AREA 31 AREA 31 AREA 31
  • Accueil
    • Actualités
  • Association
    • Qu’est-ce que l’AREA ?
    • De l'AREA au C3A
    • Henri Gomez
    • Pourquoi adhérer ?
    • Etudiants
  • Méthode de soin
    • L'offre de soin et le sevrage
    • L'aide aux familles
    • Les psychothérapies individuelles
    • L’hospitalisation brève
  • Réunions et ateliers
    • Thèmes du Lundi
    • Les groupes de parole
    • L'atelier cinéma
    • L'atelier de relations interpersonnelles
    • Recherche en alcoologie
    • Conférences
  • Librairie et cinéma
    • La librairie
    • Les fiches cinéma
    • Les fiches livres
  • Videos
  • Contact
    • Formulaire de contact
    • Plan d'accès AREA et C3A
  • Partenaires

Pas de politique à l’AREA !

22-01-2024

 

Il n’y a pas si longtemps, un patient justifiait son retrait de l’accompagnement par son désaccord avec la tonalité politique de la plupart de nos séances de groupe. Il avait, par chance, rencontré un collègue psychiatre qui lui convenait. Je m’en suis réjouis pour lui. Sa réflexion m’a semblée intéressante à discuter.

Je ne partage évidemment pas la croyance en la neutralité intellectuelle et relationnelle d’un praticien ou d’un dispositif de soin. Je serais tenté, au contraire de reprendre une des convictions du mouvement de mai 68 : Tout est politique, en alcoologie.

Pour comprendre ce terme, il est nécessaire d’écarter les étiquettes utilisées pour évoquer des personnages, des partis ou des idées politiques. Le livre bleu ne met en cause aucun individu ou organisation en les cataloguant. En revanche, il dédie plusieurs lignes au « bonheur d’être réac ». Personnellement, j’ai pris les étiquettes « Gauche », « Droite » et autres « Re » en détestation. Notre préoccupation est d’essayer d’analyser les phénomènes psychosociaux et de les comprendre.

Les personnes souffrant d’addiction seraient bien avisées de se soucier de la nature des soins qui leur sont proposés. Elles devraient également se demander pourquoi elles rencontrent de moins en moins de praticiens et d’équipes aptes à répondre à leurs problèmes. Elles seraient bieni inspirées de cesser de se comporter en consommateurs insatisfaits pour comprendre comment un pays encore développé peut se satisfaire d’une évidente dégradation de l’offre d’accompagnement. Il s’agit là de questions purement politiques qui exigent la présence consciente et active de citoyens. Peut-on penser, par exemple, que l’existence d’une association de réflexion et d’entraide et que la participation d’aidants bénévoles relève de la génération spontanée ?

Toute personne concernée par un comportement addictif, et particulièrement quand l’addiction concerne un produit aussi présent que le vin ou les alcools doit une grande partie de son évolution au développement d’une conscience critique donc politique. Autrement, elle n’ira pas plus loin qu’une vie sans alcool, plus ou moins subie.

Qu’est-ce que retrouver la « seigneurie de soi-même » (Goethe) sinon un acte politique refondateur ?

Être de nouveau maître chez soi et être en situation de définir ses priorités n’est-il pas un acte politique ? En est-il autrement du tri entre ses amis, des relations utiles et les personnes à éviter autant que possible ? N’avons-nous pas à être notre chef de gouvernement en veillant au bon fonctionnement de nos différents ministères ?

La conscience politique est ainsi à l’exact opposé de ce qui nous est proposé en termes de politique. Nous avons constamment à apprendre les uns des autres, en évitant d’être dupes de la machine à décerveler et de nos illusions.

Pas de politique politicienne à l’AREA donc, mais, autant que possible une vie guidée par une conscience politique qu’il appartient à chacun d’approfondir et de décliner concrètement.

Que pensez -vous de cette option de politique générale au sein de l’AREA ?

Tâche d’être heureux !

15-01-2024

 

Tâche d’être heureux, telle est l’injonction de la Fleur au Petit prince, avant qu’il ne s’éloigne à la découverte des astéroïdes 325, 326,327,329 et 330. Nous accueillons une équipe en HBA pour un autre voyage.

A priori, cette injonction est déconcertante, paradoxale et même choquante puisqu’elle est émise à l’occasion d’une rupture affective. Ce message a-t-il un contenu à un moment d’un parcours de vie ou il est question de se séparer de l’alcool ? Lors d’un jeu de rôle improvisé, un patient qui, de fait, ne l’était pas encore retrouvait après une cure qu’il n’avait pas réalisée, sa bouteille sur la table de la cuisine. Cette dernière déployait tous ses charmes pour reconquérir le nouvel abstinent. Elle le mettait au défi d’être heureux sans elle.

Serait -il possible d’être heureux si une démarche de soin ne fait que suspendre une consommation préjudiciable, la dépendance à un produit, des affects douloureux, une sensation d’impasse ?

La recommandation perd rapidement toute spécificité, si on admet que les consommations hédoniques donnent au mieux la sensation d’une euphorie passagère. Que peut bien vouloir signifier cette quête de bonheur dans un monde caractérisé par la violence, la bêtise et ce que Spinoza appelait « les passions tristes » (Il appartient à chacun d’en dresser la liste).

