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La question des objectifs

02-02-2026

Après l’AG statutaire, en ce début d’année, et par le fait d’une patiente, en quête de motivation, la question des « objectifs » sera à l’ordre du jour de notre séance.

Rien à voir a priori entre les objectifs de l’association et celle d’une personne en début de parcours d’accompagnement.

Les objectifs de l’association sont clairs, même s’ils sont problématiques. Il s’agit de durer, de la meilleure façon, d’explorer les possibilités de pérennité, de concrétiser notre volonté de transmission par l’aboutissement de nos deux projets éditoriaux, d’élargir l’audience de notre travail, de recevoir et d’aider de nouveaux patients, d’améliorer nos connaissances en phase avec le réel, en faisant vivre l’écoute, la bienveillance et l’esprit critique qui font partie de l’identité de notre collectif.

La question des objectifs est tout autre chez un nouveau venu. Elle peut la considérer sous plusieurs angles. Pour les plus anciens, la question qui s’impose est de faire le meilleur usage possible du temps qui reste. Pour d’autres est de préserver ce qui a été sauvegardé ou regagné ou qui n’a pas encore été perdu D’autres encore peuvent penser l’après-alcool comme une ouverture sur l’avenir et se soucier avant tout de se mettre (ou de rester) en état de marche, dans les meilleures conditions possibles. D'autres encore sont dans l’ambivalence, ils voudraient, comme on dit, le beurre, l’argent du beurre, et le sourire de la crémière ou du crémier, sans contrepartie. C’est oublier le caractère possiblement totalitaire de l’alcool. Une autre façon d’aborder cette question est de réfléchir à l’articulation entre la motivation et le travail d’élaboration mentale nécessaire à comprendre les origines de l’addiction, les modifications à apporter pour la rendre inutile.

Quels sont vos principaux objectifs et quels moyens (de toute nature) vous donnez-vous pour les atteindre ?

La conjuration des imbéciles

  

26-01-2026

 

Le titre du livre de John Kennedy Toole hante mon cerveau. Je crois qu’il peut nous faire réfléchir, au moins le temps d’une séance de notre groupe.

La réflexion doit, en toute équité, commencer par examiner en quoi nous nous sommes indiscutablement comportés comme des imbéciles, et en quoi nous sommes présentement en période d’imbécilité active. Sans doute, face à cette entreprise autocritique, l’âge intervient pour nourrir notre expérience, mais, si nous en croyons Brassens, le temps ne fait rien à l’affaire. Nous manifestons inégalement et plus ou moins précocement des dispositions.

En quoi consiste l’imbécilité ? Immense question qui convoque la concision et la subjectivité. Je me dispenserai de poser la question à l’intelligence artificielle dans la mesure où la vérité n’est, de mon point de vue, que l’affirmation d’une suite d’erreurs contradictoires et cependant complémentaires. Un petit exemple d’incertitude conceptuelle : le crépuscule annonce, selon les moments, la nuit ou l’aube.

Quel sens donner à la « conjuration » ? Le complot – que n’a-t-on pas abusé de ce mot, depuis les années covid ! – suppose une action concertée en vue d’un objectif prédéterminé. Le terme de conjuration a l’avantage d’être moins connoté par l’actualité récente. Nous pouvons peut-être nous exercer à le déconstruire. L’ouvrage de Kennedy Toole le démontre clairement la conjuration des imbéciles n’est pas préméditée. Elle ne relève pas – uniquement ou principalement ou exclusivement – d’un plan machiavélique. Elle répond à une sorte d’affinité élective entre des formes diverses voire opposées d’imbécilité. Les années covid exercent une influence persistante. Ainsi, une patiente se voit interdire l’entrée d’un Self de Collectivité faute de porter un masque, masque qu’elle est autorisée ensuite à enlever dès qu’elle commence à se nourrir, en dehors de tout danger identifiable. Ou encore, l’étonnement de cette même patiente de voir son petit garçon revenir du Clae avec une chaussette rose et une chaussette bleue fournies par un jeune éducateur chargé de veiller aux lois de la diversité à l'école. Pire, sans doute, est la soumission des parents à cette expression du pluralisme pour « ne pas faire d’histoires » et exposer son enfant à … la discrimination.

Le titre est déduit d’une citation de l’auteur des Voyages de Gulliver, Jonathan Swift : « Quand un vrai génie apparaît dans ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui ».

J’en ai dit assez. Je compte sur chacun d’entre nous pour signaler à propos de la problématique alcoolique des exemples de convergences d’imbécilité caractérisée. Il en va de notre santé mentale.

Plaisirs immédiats, plaisirs différés

19-01-2026

Cette proposition de thème suit un échange lors de l’actuelle d’HBA. Nous pouvons essayer de faire jouer les oppositions pour y voir plus clair dans notre souci d’une vie bonne.

Dans le contexte addictologique, l’immédiat a une place privilégiée. Le craving est un besoin urgent à satisfaire. Il va apporter un soulagement ou une sensation de plaisir. Le plaisir différé a un certain impact quand le verre ou le produit nécessite de différer le geste : le repas, la fin de journée, la fin de semaine. Il existe des stratégies parfois astucieuses pour atteindre l’objet sans risquer l’empêchement ou la critique immédiate. Quoiqu’il en soit, qu’ils soient immédiats ou différés, solitaires ou collectifs, les plaisirs de l’addiction sont suivis de déplaisirs immédiats ou durables qui ont cette particularité de susciter le recommencement.

Comment peuvent se décliner au stade de la sobriété, les plaisirs immédiats et différés ?

Les plaisirs différés comportent le plaisir de l’imagination et de la préparation. Ainsi, un patient dont le rêve est de s’investir dans un séjour en immersion en Chine. Il s’organise depuis des mois et met de l’argent de côté pour vivre pleinement son aventure dans un avenir encore indéterminé. Le joueur d’échecs réfléchit plusieurs coups à l’avance. Dans l’organisation d’une journée libre d’addictions, il est amusant d’articuler l’utile et l’agréable, pendant que d’autres passent leur journée à tourner en rond ou à gaspiller leur temps à des activités qui vident un cerveau déjà dépeuplé.

La philosophie épicurienne vise d’atteindre, jour après jour, une gamme de plaisirs accessibles, sans nuire aux autres et à soi. Cette recherche apprécie la difficulté, admet les frustrations, supporte les déconvenues. Cependant, irrésistiblement, elle se retourne vers ce qui est pour elle une source de satisfactions.

Cette philosophie n’est pas masochiste. Elle accueille les plaisirs des sens mais ne perd pas de vue le plaisir du sens, compte-tenu de l’absurdité fondamentale de l’existence et de la folie du monde.

Quelles sont les plaisirs immédiats et différés qui vous sont familiers ?

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