AREA 31 AREA 31 AREA 31
  • Accueil
    • Actualités
  • Association
    • Qu’est-ce que l’AREA ?
    • De l'AREA au C3A
    • Henri Gomez
    • Pourquoi adhérer ?
    • Etudiants
  • Méthode de soin
    • L'offre de soin et le sevrage
    • L'aide aux familles
    • Les psychothérapies individuelles
    • L’hospitalisation brève
  • Réunions et ateliers
    • Thèmes du Lundi
    • Les groupes de parole
    • L'atelier cinéma
    • L'atelier de relations interpersonnelles
    • Recherche en alcoologie
    • Conférences
  • Librairie et cinéma
    • La librairie
    • Les fiches cinéma
    • Les fiches livres
  • Videos
  • Contact
    • Formulaire de contact
    • Plan d'accès AREA et C3A
  • Partenaires

Les fiches cinéma

Sur L’Adamant

Réalisation : Nicolas Philibert

Scenario : Linda De Zitter et Nicolas Philibert

Date : 2023 France

Durée : 109 mn

Acteurs principaux : 

Patients, soignants de l’ADAMANT et équipe de tournage du film

A/ SA

Mots-clés : Troubles psychiques-souffranceEmpathie-Tolérance-Respect de l’autre-Humanité-espoir.

 

surladamant

J’ai connu Nicolas Philibert comme cinéaste en 2002. C’est quand j’ai vu son film ’’être et avoir’’ réalisé en 2001 et sorti en salle en Août 2002. Il a filmé, dans leur quotidien (donc dans le réel) 13 filles et garçons de 3 à 10 ans d’une classe unique ainsi que leur maître, Georges Lopez, (adepte des méthodes traditionnelles d’apprentissage) à Saint-Etienne-Sur-Usson dans le Massif Central en Auvergne.

 Je venais d’être lauréat du concours de chef d’établissement du second degré et nourrissais des rêves utopiques dans un optimisme projectif quant à la prise en charge éducative des enfants français de collèges et de lycées. Je prévoyais, en conséquence, d’aider à mettre à la disposition de ces jeunes, des clés pour aiguiser et développer leur goût au savoir avec un esprit critique afin de les amener à agir, en tant que sujets, sur leur devenir de façon à ce qu’ils donnent un sens à leurs vies ainsi qu’à celles de leurs proches. Le libéralisme, notamment financier, a giflé mes rêves. Aujourd’hui, je mesure l’impact et les effets puis les dégâts de ce libéralisme financier sur le système éducatif public français (et par conséquent sur mes utopies d’antan que je ne renie aucunement).  

 En 2023, c’est sur l’Adamant, centre de soin de jour sur un bateau flottant sur la Seine en plein cœur de Paris, qu’il récidive en filmant (là encore dans le réel) avec une quotidienneté réinventée par des patients souffrant de troubles psychiques ainsi que de leurs soignants. Ce cadre de ‘’psychiatrie humaine’’ (selon l’expression de Nicolas Philibert) offre un espace de soin dans le temps et dans l’espace. Les patients sont des hommes et femmes adultes souffrant de troubles psychiques et ressortissants des quatre premiers arrondissements de Paris autour d’un suivi organisé à partir d’accueil de groupes (17 patients dans le film) à visée thérapeutique, soutenu et structuré par des entretiens réguliers avec le médecin-psychiatre-responsable et les référents du patient.

 Le film commence par une chanson de François (un patient) accompagné à la guitare sèche par Marc (un autre patient). La chanson s’intitule ‘’la bombe humaine’’ dont les paroles sont du groupe Téléphone (Corine Marienneau, JeanLouis Aubert, Louis Bertignac et Richard Kolinda) et met en exergue, par plusieurs clins d’œil graves et poétiques, la problématique de la condition humaine à l’ère de la modernité tardive. La chanson souligne, entre autres, ce qu’il ne faut pas faire pour éviter que cette bombe humaine n’explose.

