont son père César est le propriétaire. Il ne rêve que d'embarquer pour de lointaines destinations et l’exploration des fonds marins. Partagé entre l'appel de la mer et son amour pour Fanny, Marius renonce à son projet et finit par s'unir à Fanny qui s'offre à lui. Mais, alors que César et Honorine sont prêts à les marier, Marius est repris par sa folie de la mer. Poussé par Fanny qui se sacrifie, impuissante devant ce désir irrépressible, Marius embarque sur « La Malaisie » qui prend la mer. Il abandonne Fanny désespérée, qui retient ses larmes et cache à César le départ de son fils.
  • Fanny: Sans nouvelles de Marius, parti depuis deux mois, Fanny découvre qu'elle est enceinte de Marius. Pour sauver l'honneur, sa mère Honorine la pousse à épouser Panisse, veuf, riche, sans enfant et très amoureux, qui l'a demandée en mariage et qui est ravi d'avoir désormais, avec ce bébé, une descendance... toute faite. César lui-même, d'abord furieux, finit par se rendre aux arguments de Fanny. Le bébé à peine né, Marius réapparait, guéri de son « envie du loin». Il prétend reprendre Fanny et leur fils Césariot. Mais Fanny, Panisse — et surtout César — s'y opposent et Marius doit s'incliner devant la détermination de son père, et le bonheur calme et attentif qui entoure l'enfant, qui n'est plus tout à fait le sien.
  • César: Vingt ans plus tard, à la mort de Panisse, le curé exige que l'on détrompe Césariot sur sa filiation : il apprend ainsi que son père biologique est le fils de son « parrain » César, Marius, qu'on lui a décrit plus ou moins, comme un voyou. Pour en avoir le cœur net, il décide de le rencontrer incognito et se rend en bateau à Toulon où Marius est garagiste. Au cours d'une partie de pêche en tête-à-tête, dans les calanques de Toulon, il découvre l'homme sensible, doux et rêveur qu'est son père, mais de sottes affabulations de Fernand, l'associé de Marius, sèment à nouveau un doute grave dans son esprit. Marius décide de revenir pour la première fois à Marseille afin de vider l'abcès et d'expliquer, devant son fils et pour son fils, sa vérité sur le passé et sur lui-même. Après cela et à la suite d'une poignante explication avec César et Fanny, Césariot comprend que ses parents lui ont sacrifié leur jeunesse et leur amour. Il décide avec César que Marius et Fanny, veuve et libre, doivent se retrouver et vivre enfin leur amour, resté intact après vingt ans.

 

Il est difficile et sans doute inutile de présenter la trilogie qui assura la célébrité non seulement de son auteur, Marcel Pagnol, mais également de la plupart des acteurs.

Ces films prolongeaient des pièces de théâtre. Certaines scènes et répliques sont mémorisées par ceux qui ont vus et revus ces films.

On ne peut pas dire que les acteurs de premier plan jouent bien. Pierre Fresnay, excellent acteur de l’époque, est grimacier. Son accent est forcé. Orane Demazis est touchante et crédible à force d’être mauvaise.

Raimu fait du Raimu. Les différents films valent finalement par les seconds rôles qui occupent bien l’espace et par l’ambiance restituée.

Le monde a changé

Que reste-t-il du Marseille de cette époque ? Plus grand chose. Même si aucune sardine n’a bouché le port de Marseille, celui-ci est désormais largement désaffecté. Le pont du transbordeur n’est plus qu’un souvenir. Les maffieux ne sont plus corses. Les bars se sont raréfiés et les addictions se sont diversifiées. Le folklore marseillais lui-même s’est effacé, même si l’accent s’entend. Il doit pouvoir s’entendre des « exagérations ». Les smartphones règnent dans les rues, comme partout ailleurs, pour capter l’attention. La mer qui attira Marius est toujours là, certes.

Les Zoé qui tournent mal ne sont pas les seules à arpenter le trottoir, à Marseille comme ailleurs. Il y a sans aucun doute encore des secrets de famille, des Panisse qui profitent de leur position sociale face aux jeunes femmes pauvres, partout où se trouvent des inégalités de statut.

Il n’est pas besoin d’être né à Marseille pour qu’un enfant devenu adulte parte à la recherche de son père biologique. Des femmes comme Fanny, sont certainement devenues très rares.

Cette trilogie est la mémoire d’une époque révolue. Le Marseille d’aujourd’hui est très différent.

