AREA 31 AREA 31 AREA 31
  • Accueil
    • Actualités
  • Association
    • Qu’est-ce que l’AREA ?
    • De l'AREA au C3A
    • Henri Gomez
    • Pourquoi adhérer ?
    • Etudiants
  • Méthode de soin
    • L'offre de soin et le sevrage
    • L'aide aux familles
    • Les psychothérapies individuelles
    • L’hospitalisation brève
  • Réunions et ateliers
    • Thèmes du Lundi
    • Les groupes de parole
    • L'atelier cinéma
    • L'atelier de relations interpersonnelles
    • Recherche en alcoologie
    • Conférences
  • Librairie et cinéma
    • La librairie
    • Les fiches cinéma
    • Les fiches livres
  • Videos
  • Contact
    • Formulaire de contact
    • Plan d'accès AREA et C3A
  • Partenaires

Les obstacles au discernement

18-05-2026

J’ai eu à réfléchir, ce jeudi matin, premier de quatre jours de « pont », à un thème de remplacement, car nous avons reporté à la semaine suivante le thème des « plaisirs de la table » pour faire découvrir le groupe aux diététiciennes de la Clinique Rive Gauche, disponibles ce jour-là. Elles ont eu la très bonne idée de s’investir spontanément auprès des personnes accueillies en HBA. Il nous a apparu important qu’elles découvrent l’alchimie du groupe-orchestre pour mieux se fondre dans la dynamique relationnelle des cinq jours. Notre idée est d’aboutir à une structuration exemplaire de ce moment de possible bascule dans le parcours de vie de personnes addictées. Nous verrons, ensuite, quel usage faire de cette exemplarité d’efficience.

Le thème des obstacles au discernement m’a paru d’actualité. Notre journal régional a fait un effort particulier en mettant en première page un cobra échappé, en gardant probablement en réserve des révélations sur la nouvelle pandémie, ou une image de notre porte-avion à proximité du Détroit d’Ormuz. Donald Trump est annoncé au prochain spectacle de Big Flo et Oli, mais la source n’est pas sûre. Un des obstacles au discernement pourrait bien être nos médias et revues, si soucieuses de nous informer et de nous expliquer la vérité vraie.

Nous sommes fascinés par notre nouveau jouet. Nous avons le plaisir trouble de tutoyer l’IA (il existe déjà l’IA des riches et l’IA des pauvres). Quel plaisir de l’entendre s’excuser quand nous contestons une de ses opinions ! Avec Google, nous savons tout. Avec Tik Tok, c’est encore plus facile, semble-t-il. Notre cerveau peut rester au repos.

Le cerveau a pourtant besoin d’exercice comme un muscle. À propos de cerveau, j’ai découvert le scanner de quelqu’un, longtemps intolérant et autoritaire. Il montre une atrophie du cortex, accentuée au niveau du lobe frontal. C’est très rassurant. Il dispose désormais d’une vision du monde détachée, euphorique même, quelque que soit la conjoncture. En plus, l’altération de la mémoire va effacer tout souvenir douloureux.

Il existe bien d’autres obstacles au discernement. La morale ambiante et le sens commun n’aident pas l’esprit critique. Une notion n’est pas juste par « essence ». Notre époque a un grand amour des étiquettes classantes.

Les individus et les groupes d’appartenance ont d’excellentes dispositions au déni, aux opinions catégoriques et catégorielles, à la mémoire ou l’amnésie sélective, Les sentiments de honte et de culpabilité sont des obstacles au discernement.

Une erreur largement partagée est d’utiliser de façon abusive une grille de lecture pertinente pour éclairer une partie du réel. Ainsi vouloir tout soigner avec la psychanalyse ou les techniques comportementales ou les médicaments ou par la seule hypnose ou le seul usage du groupe de parole… ou vouloir tout expliquer par la religion ou la science.

Il se distinguait la conscience de classe (sociale) et la position de classe. Celle-ci tend à établir en vérité ce qui n’est qu’un ensemble de convictions pour ne pas dire de constructions idéologiques véhiculées par le milieu d’origine. Sans recul, le réel est ignoré ou tronqué, la mémoire devient inutile ou sélective, l’esprit critique exclut l’autocritique. Il semble bien qu’en renforcement des subjectivités dogmatiques, la pratique des généralisations et des amalgames soit un obstacle efficace au discernement. Une bonne question de réfléchir de quoi est fait aujourd’hui l’idéologie dominante et quelles sont les modalités et les pratiques qui en découlent. Les idéologies concurrentes ne doivent pas être exemptées d’examen. Elles ne valent peut-être pas mieux et peuvent même se révéler pires. Il est possible de considérer qu’elles ne soient que des formes particulières et transitoires de l’idéologie dominante dont la finalité est de garantir le pouvoir des élites et sous-élites, où qu’elles soient.