 Ce centre d’accompagnement au soin n’est pas fermé sur lui-même mais plutôt ouvert sur l’environnement et sur la cité par des sorties des patients et leurs soignants en plein air ou vers des centres culturels ; par l’invitation de personnes-ressources venant de l’extérieur. Concomitamment autour d’un café, à travers les temps d’ateliers thérapeutiques médiatisés (arts, musiques, expression corporelle, couture, confection de confiture ou en réunion du matin), Nicolas Philibert nous immerge au cœur de la psychiatrie où le soin, l’écoute et l’accueil permettent aux patients de révéler le meilleur d’eux-mêmes. Ces moments ponctuent le quotidien vivant, inventif, humain et tendre du collectif de l’Adamant.

 Les protagonistes de ce film (patients, soignants, équipe du film) forment un collectif et non une communauté car la réalité de la vie en groupe y est vécue avec ses contradictions, ses tensions mais, également, avec les exigences nécessaires à la vie collective pour ce qui touche à l’exigence de prendre en compte le respect de l’autre, ainsi que la tolérance qui lui est due. 

 Une citation de Florence Gros de Radio Notre dame qui a fait la critique du film en Mai 2023 donne une appréciation de l’ADAMANT :

« L’équipe qui anime ce lieu atypique offre un cadre de soin structurant, rassurant et humanisant. Alors que la psychiatrie fait encore si souvent l’objet de peurs, sources de grandes souffrances pour les personnes malades et leurs proches, ce documentaire audacieux bouscule parce qu’il nous fait découvrir un monde poétique dans l’ordinaire de la maladie. La rencontre avec chaque patient et ses soignants est une véritable bouffée d’air frais pleine de vie ».  

 La caméra de Nicolas Philibert ne cache rien des maux des patients, elle capte aussi leur sensibilité, leur humour parfois, leur lucidité et la richesse de leur créativité ; bref leur humanité.

 Le nom d’Adamant est une contraction d’adamantin qui désigne le cœur du diamant. Sont-ce les patients qui sont précieux ou serait-ce le centre de soin luimême ?

 Le film se termine dans le brouillard. Le cinéaste l’a voulu comme un éloge au flou, pour interroger sur ce qu’est la normalité. Le film est, entre autres, une invitation à rejoindre chacun des passagers dans une humanité multiple mais commune au-delà des différences liées aux problématiques de la maladie.  

Analyse fine de la démarche d’accompagnement et analogie avec la problématique alcoolique.

 On peut distinguer la différence entre l’approche de l’accompagnement auprès des patients de l’Adamant avec celle de l’AREA 31 auprès des personnes ayant des difficultés avec la problématique alcoolique par quelques éléments non exhaustifs ci-dessous.

 Malgré le caractère sympathique du cadre physique et humain de ce centre de jour et la qualité d’accueil, d’écoute, d’empathie, d’accompagnement des patients par les personnels soignants et psychosociaux, les objectifs et finalités de ce projet d’accompagnement, de mon point de vue, souffrent de l’absence de deux éléments majeurs : la dimension de transmission et celle de l’ambition de pérennité. En effet, même si ce centre a été désigné ou qualifié de structure arborant un visage à psychiatrie humaine, d’après le réalisateur du film, cette pratique n’est pas une psychiatrie que je qualifierai de relationnelle par analogie avec l’alcoologie relationnelle. Il me semble que la pratique d’une thérapie de soin ne peut pas faire l’impasse sur la dimension humainement relationnelle entre le patient et le ou les praticiens. Cela veut dire que le praticien doit chercher à faire connaissance avec le patient pour créer un climat de confiance, lorsque le praticien rend possible un dialogue et que la sensation de rencontre devient perceptible par les deux partenaires.  

 D’autre part, et après documentation, il semblerait que cette démarche d’accompagnement n’a pas bénéficié d’un projet de transmission et encore moins d’une quelconque ambition de pérennité.

 C’est pourquoi l’espoir né de la citation de Florence Gros dans sa critique du film, ci-dessus, risque de finir en anecdote.