Amen

Réalisateur : Costa-Gavras

Scenario : Costa-Gavras et JC Grumberg D’après la pièce de théâtre de Rolf Hochhuth

 Date :  2002 France/Allemagne/Roumanie

Durée : 135mn

Acteurs principaux :

Ulrich Tukur : Kurt Gerstein

Mathieu Kassovitz : Riccardo Fontana

Marcel Iures : le pape Pie XII

SA/HA

Mots-clés : Analogie – Raison d’Etat –Omerta – Culpabilité – Génocide

amen

 

Kurt Gerstein est un ingénieur chimiste allemand, de religion luthérienne. Il a mis au point un produit désinfectant, également toxique sous forme de gaz, le Zyklon B. Il est encarté et en uniforme nazi. Il est invité un jour par des SS qui lui montrent une application de son gaz pour éliminer des « personnes en trop », des juifs, dans une chambre à gaz expérimentale. Horrifié, il va tenter de divulguer cette information secrète, en s’adressant à d’autres membres de l’élite allemande, de la même culture religieuse que la sienne. Il est lui rétorqué que l’Allemagne est en guerre et que toute dénonciation serait un acte antipatriotique. Ne dissociant pas éthique et religion, il rencontre au cours d’un essai de rencontre du nonce du pape Pie XII à Berlin, un jeune abbé, Ricardo Fontana, dont le père est un proche conseiller de Sa Sainteté. Dans l’intervalle, la Solution finale a commencé… Quelques mois auparavant, les nazis s’étaient fait la main, si on peut dire, en éliminant d’autres personnes en trop, à savoir des personnes atteintes de troubles mentaux de nature psychiatrique, en utilisant des gaz de tuyaux d’échappement. Une des nièces de Kurt Gerstein avait été sacrifiée au nom de l’eugénisme. Du bricolage. Un prélat avait courageusement dénoncé cette pratique en chaire, un peu à la façon du Cardinal Saliège en France. La morale de l’histoire sera amère, à plus d’un titre, particulièrement si nous appliquons l’analogie à nos temps troublés.

La complicité objective des Pouvoirs, les aveuglements individuels

La thématique de ce film illustre la question centrale de la fin des temps Modernes : « Aurais-je été résistant ou bourreau ? » posée par Pierre Bayard. Elle interroge les phénomènes des aveuglements collectifs et individuels. Plus largement encore, elle fait réfléchir au statut de la parole d’autorité.

Qui dénonce aujourd’hui la culture « festive » qui assure la prospérité des marchands d’alcools et des dealers illégaux ?

Qui s’étonne aujourd’hui de l’absence de toute transmission de connaissances sérieuses et adaptées aux jeunes générations en termes d’addictions à l’école ?

Quelles études scientifiques critiquent l’inadéquation de l’offre de soin en alcoologie ? Qui plaide pour l’alcoologie relationnelle à l’heure de la distanciation numérique ?

Quelles forces intellectuelles occultent la force des dialogues de partage, tels qu’ils sont mis en actes au sein du groupe intégratif et lors des hospitalisations brèves ? Ne vous faites pas d’illusion : ils savent, comme Pie XII et la Curie romaine, comme les diverses autorités savaient.

Sommes-nous tous cantonnés à l’impuissance de Kurt Gerstein ? Certainement pas, pour ce qui nous concerne directement. En attendant d’improbables prises de conscience collectives, de quels pouvoirs disposons-nous aujourd’hui pour secouer nos chaînes ?

Les personnes qui disposent de l’autorité rattachée à la Parole (voir à ce sujet « Quand la parole détruit » de Monique Atlan et Roger-Pol-Droit, aux éditions de l’Observatoire) ont la responsabilité première de l’exercer.

Nous vérifions sans peine qu’elles savent détourner les yeux et préserver leur ignorance pour ne perturber en rien leurs égoïsmes et intérêts particuliers. Leurs indignations ont pour fonction principale de nourrir la bonne opinion qu’elles ont d’elles-mêmes.

About Kim So-hee

Réalisation et scénario : July Jung

Date : 2022                Corée du Sud

Durée : 135 mn

Acteurs principaux :

Kim Si-eun : Kim So-hee

Bae Doo-na : Yoo-jin, inspectrice de police /

Shim Hee  :Shim, chef d'équipe du centre d'appels

Choi Hee-jin : Lee Bo-Ram, la cadre remplaçante

 A/ SA

Mots clés :

Travail – jeunes – soumission – révolte – suicide – mégamachine

 

aboutkimmsohee

 

Une lycéenne, Kim So-hee, effectue un stage en entreprise dans le cadre de sa formation professionnelle. Sa passion-défouloir est la danse, le hip hop, précisément. Elle a un copain et une meilleure amie sympathiques, qui ont également à trouver leur voie pour leur future vie d’adultes.

Son responsable d’études lui trouve une place au sein d’un centre d'appel d'un opérateur téléphonique, Korea Télécom. Il s’agit pour elle d’affronter les réclamations des clients, décidés à mettre un terme à leur contrat.

