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Les fiches cinéma

Labyrinth

Réalisation : Jim Henson

 

Scénario :

Dennis Lee, Jim Henson, Terry Jones

Date : 1986

Durée : 101 mn

Acteurs principaux :

David Bowie, roi des gobelins

Jennifer Connelly : Sarah Williams

Hoggle, Ludo et les gobelins

A/SA

Mots clés : fantastique – angoisse – emprise – amitiés – ambivalence

 

David Bowie a été une icône de la pop music. Il a prêté sa silhouette androgyne à plusieurs personnages de films. Là, il incarne le sulfureux Jareth, roi des Gobelins, anciens humains transformés en créatures difformes et laides, grégaires, gesticulantes et braillardes.

Face à lui, une jeune fille, Sarah, une lectrice passionnée de contes fantastiques. Elle a un problème avec son très jeune demi-frère, qu’elle doit garder lorsque sa belle-mère et son père sont de sortie. Elle fait appel au roi des Gobelins pour se débarrasser du bébé pleurnichard. Elle regrette sa décision dès que l’enlèvement du bébé par des Gobelins devient effectif, sur sa demande. Jareth apparaît et lui propose un défi. Elle devra retrouver le chateau où se trouve le petit frère, en moins de treize heures, malgré un labyrinthe piégeux et bien d’autres dangers. Nous retrouvons la trame des contes où un jeune héros doit triompher d’épreuves maléfiques pour réussir sa quête.

Un héros pervers, omnipotent et solitaire

Il est difficile d’oublier que Bowie fut cocaïnomane, amateur de substances psychoactives, et qu’il mourrut d’un cancer du foie, pathologie qui laisse planer un doute sur sa relation à l’alcool.

Au-delà des addictions, son personnage interroge l’ambivalence des sentiments au sein d’une fratrie de couple recomposé, le sentiment d’abandon éprouvé, ici, par cette variante de Cendrillon. Plus encore, le héros incarne une forme de perversion omnipotente. Quelle est la faute commise par les humains condamnés à devenir des marionnettes grotesques ? Qui est le plus à plaindre ? Les créatures gesticulantes, que l’on retrouvera dans le Seigneur des anneaux, ou le roi soucieux d’augmenter son troupeau ? La jeune fille saura faire vivre la fibre émotionnelle des Gobelins rencontrés, celle, principalement, de Hoggle, sensible à la personnalité de la jeune fille, fragile et cependant courageuse. Les Gobelins pourraient évoquer ceux qui ont cru avisé de prendre des chemins de traverse. Jaret pourrait figurer l’Addiction qui exige la soumission, impose le rire sur commande, règne sur des caricatures moutonnières. Le ton est désespérement joyeux. La morale est sauve : l’amitié et l’amour triomphent de l’univers du mal.

Quel public peut tirer leçon, aujourd’hui, de ce conte fantastique, de cette héroïc comedy ? A quoi font penser les Gobelins ?

 

 

Les aventures de Robin des bois

Réalisation : Michael Curtiz

Scénario : Michael Curtiz et William Kheighley

Date : 1938 / USADurée : 90 mn

Acteurs principaux :

Errol Flynn : Robin de Locksley

Olivia de Havilland : Lady Marianne

Basil Rathbone : Sir Guy de Gisbourne

Claude Rains : Le prince Jean

Patrick Knowler : Will l’écarlate

Eugene Pallette : frère Tuck

Alain Hale : Petit Jean

Melville Cooper : Le shérif de Nottingham

Ian Hunter : le roi Richard

SA

Mots clés : héros – légende– témérité – stéréotypes – bonne humeur

Avec le temps, les légendes évoluent, des personnages apparaissent, d’autres disparaissent. Qui fut véritablement Robin de Locksley ? Un chef de voleurs dans une Angleterre aux mains mal assurées des Normands ? Pouvait-il être partisan de Richard, cœur de Lion, le roi aventurier, lui le saxon ? Qu’importe la véracité historique lorsqu’on est un enfant. Les identifications s’effectuent sur un modèle simple, binaire, les bons et les méchants, les généreux et les cupides…

Une chose est certaine, la figure de Robin des bois fait partie de l’imaginaire anglais. Dans la forêt de Sherwood, un chêne pluri-centenaire est rattaché à la légende. Il figure même dans une scène d’Orgueil et Préjugés de l’emblématique Jane Austen de Jo Wright.