Les addictions constituent, de ce point de vue, une arme de soumission et de destruction majeure, parallèlement à leur usage économique. Celui qui n’a pas pris conscience de cet aspect des addictions n’a pas compris grand-chose à son problème et aux solutions de sa résolution.

Quelles ont été et quels sont, aujourd’hui, les obstacles au discernement que vous identifiez en vous ?

Bienveillance et alcoologie

11-05-2026

Un de mes correspondants m’a livré un ensemble de définitions ironiques visant la bienveillance. J’en retiens quelques unes.

Étymologie :  Du latin bene volentia, « vouloir du bien », expression en usage dans les départements des ressources humaines.

Sentiment éprouvé par les personnes qui n’ont rien à vous proposer mais tiennent à ce que vous le sachiez chaleureusement. 

« Il me serra la main avec une bienveillance si appuyée que j’en comptais mes doigts. » (Talleyrand)

« Nous vous accompagnerons avec bienveillance dans votre transition professionnelle (Direction des Richesses Humaines, lors d’un licenciement.)

Disposition mentale, plus ou moins sélective, caractérisée par l’incapacité de formuler un jugement critique face à l’inacceptable.

Syn. : indifférence souriante. Exemple : manager avant l’annonce du plan social. Personne de pouvoir sollicitée.

Servie froide, la bienveillance prend le nom de « condescendance » ; servie chaude, celui de « prosélytisme ». 

Ne se conserve pas au contact prolongé du réel, produit alors du ressentiment.

Ne pas confondre avec la bonté, qui coûte quelque chose, ou avec la gentillesse, qui n’exige pas de séminaire à 800 euros la journée dans un château de la Loire.

Ses contraires : Franchise, lucidité, courage, relation égalitaire.

Equivalences : complaisance, compassion.

Jean de la Fontaine : Il est bon d’être charitable. Le point est de savoir avec qui. (Nous pourrions ajouter : Et pourquoi).

Cet exercice de défoulement accompli face à l’hypocrisie sociale et à l’absence d’empathie ambiante, que pouvons-nous dire à propos de la bienveillance dans le champ de l’alcoologie ?

Nous avions organisé une conférence sur « les pièges de l’empathie », il y a quelques années.

Nous avions souligné, au commencement de la relation de soin, la justesse de ce que l’on appelle la neutralité bienveillante, c’est-à-dire d’une attitude ouverte, aussi allégée que possible de préjugés.

Nous avions convenu de la nécessité de développer une alliance thérapeutique, propre à la relation d’aide. Cet objectif exige un certain nombre d’efforts de la part du soignant. Ces efforts demandent la connaissance de la problématique alcoolique et une réelle disponibilité.

Une difficulté est d’être confronté à des patients qui entendent ne pas abandonner leur addiction, parce qu’ils s’en croient incapables ou parce qu’ils n’ont pas envie de s’en priver, en dépit des déboires enregistrés : sanctions pénales, ruptures affectives, isolement relationnel, marginalisation sociale, ennuis de santé, mal-être croissant, anxiété, dépression, sentiment de dévalorisation. Il ne s’agit pas de masquer les réalités au patient, bien au contraire. La situation est habituellement pire que ce qu’il croit. Un message à lui faire passer est que la société s’attache, sans mot dire, à l’éliminer, après usage. Un message alternatif doit lui être proposé, facilité par l’exemple des aidants et la mise en jeu de ses ressources propres : il peut alors prendre plus aisément la mesure de son addiction, de donner un présent et s’ouvrir l’avenir.

La bienveillance envers soi et les autres est une avance d’estime, à justifier.  Elle rejoint le respect de soi, indissociable du respect des autres.

Pour ce qui me concerne, elle est acquise face à une personne alcoolique, à charge de la faire vivre dans le cadre de l’alliance thérapeutique et associative. Elle est moins spontanée face à une personne ayant pris l’option de l’usage de « drogues », face à des addictions comportementales.

