Lundi 15 Avril 2019

 

Le sevrage en addictologie consiste à suspendre la consommation d’un produit dont on est dépendant. Il peut se faire en institution ou en ambulatoire. Le sevrage peut être ou non intelligent. Des sevrages sauvages peuvent être le fait de la personne dépendante. Il est dangereux de suspendre brutalement une consommation d’alcool, alors qu’il existe des signes de manque après quelques heures de non-consommation du fait du sommeil ou en raison de l’absence d’alcool, à portée de main. Le risque est réel sous la forme de convulsions ou même de fausses routes dans les voies respiratoires, en cas de vomissement. Ces épisodes de fausse route s’observent également en cas de vomissement associés à une ivresse comateuse.

En pratique, le sevrage est un phénomène simple et sans danger quand il est progressif et accompagné. Les alcools forts peuvent être écartés en premier, la gestion d’alcool réduite puis interrompue, avec l’aide de quelques médicaments très simples. Les antécédents d’épilepsie ou de toute autre souffrance cérébrale demandent des précautions particulières.

Le sevrage physique peut intervenir dans un établissement de soin. Il peut également survenir en ambulatoire. Une bonne idée est de l’organiser en dehors du lieu de consommation habituelle, par exemple, à l’occasion de quelques jours de vacances, pour une personne déjà au fait de l’accompagnement. Autrement, l’hospitalisation brève (HBA) est le moyen à privilégier. Dès le deuxième ou troisième jour, la prise progressive d’Espéral peut sécuriser le sevrage, jour après jour en respectant la libre décision de l’intéressé.

Le sevrage n’est rien en soi, comparé au cheminement qu’il ouvre. Beaucoup de personnes croient s’en sortir en faisant une « pause ». D’autres croient qu’ils pourront persister seuls, sans aide, dans l’abstinence. D’autres s’appuient sur un mouvement d’anciens buveurs pour rester lucides. D’autres encore, moins nombreux, font un travail durable sur eux-mêmes, par des groupes tels que le nôtre ou apparenté ou par une aide psychothérapique individuelle quand ils en ressentent le besoin.

Beaucoup d’appelés. Peu d’élus, hélas. À chacun de saisir sa chance, de comprendre sa problématique de vie dans le monde tel qu’il est.

Votre expérience ?

 

Lundi 8 Avril 2019

Il peut sembler artificiel de rapprocher les personnes et les situations toxiques. Nous allons cependant nous y risquer.

Il suffit, certes, de l’arrivée d’une ou de plusieurs personnes malveillantes dans un lieu, pour qu’une situation globalement bonne devienne « toxique », par le fait de leur personnalité et de leur mode de relation. Les personnes toxiques s’avancent plus ou moins longtemps « masquées » jusqu’à créer une situation de souffrance intolérable. Il n’est pas toujours possible de nous extraire de cette situation qu’elle soit d’ordre professionnel, familial ou même amical.

Au début du numérique, après un apprentissage simple, nous pouvions nous réjouir de cet outil et des progrès à venir. Le temps a passé et tout s’est compliqué. La fréquence et le type de pannes crée une situation toxique pour l’activité et le vécu de l’utilisateur.

Personne, d’un côté, technologie, de l’autre, nous sommes confrontés à des situations toxiques dont il est difficile de s’extraire.

La situation toxique crée l’insécurité, un mal-être, un état anxiodépressif.

L’alcool – ne l’oublions pas – est un toxique qui abime les personnes aussi bien qu’il pourrit les situations. En même temps, il est souvent un symptôme : il y a urgence à assainir une situation, essentiellement en simplifiant l’équation du sujet. Il devient parfois nécessaire d’abandonner un investissement professionnel quand il se révèle trop pénible ou incompatible avec d’autres implications, notamment familiales.

Nous devons nous poser la question de notre compatibilité avec des personnes toxiques. Par manque de confiance en soi, par naïveté ou excès de gentillesse parfois, ou par sa position personnelle face à une figure d’autorité ou un faux ami, quelqu’un peut se laisser enfermer dans une relation toxique.

Savez-vous, aujourd’hui, identifier une personne ou une situation toxique ? Comment ? Et comment parvenez-vous à vous en éloigner ?

 

Lundi 1er avril 2019

 

Les conflits sont malheureusement une règle relationnelle. Je dis « malheureusement » car, comme beaucoup d’autres, je n’aime pas les conflits. Pour autant, comme beaucoup d’autres, j’ai mes propres opinions sur un certain nombre de questions. Je les ai élaborées dans la réalité des confrontations. J’ai pris le temps de les construire. J’en admets le caractère imparfait et évolutif. J’aimerais, en retour, que mes interlocuteurs partagent le même état d’esprit. Il m’est par conséquent pénible de devoir supporter des attitudes d’intolérance, d’indifférence ou d’incompréhension.

Sans doute, ne faut-il pas rêver à des relations toujours harmonieuses mais tout de même. Si je ne me contrôlais pas, je serais très souvent en conflit. Je dois faire taire mon esprit critique pour ne pas susciter en retour une agressivité que je ne souhaite pas. Il faut cependant admettre la faiblesse du niveau de tolérance de la plupart de nos interlocuteurs. Nous devrions obligatoirement penser comme eux ou du moins éviter de les contredire. Cette situation aboutie à un vécu de censure et à un sentiment de solitude particulièrement lourd. Quelle marge de manœuvre est-il laissé à un non violent, spontanément disposé à entendre d’autre point de vue que les siens, tout en étant décider à faire valoir ses arguments ?

Une première attitude, d’ordre général, consiste à sélectionner les personnes aptes à un dialogue authentique, si possible fondé sur l’expérience. Comment se déterminer face au large cercle de ceux qui ne répondent pas aux conditions d’une relation sereine ? Nous avons le choix entre l’évitement pur et simple, entre une attention distraite, de convenance. L’absence de réponse peut  prendre la forme d’une diversion, d’un hors sujet, qui manifeste notre refus d’engager la conversation sur des bases déplaisantes. Le recul pris, surtout en cas de bavardage en groupe, permet parfois des répliques qui font tourner court une conversation insupportable. Nous pouvons également nous retirer visiblement de la relation, sans aller jusqu’à la muflerie d’un Francis Blanche expliquant à son hôtesse que s’il baillait ce n’est pas pour cause de sommeil mais seulement parce qu’il s’ennuyait.

Le dépassement d’un conflit suppose un minimum d’honnêteté intellectuelle et de calme. Si la mauvaise foi et les arrières pensées dominent, le choix est entre la dénonciation argumentée ou le mépris.

Il n’est pas nécessaire, sauf caractère vital, de perdre du temps et de l’énergie dans un conflit reposant sur de telles bases.

La notion de conflit est associée à celle d’arbitrage. L’expérience montre qu’un point de vue minoritaire reçoit rarement le secours d’un jugement équitable. Aussi, la méfiance envers les arbitrages est-elle légitime.

Le positionnement ci-dessus présenté est celui de l’évitement. Peut-être est-il entaché d’une forme de lâcheté ? Je précise que mon évitement face au conflit ne correspond pas à un sentiment d’infériorité. Il reflète du lâcher-prise, de l’incompréhension face à l’intolérance et à la bêtise, de la tristesse, devant l’impossibilité de se faire entendre et, parfois, un discret mépris.

Avez-vous l’expérience de résolutions de conflit satisfaisantes ?