Avec le retour dans les salles obscures, Utopia a visé le retour d’un public éclectique. Deux à trois rangées d’enfants occupaient le devant de salle. Signe des temps, ils furent étonnamment silencieux avant, pendant et après la séance. A l’opposé, dans un coin, deux réellement vieilles dames. Qu’étaient-elles venues retrouver ? L’athlétique Errol Flynn, encore indemne de l’usage d’alcool et de tabac ? La douce mais courageuse Marianne ? Leur propre enfance, quand tout était encore simple ?

L’incorporation d’une figure héroïque

 Mieux vaut sans doute incorporer des figures héroïques dans son imaginaire d’enfant que subir, malgré soi, des traumatismes ou avoir son esprit façonné par des chiffres, les conditionnements consuméristes et l’idéologie ambiante.

Alors que les addictions semblent être devenues notre horizon indépassable (20% pour la seule variable alcool et combien en plus si nous effectuons le cumul des autres addictions illégales mais également numériques et psychosociales ?), la figure du héros mérite considération.

Le héros refuse le (dés)ordre établi par une minorité. Il refuse les règles du jeu quand elles s’éloignent de l’équité, de la justice, de l’aide à apporter aux plus défavorisés. Il est fondamentalement désintéressé et peu soucieux de son image, si ce n’est comme moyen.

Il met en jeu son esprit critique. Il fait preuve de courage, de persuasion, de ténacité. Il a une capacité charismatique d’entraînement. Il a un sens de l’organisation, des habiletés tactiques au service d’une stratégie.

Chaque époque a ses héros. Le personnage de Robin est assurément simpliste. Le duel mortel qui l’oppose à sir Guy de Gisbourne, enfermé dans sa logique de caste et ses ambitions, ressemble à un combat de basse-cour entre deux coqs.

Nous pourrions (nous) interroger : « Dis-moi qui sont tes héros, je te dirai qui tu es ou du moins à quoi tu aspires ». L’incorporation de figures idéales a, dans une certaine mesure, valeur de prescription. Nous devenons ce que nous souhaitons être, avec la pondération parfois cruelle du réel.

 

 

Bienvenue à Sanditon

Réalisation : pour la BBC, Lisa  Clarke, Olivier Blackburn, Charles Sturridge

Scénario : Andrew Davis, d’après le roman inachevé de Jane Austen

Date : 2019               

Durée : Série de 8 épisodes de 30mn environ

Acteurs principaux :

Rose Williams (Charlotte Heywood, l’héroïne, aînée d’une fratrie de onze, accueillie à Sanditon par les Parker)

Kris Marshall (Tom Parker, le promoteur irréfléchi de la station balnéaire)

Théo James (Sidney Parker, le beau ténébreux condescendant, frère de Tom

Anne Reid (Lady Denham, la vieille dame riche, associée au projet de Tom Parker)

Léo Suter (James Stringer, le beau et gentil chef d’équipe)

Jack Fox (Edward Denham, pervers et calculateur, parent de la vieille lady)

Charlotte Spencer (Esther Denham, sœur d’Edward, sous emprise de son frère)

Lily Sacofsky (Clara Brereton, parente pauvre de la lady, une calculatrice sans scrupule !)