                                                                            Moussa BA

L’Innocence

Réalisation : Hirokazu Kote-Eda

Scenario : Yuki Sakamoto

Date : 2023.Japon

 

Durée : 126 mn

Acteurs principaux :

Sakura Ando : Soari, la mère de Mugino

Eita Nagayama : Mr Hori, l’enseignant

Soya Kurokawa : Minato, le fils de Saori

Hinata Hiiragi : Yori, l’ami de Minato

Yöko Tanaka : Mme Fushimi, la directrice

Mirsuki Takahata : Hirona, la petite amie de Mr Hori.

A/ SA

 

Mots-clés : Parentalité – homosexualité – mensonge – illusion - perversion

 

Linnocence home

 

Un enfant de l’école primaire, Minato Mujino, en fait voir de toutes les couleurs à sa mère, une ouvrière de pressing, prénommée Saori. Le père un ancien joueur de rugby est décédé, lors d’une escapade avec une autre dame. Saori doit assumer seule la fonction parentale. Son fils lui signale une maltraitance émanant de son nouvel instituteur, monsieur Hori. Saori se met sur son 31 pour solliciter une entrevue avec la directrice de l’école privée qui accueille son fils. Elle bascule dans un monde étrange ou la communication avec les enseignants et la directrice de l’établissement semble impossible. L’histoire peut commencer.

Le spectateur est confronté à des séquences successives, différentes selon le point de vue des principaux protagonistes. L’histoire prend, de plus en plus, l’allure d’un drame. Les non-dits s’associent aux faux semblants et aux mensonges, avant que des parcelles de vérité se dégagent.

La compréhension de la situation semble longtemps inaccessible, suscitant le désarroi de deux personnages « normaux », Saori et Mr Hori, soucieux de faire prévaloir la vérité et l’apaisement. Le spectateur prend peu à peu conscience du moteur de l’histoire et parvient non sans mal à comprendre la cohérence de l’imbroglio déterminé par les perturbations mentales et affectives du « monstre », titre de la version japonaise.

Le choix français de « L’innocence », comme titre alternatif se révèle heureux dans la mesure où il sert le scénario et la morale fondamentale et cependant complexe du récit. La perversion peut prendre le masque de l’innocence. La culpabilité apparente peut relever de la manipulation et du mensonge collectif. La monstruosité se distingue de l’opinion morale pour s’expliquer par les aléas du développement psychoactif. En creux, le rôle du masculin et de la fonction paternelle est mis en valeur comme facteur de stabilité et de repère. Quand ils font défaut, cela va mal. Quand ils s’efforcent d’exister, associés à la bienveillance et à la bonne volonté, ils sont écartés, attaqués et rejetés.

Le réalisateur ouvre ainsi un champ de réflexion qui exige la compréhension clinique des relations humaines, déterminé par les déficiences du couple parental et de l’ordre social.

L’histoire suscite la réflexion sur l’effacement post-moderne du père, sur l’éclatement précoce des couples parentaux. Il met, ici, en évidence les conditions de l’émergence de l’homosexualité, bien avant l’adolescence, sous l’effet des dysfonctionnements familiaux et des pertes de repère qu’ils suscitent. Le film incite à questionner la perversion comme réponse à une souffrance mentale précoce. La société des adultes ne semble tenir que par l’effet des solidarités les plus médiocres. Les figures d’autorité ne tiennent pas la route. En définitive, le coupable désigné est l’innocent de l’histoire, ce qui souligne l’ironie tragique de nombre de situations individuelles et collectives.

L'envol

Réalisation : Pietro Marcello Scenario : Pietro Marcello et coll.

Date : 2022 / France -Italie - Allemagne

Durée : 100mn

Acteurs principaux : 

Juliette Jouhan : Juliette

Raphaël Thiéry : Raphaêl, le père

Noémie Lyvosky : Adeline

Louis Garrel : Jean

Yolande Moreau : La magicienne

Bernard Baclan : le patron du chantier naval

A/ SA

Mots-clés : 

