Lundi 18 novembre 2019

Si Corinne n’existait pas… En faisant l’effort de traduire sa demande exprimée par courriel, j’aboutis à ce thème inédit : « Qu’avons-nous fait de l’héritage ? »

Pour l’illustrer, je partirai des vignes et du vin. J’ai eu la chance de pouvoir découvrir à vélo la quasi-totalité du vignoble français et les paysages qu’il façonnait en plaine et plus encore en piémont, reflet du savoir-faire des générations. J’ai visité quelques caves. Bu en gastronome ou en épicurien, le vin est un objet gustatif, hédonique et culturel, qu’avons-nous fait pour qu’il serve de moyen d’anesthésie et de destruction ? Je ne culpabilise en rien les infortunés pris au piège de sa consommation. Je pointe les vulnérabilités, les ambiances, les usages, l’évolution sociétale et les alcooliers qui ont donné au vin le statut d’une drogue dure.

Qu’avons-nous fait de l’héritage, religieux et athée, qui fondait notre identité ? L’athéisme est de principe quand il s’agit de comprendre le monde dans lequel nous vivons et que nous transformons. Il vise l’exactitude et assure le fondement d’une éthique bienveillante, face au tragique de la condition humaine. Cet athéisme a été dévoyé en matérialisme sordide et aveugle qui donne libre cours à l’exploitation et à l’humiliation des faibles par les puissants. Le pouvoir critique et subversif de la Parole, la double incitation à « aimer son prochain comme soi-même », présente dans les Grands textes, se sont effacés devant la défense de l’Ordre établi et de ses intérêts égoïstes. Nous sommes de nouveau assaillis par toutes sortes d’obscurantismes. La liberté et la paix sociale si chèrement acquises sont rognées de jour en jour. La nouvelle religion consiste à consommer, à s’addicter, à dominer ou éliminer l’autre.

Nous avons tous eu une famille. Nous avons des origines plus ou moins mélangées et contrastées. Que faisons-nous de notre Mémoire ? Quelles leçons tirons-nous de l’Histoire pour nos choix de vie ?

Qu’avons-nous fait de notre héritage ? Qu’avons-nous à transmettre qui fasse honneur à nos origines et serve à nos entourages proches et aux populations qui peuplent la planète ?

 

Lundi 4 novembre 2019

Georges va prendre la baguette du chef d’orchestre pour cette séance. Nos étudiantes se répartiront l’indispensable fonction de scribe. J’assurerai la transcription de la séance à partir des notes qui seront laissées sur la table. Je vais me rendre dans le même créneau horaire, au Stade Wallon, à une manifestation dirigée par Didier Lacroix, Président du Stade toulousain, pour célébrer des innovations régionales. Je crois être un parfait inconnu pour la Tribune, la structure d’organisation et j’ignore sur quels critères j’ai été invité. Il serait curieux que ce repérage soit déterminé par ma qualité de supporter encarté du Stade mais qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse.

Ce thème a une origine précise. Marie Corbi, une des étudiantes-stagiaires de l’an dernier, doit rédiger un mémoire sur cet objectif surprenant, proposé par sa professeure d’orientation cognitivo-comportementale : évaluer le bonheur. Elle a choisi de rapprocher la thématique de la problématique alcoolique. Cette séance peut l’aider, tout en nous posant cette question a priori surprenante : « comment évaluer le bonheur dans le cadre de la problématique alcoolique ? ».

 Bien que non-formaté par les TCC, je prends le risque d’imaginer des éléments pour un questionnaire.

 

  1. D’abord une question ouverte : qu’est-ce que pour vous le bonheur ?
  2. Quelles différences faites-vous entre le bonheur, la satisfaction, l’euphorie et la joie ?
  3. Quels liens faites-vous entre bonheur et plaisir, entre bonheur et ennui ?
  4. Le bonheur, selon vous, est-il un état durable ou transitoire ?
  5. Pensez-vous avoir des dispositions pour le bonheur ?
  6. Quelles sont les principales entraves au bonheur ?
  7. Quelles sont les composantes de la personnalité nécessaires au bonheur ?
  8. Le bonheur, c’est comme le silence, nous en prenons conscience quand on le nomme. Qu’en pensez-vous ?
  9. Pouvez-vous citer 5 situations de bonheur différentes ?
  10. Quels sont, selon vous, les principaux ingrédients du bonheur ?
  11. Quel a été votre dernier moment de bonheur ?
  12. Quelles relations faites-vous entre bonheur et alcool ?

Vous pourrez préparer vos réponses par écrit…

 

 

Lundi 21-10-2019

La Dépêche de Toulouse du 16 octobre attire l’attention (parmi de nombreuse autres informations) sur deux points. Le premier concerne des évolutions dans l’offre de soin en médecine de première ligne. Le président de l’Ordre des médecins de la Haute-Garonne, Stéphane Oustric, commente ainsi les arrivées récentes de jeunes médecins dans le nord Aveyron : « Il n’ont pas de centre hospitalier proche, les conditions climatiques sont rudes mais ils ont su créer un tissu de vie très agréable. Aujourd’hui, le choix des jeunes professionnels se fait avant tout en fonction du cadre de vie. Ce sont d’excellents professionnels qui ont une vraie dimension empathique mais ils donnent des règles à la qualité de leur exercice. Ils ont compris que s’ils se sentent bien, ils soigneront mieux leurs patients ». Ces observations sont très justes. Elles pourraient être complétées par de nombreuses autres dispositions qui conforteraient la qualité des prestations avec un meilleur coût pour la Collectivité.

Un autre article a attiré mon attention. Deux frères partis acheter un sandwich, dans la nuit de samedi à dimanche, aux Sept-Deniers, ont été tabassés à coups de barre de fer pour avoir refuser d’acheter du cannabis. Une photographie en couleur montre, le long d’un amas de feuilles, plusieurs grosses taches de sang dispersées sur un trottoir. Le trait d’union entre ces articles est bien la qualité de vie. Comment analyser la qualité de vie en la rapprochant de l’alcool, des substances psychoactives et des addictions ?

Le premier article souligne l’importance du cadre de vie dans la sensation de bénéficier d’une vie agréable. Le nord Aveyron mentionné évoque la beauté d’une nature respectée, l’absence de pollution aérienne, la tranquillité des relations. Le second article fait contraste ; pas tant pour le fait que l’action soit intervenue en ville, mais parce que l’insécurité s’est concrétisée par une violence extrême qui va bien au-delà de l’exigence folle d’imposer l’achat d’une substance psychoactive.

La qualité de vie fait intervenir de nombreux facteurs extérieurs, matériels et comportementaux. Elle renvoie, pour une partie décisive à nos choix de vie et à la façon dont nous nous positionnons par rapport à tout ce qui influence, d’une manière ou d’une autre, notre quotidien.

Que faites-vous concrètement pour bénéficier d’une bonne qualité de vie ?