Elle découvre rapidement qu'il s'agit moins de satisfaire les doléances que d’embrouiller les clients pour les empêcher de résilier leur abonnement et si possible pour leur faire adopter des contrats avantageux… pour l’entreprise. Chaque employé dispose près de l’écran de pense-bêtes, de réponses et de suggestions toutes prêtes. Il est soumis à une double pression pour améliorer ses résultats : ceux-ci sont personnalisés et affichés, jour après jour, et il existe un classement des diverses équipes d’intervenants. La jeune fille ne tarde pas à manifester des signes de rejet pour les tâches assignées. Shim, son chef d’équipe essaie de l’encourager et de l’aider.

Les jours passent dans ce climat de tension, jusqu’au moment où Shim lui-même « pète un câble » face à un client irrespectueux. Peu après, le cadre se donne la mort dans sa voiture sur le parking de l’entreprise. Le suicide ne donne lieu à aucune enquête.

So-hee s’oppose violemment avec la nouvelle cheffe d'équipe, Lee Bo Ram, qui a remplacé le suicidé. So-hee est mise à pied trois jours. Elle s’isole, boit de la bière jusqu’à l’ivresse. Ses obligations scolaires l’empêchent de se mettre en maladie ou de démissionner, comme pourrait le faire un salarié. Elle se suicide en se jetant dans un lac. C’est la plus belle image du film : le scintillement de l’eau reflète le ciel parsemé de nuages. La décision du suicide, l’instant d’avant, est une façon d’éprouver la paix, de lâcher-prise.

Yoo-Jin, la policière chargée de l'enquête, pense d'abord classer l'affaire. C’est un suicide. Les parents abasourdis demandent une autopsie inutile. La présence de Yoo-Jin dans l’entreprise la conduit cependant à découvrir le suicide du chef d'équipe et la façon dont les employeurs ont étouffé l’affaire, avec l’arrogance de ceux qui ont le pouvoir. Yoo-Jin poursuit son enquête, en dépit de sa propre hiérarchie…

La violence d’entreprise et la conspiration du silence

Le propre de la plupart des films asiatiques est d’être un peu longs. Celui-ci dure un peu plus de deux heures. Il comporte deux parties : la marche de la jeune fille vers le suicide, l’enquête de la policière. Il évite les effets spéciaux et le mauvais goût. Il fait penser au phrasé des films de François Truffaut.

L’histoire montre le désarroi et la détresse d’une jeunesse à laquelle il est demandé de se soumettre, d’accepter des fonctions dédiées aux résultats financiers, au mépris de toute autre considération.

Le film montre donc la violence des rapports sociaux au stade du capitalisme financier.

La réalisatrice n’aborde cependant la seule violence managériale. Elle montre aussi la violence institutionnelle et la façon dont les instances de pouvoir imposent le silence. La police classe les affaires en ramenant les situations d’harcèlement à des défaillances individuelles. Yoo-Jin est tancée par son supérieur hiérarchique qui ne comprend pas son obstination. Elle s’oppose à lui comme Kim So-hee s’était opposée à la cadre de remplacement.

Dans notre pays, le droit du travail est plus consistant qu’en Corée du Sud. En revanche, la violence politique est plus manifeste, plus cynique. Et la violence institutionnelle est largement occultée.

La jeunesse est incitée à boire, à s’addicter. Elle n’a de perspective que celle de rentrer dans le moule. La jeune fille a également des accès de boulimie qu’elle donne elle-même en pâture à ceux qui regardent ses vidéos. Le smartphone est évidemment constamment présent. La soumission se décline à tous les échelons de la hiérarchie sociale. L’adaptation est plus ou moins confortable. Chacun a sa limite.

Le fait que l’histoire se déroule en Corée du Sud n’a rien d’exotique. Ce film rencontre notre expérience de toutes les manières. Nous avons subi et subissons jusqu’à la caricature la violence du système financier, politique, institutionnel, idéologique. À chacun de choisir ses réponses : la mise en conformité, la soumission passive ou active, la négation de soi, de l’autre et de l’éthique, le cynisme, les œillères, le refus de comprendre la réalité, les pétages de plomb, la violence aveugle, le suicide, à moins que, à moins de…

Observer, réfléchir, déconstruire les mensonges et les accommodements avec le réel, dire non, silencieusement, solidairement, entrer en résistance puis dire les choses, ne rien laisser passer quand l’occasion se présente. C’est une jeune collègue de l’héroïne qui signale à la policière le suicide du cadre qui a cessé d’être dynamique pour avoir retrouvé, à l’usure, son humanité. C’est l’épouse de ce dernier qui avoue à la policière qu’elle a reçu de l’argent pour ne pas faire d’histoire et s’occuper désormais seule de leur enfant. Le suicide de la jeune fille est moins un drame qu’une protestation silencieuse face à un ordre absurde, violent, injuste et mortifère.

Jusqu’à quand allons-nous laisser la Méga-machine détruire la jeunesse, les gens et la planète ?

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