Viol – Répétition – Loi du silence – Création - Suicide

lenvol

Une histoire qui finit mal. Raphaël revient de la Guerre de 14-18. Il découvre Juliette, sa fille, encore bébé. L’épouse de Raphaël, la mère de Juliette, est morte, peu après la naissance. Une dame costaude, Adeline, s’en occupe comme une mère de substitution. Raphaël n’est pas bien accueilli par ceux du village. Il a du mal à trouver un travail. Il finit par être accepté du fait de ses qualités d’ébéniste dans une entreprise de bois. Raphaël est taciturne mais il veut comprendre. Adeline lui donne la clé de l’hostilité ambiante : sa femme a été violée par le patron du bistrot du village et elle a mis fin à ses jours, peu après. Le silence s’est fait. Plus tard, le méchant homme – le patron du bar – glisse et s’enlise dans un marais, lors d’une chasse aux canards. Raphaël constate et ne fait rien. Cela se sait : un autre chasseur assistait à la scène. Le rejet de Raphaël s’en trouve renforcé. La loi du silence couvre aussi sa non-assistance en danger. 

Raphaël a alors l’idée de créer des objets en bois qui font le bonheur d’un marchand de jouets. Entourée par Adeline, Raphaël, son père, et par un sympathique trio familial originaire du Maghreb, Juliette grandit. Elle n’est pas plus acceptée que son père par les jeunes du village, à l’exception du fils du patron du bistrot qui voudrait bien abuser d’elle. Un jour, un beau et ténébreux jeune homme brun fait un atterrissage forcé en aéroplane. Juliette, la rêveuse solitaire, en tombe immédiatement amoureuse. Hélas, le temps d’une réparation et le jeune homme s’envole, avec son copilote. Raphaël est chargé d’une commande inespérée : sculpter la figure de proue d’un bateau. Il recrée le visage de sa femme et meurt, peu après avoir livré son chef d’œuvre.  Le fils du bistrotier passe à l’acte et manque de peu violer Juliette qui parvient à s’enfuir. Nous la retrouvons au bord d’une falaise. Elle regarde beaucoup plus bas les vagues se briser contre les rochers. La fin est poétique, marqué par le retour de l’aviateur, mais l’on comprend que ce que l’on voit est le dernier rêve de Juliette avant sa mort, sorte de répétition de ce que sa mère connut.

La répétition, le silence, l’injustice, la fuite dans les rêves et la mort

L’envol ne laisse pas indifférent. Le père, Raphaël joue un rôle-clé dans l’histoire. Il n’a pas été là, pour cause de guerre, pour protéger sa femme. Sa mort a privé sa fille de son soutien. Même si Adeline peut déclarer à un moment « qu’on peut vivre sans homme », l’histoire montre que des femmes peuvent mourir faute de la protection assurée par un homme, qu’il soit époux ou père. 

La loi du silence est étouffante et destructrice. Elle est à l’origine d’une double exclusion, celle de Raphaël, puis celle de Juliette. 

Le traumatisme du suicide de la mère de Juliette, après le viol subi, n’a pas été mis en mots. Il ressurgit quand Juliette perd celui qui aurait pu lui assurer amour et protection, à la place du père disparu. Il ne lui reste plus qu’à mourir, après le viol auquel elle a échappé puisqu’elle est considérée comme une proie par l’environnement masculin. Elle peut rêver une dernière fois et mettre un point final à une vie sans espoir. Elle échappe ainsi à son destin de proie.

Raphaël est innocent de la perte de sa femme et il prend le statut d’un coupable. Juliette est innocente de tout. Elle n’est protégée par rien. 

Nous relèverons que ce film doit sans doute beaucoup au financement de l’Europe, c’est-à-dire indirectement des rois du pétrole. La trame du film en est subtilement influencée.

 

Plus d'articles...

  1. Le Prince et le Pauvre
  2. Une femme disparait - The lady vanishes
  3. La romancière, le film et le heureux hasard
  4. Anatomie d’une chute
  5. Les choses simples
Page 15 sur 69
  • Démarrer
  • Précédent
  • 10
  • 11
  • 12
  • 13
  • 14
  • 15
  • 16
  • 17
  • 18
  • 19
  • Suivant
  • Fin

Copyright © 2026 area31.fr - Tous droits réservés - Mentions légales
AREA 31 - Association de Recherche et d'Entraide en Alcoologie, en addictologie et en psychopathologie