Chrystal Clarke (Giorgiana, la riche héritière indocile, originaire d’Antigua, protégée de Sidney)

Alexandra Roach (Diana Parker, l’épouse débordée de Tom)

Mark Stanley (Lord Babington, l’amoureux transi et déterminé d’Esther Denham)

Turlough Convery (Arthur Parker, le frère hypocondriaque et boulimique de Tom)

Kate Ashfield (Inséparable de son frère Arthur et presque aussi hypocondriaque que lui)

Elisabeth Berrinton (Madame Griffith, la londonienne aux relations, amie de Charlotte)

Adrian Scarborough (Le docteur Fuchs, la caution médicale de la station balnéaire)

 

Mots clés : Station balnéaire – Premier amour – Bon sens – Perversion – Argent – Bonne humeur

 

Pour les fidèles de Jane Austen, la série « Bienvenue à Sanditon », dont la BBC a pris l’initiative, est un bonheur inespéré. L’habileté consommée d’Andrew Davis, avec l’aide d’autres scénaristes et l’intervention de plusieurs réalisateurs, a concrétisé un projet ambitieux : transposer à l’écran le roman inachevé de Jane Austen. Pour les anglais, tout roman de Jane Austen, dont le portrait décore des billets de banque de dix livres, est une source assurée de retour sur investissement. Sanditon a l’aura particulière de n’avoir pu être mené à son terme en raison des progrès de la tuberculose des surrénales de son auteure, diagnostic rétrospectif le plus probable. Notre discrète célibataire acheva sa vie dans une maison de Collège Street, tout proche de la cathédrale de Winchester, dans le Hampshire. Elle repose sous une dalle de l’édifice, sans mention de sa qualité d’écrivaine.

La qualité de portraitiste d’Austen se prêtait mal à une reconnaissance explicite par la religion anglicane. Nous devons reconnaître à Andrew Davis, comme à nombre des professionnels du cinéma associés, une connaissance fine de l’œuvre d’Austen. Celle-ci a incarné une part de l’identité du peuple anglais de son temps. Au-delà, il se dégage de ses romans une atmosphère singulière, une forme de méditation ironique sur la condition humaine, à l’entrée dans la Modernité, avant que ne commence l’époque actuelle avec la suprématie de l’image et des nouvelles technologies.

Bienvenue à Sanditon, donc. Pas de violence explicite, pas d’extra-terrestres ni d’effets spéciaux. Rien ne manque, pourtant, à ce passage au microscope des mœurs ordinaires dont la mise en évidence est rehaussée par le décalage de lieu et d’époque.

Le style d’Austen est délicatement chirurgical. Le parti pris est d’apporter une touche de comique à la plupart des situations. Tom Parker, le promoteur d’une future station balnéaire, est un rêveur qui risque la faillite. Il néglige sa famille, s’endette, parlemente pour obtenir des délais et des crédits, ne paye pas les ouvriers qu’il a embauchés pour transformer un modeste village de pêcheurs en station à la mode, susceptible d’attirer le beau monde, l’équivalent de Bath. À cette époque, la famille nombreuse était une règle. L’héroïne, Charlotte Heywood est la jeune aînée d’une fratrie de onze enfants. Jane Austen appartenait aussi à une famille prolifique. Tom Parker dispose également de deux frères et d’une sœur. Sidney, le beau ténébreux, s’est enrichi dans le commerce avec les colonies, ici, Antigua, l’île des Caraïbes où vécut l’amiral Nelson. Son frère, Arthur, et sa sœur, sont deux hypocondriaques, inséparables, non dénués de cœur. Les personnages se rapprochent parfois de caricatures. Jane, avant de disparaître, avait décidé que l’agitation de monde ne justifiait pas qu’elle soit prise au sérieux.

L’histoire ne se raconte pas. Elle se découvre. La fin des huit épisodes n’est pas sans évoquer le réalisme pessimiste de l’auteure, reflet de sa vie. Nous savons qu’il y a eu une suite. Sanditon est une histoire sans fin.

 

 

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