Plus sérieusement, quels sont les axes de vie et l’état d’esprit qui nous rapprochent le plus de cet état de bonheur ? La capacité d’aimer et d’être aimé est l’une des conditions admises. Il ne s’agit pas de ces engouements éphémères mais plutôt de sentiments qui structurent une affectivité et des choix. La conscience de ses limites mais également la connaissance de ses ressources est de nature à concilier pour chacun ses rêves à la réalité. Le reste se déduit de l’expérience et de la connaissance de soi.

Le Vivre après l’alcool (publié chez érès) définit des axes de vie que chacun peut faire vivre : le rapport au temps, aux actes, le travail sur ses émotions, l’exercice du discernement, la sensation de liberté et d’accomplissement, la préoccupation raisonnés de sa santé physique et, question plus délicate, le sens à donner à sa vie.

Le bonheur est une aptitude qui se travaille, comme le reste.

Pour vous que peut signifier cette recommandation ?

Avez-vous la sensation de la mettre en œuvre et pour quels résultats ?

La force des habitudes

08-01-2024

 

Après la trêve de fin d’année, il est nécessaire de reprendre au plus vite les bonnes habitudes, à savoir pour ce qui nous concerne la fréquentation du groupe. La démarche visant à se libérer du carcan des addictions exige la mise en place d’habitudes alternatives. C’est un des problèmes de l’après-HBA : instaurer des habitudes qui vont couvrir deux besoins :

  • la gestion du Sans-alcool et des éventuelles reprises ponctuelles de consommation,
  • le commencement d’une élaboration mentale permise par l’accompagnement instauré à partir du groupe.

Il n’est pas nécessaire de s’appesantir sur la nécessité de constituer un territoire favorable à la sobriété. La prise matinale quotidienne d’Espéral, pendant plusieurs semaine ou quelques mois, a l’avantage d’affermir la volonté de se passer d’alcool, en affaiblissant le comportement compulsif et le clivage qui sont le propre de l’après-alcool immédiat, que le phénomène de recommencement soit conscient ou non. Nul besoin d’adopter un comportement héroïque : le courage et la persévérance auront d’autres occasions de se manifester. Cette précaution relativise beaucoup d’autres habitudes. Libre à chacun, cependant, de s’en servir ou de s’en passer. Si les proches les plus proches souhaitent imiter le nouvel abstinent en réduisant ou suspendant leur propre consommation d’alcool. Cette nouvelle habitude ne peut que leur faire du bien, sous réserve qu’ils ne vivent pas leur modération comme une abominable privation. Qu’ils évitent surtout des questionnements angoissés ou préoccupés : ceux-ci ne sont pas plus utiles que la compassion ou les louanges.

L’habitude la plus difficile à acquérir, pour la plupart, se situe dans l’élaboration mentale fondée sur la sobriété. L’élaboration se distingue aisément de l’érudition. Elle a peu à voir avec les connaissances intellectuelles. Il s’agit d’acquérir au plus vite et de développer des capacités d’écoute et de mise en mots du dialogue intérieur suscité par le thème de la réunion.

Ce travail mental d’examen critique des thématique de vie sous l’angle des addictions est une des spécificités de notre accompagnement. Cette habitude peut être transposée à nombre de livres, de films et de situations. Les addictions nous apprennent à lire autrement notre environnement.

Une foule d’autres habitudes anciennes ou nouvelles est à faire vivre. Il s’agit à la fois de conforter la vie sans alcool et d’éprouver un maximum de bien-être. La pire des habitudes anciennes est certainement la procrastination, la meilleure des nouvelles est de reprendre du pouvoir sur son temps en vivant le mieux possible les activités contraintes, en initiant de nouvelles habitudes en accord avec sa personnalité, qu’elles soient physiques ou mentales, personnelles ou relationnelles, utilitaires ou purement hédoniques.

Une chose est certaine, nous avons à veiller à ce que les habitudes des autres ou, plus souvent encore, leur désorganisation permanente ne perturbent pas les habitudes qui nous sécurisent, nous donnent du confort, nous fassent avancer.

Sur ces bases, la sobriété à toute les chances d’être bien vécue. Ces habitudes aident à devenir indifférent au regard des autres. L’essentiel de notre contentement est de rester fidèle à nos principe d’organisation et d’atteindre les objectifs que nous nous donnons à court, moyen ou long terme.

Quels ont été pour vous les bonnes et les moins bonnes habitudes qui ont accompagné votre démarche de liberté contre l’addiction ?

Dernier point : nous ne devons pas appeler « démarche de liberté » les pauses et compromis qui caractérisent certaines situations où l’important pour la personne dépendante est de « calmer le jeu » ou d’essayer de consommer avec une modération qui n’a jamais fait partie de ses habitudes.

Plus d'articles...

  1. La vie quotidienne
  2. Le devoir de réserve et le devoir de parler
  3. L’agir utile
  4. Je m’ennuie
  5. Savourer la vie sans alcool
Page 33 sur 92
  • Démarrer
  • Précédent
  • 28
  • 29
  • 30
  • 31
  • 32
  • 33
  • 34
  • 35
  • 36
  • 37
  • Suivant
  • Fin

Copyright © 2026 area31.fr - Tous droits réservés - Mentions légales
AREA 31 - Association de Recherche et d'Entraide en Alcoologie, en addictologie et en psychopathologie