Quelle est votre sentiment vis-à-vis de la bienveillance ? Comment la déclinez-vous au quotidien ?

Le concept de « contre-élite » en alcoologie

04-05-2026

Notre époque est riche en nouveaux concepts qui se veulent opérants. Une caractéristique des nouveaux concepts est de faire oublier les anciens, sans obligatoirement faire intervenir la justesse ou le caractère erroné du dit-concept. La nouveauté est une façon de légitimiser l’oubli et l’inculture. Le terme de « contre-élite » a été avancé. L’intelligence artificielle en fait une présentation contrastée, nuancée, contradictoire, et, en définitive, quelque peu brouillonne, sans, pour autant, de notre point de vue, apporter des éclairages bien nouveaux.

L’alcoologie constitue un territoire lourd d’enjeux. Il est intéressant de réfléchir à l’usage qui pourrait être fait de cette notion dans le contexte actuel.

Pour réfléchir correctement à ce terme dans le champ de l’alcoologie, il convient d’abord de quoi est constituée l’élite, quels en sont les motivations, les modes d’organisation, les concepts, les discours et les pratiques. Ce que nous apprennent les addictions, notre livre de 2023, suggère un effet de miroir. Quelles sont les caractéristiques de l’élite ?

Ce qui définit une élite, dans le sens commun, est sa position de domination économique, institutionnelle, relationnelle et idéologique. Elle induit, par temps calme, une soumission – et même l’adhésion – volontaire, bien distinguée par La Boétie. Il n’y a pas d’élite sans sous-élite, chargée de faire vivre les intérêts de l’élite. La sous-élite a le choix entre trois options : la collaboration, le compromis ou le rejet.

La « contre-élite » désigne, en bonne logique, les forces qui contestent cette domination, pour y substituer la sienne, au risque du pareil au même.

La contre-élite peut connaître une adaptation plus ou moins, en rejoignant les options de l’élite, ce qui s’appelle le transformisme. Elle gagne et justifie ainsi sa place, comme le majordome justifie la sienne entre ses maîtres et les domestiques.

Dans le champ de l’alcoologie, règnent les alcooliers (position économique) et les universitaires (pouvoir intellectuel), éloignés du contact déplaisant avec la population concernée. Une armée de supplétifs (Administration, Justice, Police, services sociaux, soins) gère cette population au mieux des intérêts de l’élite, au nom de l’intérêt général. L’ignorance est le ciment de l’indifférence. Comme il n’est pas possible de toujours assurer l’hégémonie de l’élite face aux effets persistants, plutôt désastreux, de ses pratiques, il va de soi que, sur un mode plus ou moins anecdotique et marginal, des individualités se font connaître, s’efforcent de constituer une alternative, tentent de développer un rapport de persuasion pour induire les changements souhaitables. C’est alors que se reconnaît les qualités propres de l’élite. Une élite décadente s’accroche à ses privilèges, quitte à préférer l’effacement de toute critique, même constructive, par le contrôle de l’opinion, la sanction et la répression. Elle fait le choix des diversions et du pire, en s’attachant à éviter les conséquences de ses agissements.

Une élite véritable accepte les remises en question et les changements d’orientation. Elle abandonne une partie de ses privilèges sur le mode du compromis, en privilégiant l’intérêt général. Quand un système entre en crise, une période incertaine intervient d’où peuvent naître des monstres.

La contre-élite n’a de justification que dans la mesure où elle représente l’intérêt général, ce qui comprend, sans s’y limiter, les intérêts des populations qui n’ont pas droit au chapitre.

Pour ce qui me concerne, je ne moque d’appartenir à quoi que ce soit. La devise républicaine suffit à mon bonheur : Liberté d’initiatives, égalité de droits, fraternité d’armes.

Et vous ?

Plus d'articles...

  1. Le vécu des maltraitances
  2. Transmission
  3. Culture et addictions
  4. Les différentes créativités comme alternatives aux addictions
  5. Le sens des opportunités
Page 1 sur 94
  • Démarrer
  • Précédent
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
  • Suivant
  • Fin

Copyright © 2026 area31.fr - Tous droits réservés - Mentions légales
AREA 31 - Association de Recherche et d'Entraide en Alcoologie, en addictologie et en psychopathologie