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Le perfectionnisme

2 mars 2026

Les bons thèmes, dégagés des consultations, se bousculent, prouvant au passage l’intérêt d’articuler le temps individuel d’une consultation à une séance de groupe.

Le thème du perfectionnisme s’est dégagé d’un échange. Je le soumets à votre réflexion.

Comment définir le perfectionnisme. La définition en est – a priori – simple : c’est manifester le souci de la perfection dans tout ce que l’on fait.

Que pouvons-nous dire sur cette notion ?

Essayons d’être critique.

Nous savons bien que nous n’avons ni le temps ni les moyens d’atteindre la perfection en toues choses, si tant est que cela soit à notre portée et même que cela ait une signification autre que subjective.

Nous pouvons ramener le souci de la perfection à l’idée de faire du mieux possible en rapportant nos efforts à l’enjeu de ce qui est en cause.

Il n’y a guère que dans le contexte de la publication d’un écrit lourd d’enjeu, que je peux devenir perfectionniste. Il existe donc un souci de perfection d’ordre stratégique. C’est dans ce contexte que le « pas de faute » prend tout son sens. Cependant, le « n’importe quoi » peut devenir une stratégie.

Il est possible de viser la perfection pour la beauté du geste ou de l’objet réalisé, en ce que cette préoccupation va générer de satisfactions.

Le perfectionnisme peut traduire aussi une préoccupation d’image, en lien soit avec mon regard soit avec le regard des autres soit avec un regard intériorisé qui va dévaloriser le sujet ou – cela s’observe aussi – le maintenir dans la bonne opinion qu’il a de lui-même.

Le perfectionnisme reflète un souci d’exigence de qualité, indépendant des approbations ou des félicitations. « Je suis content d’avoir gagné. J’espère faire mieux, la prochaine fois. »

Le perfectionnisme peut se révéler une impasse quand seule une position de compromis s’avère réaliste.

Bref, pour vous, le souci de perfection est-il un plus ou un moins ?

Pas de faute ! Pas de faute !

23-02-2026

« Pas de faute, pas de faute ! » est une préoccupation obsessionnelle des entraîneurs et aussi des joueurs de rugby. Il se trouve que l’équipe de France qui affrontait l’Irlande, lors du tournoi des 6 nations en cours, n’a pas commis une seule faute pendant toute la première mi-temps, ce qui ne s’était jamais vu, tant les règles sont difficiles à respecter dans ce jeu de mouvements et de contacts. Une faute peut déterminer la perte de la partie.

Cette idée de thème a résulté d’une consultation pour un tout autre motif. Une salariée a subi pendant des années un climat d’indifférence hostile de la part de ce qu’elle appelle le « clan », c’est-à-dire un petit groupe qui impose sa loi au sein de l’établissement. Elle en est arrivée à demander un changement de secteur d’intervention. Cette mutation s’est révélée une double erreur. Elle continue à croiser « le clan » et son secteur d’intervention est moins intéressant que celui dont elle s’occupait précédemment. Cette situation fera écho à bien d’autres situations analogues, dans des contextes très différents. Il y a toujours eu des boucs émissaires et des « têtes de turc », à l’école, dans les familles ou ailleurs. Tout groupe existe par ce qui rapproche mais également par ce qui distingue. Il s’observe des erreurs réparables et d’autres qui ne le sont pas, dans la mesure où il n’est pas possible de revenir en arrière. Cette situation pose la question de la manière dont l’intéressé crée la faute dont il pâtira et la manière dont il va la gérer, sans commettre de nouvelle « faute ».

L’idée de faute renvoie aux lois, règlements, mœurs, codes, goûts, modes, et, d’une certaine manière, aux idéologies ambiantes. Il est, ainsi, plus facile de s’abstenir de boire de l’alcool, en janvier, dans notre pays et plus facile d’en abuser lors des rituels festifs. La pression du groupe est normative et il n’est pas évident de s’en distinguer. Le savoir-faire se rapproche du savoir-être et des capacités d’expression. Il est souvent délicat d’exprimer une opinion qui va à l’encontre des idées du milieu qui ne les partage pas.

Quelles sont les origines des fautes imputables dans la gestion de la sobriété ?

Est-il possible d’exprimer une opinion, un sentiment ou une attitude différente sans commettre de faute et subir, de ce fait, la critique, la censure ou le rejet ?

Plus tard, trop tard

16-02-2026

C’est l’un de vous qui propose le thème de la relation à l’action et au temps, par ces quelques lignes poétiques :

« Il n’y aura pas de « plus tard » car plus tard, il n’y a plus d’intérêt, plus tard, il fera nuit. Tous les enfants grandissent et plus tard, il sera plus tard. Puis on regrette de ne pas l’avoir fait car avant plus tard, c’est souvent trop tard ».

Les lignes font penser au vers d’une chanson de Brassens : « Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard ».

Plus tard évoque la procrastination : un objectif est remis à plus tard.

Plus tard évoque aussi le temps supplémentaire que l’on se donne avant d’agir. Une fois l’acte accompli, il est trop tard pour revenir en arrière.  Au minimum, l’acte fera trace. Avant une décision lourde de conséquences, mieux faut suspendre le vol du temps.

Plus tard est une autre façon de dire « trop tôt ». Avant l’heure, ce n’est pas l’heure. Il faut savoir attendre, quand l’enjeu en vaut la peine.

Plus tard, c’est parfois trop tard. Le dernier train est parti quand le voyageur arrive sur le quai. Parfois, le voyageur arrive à l’heure mais le train a été supprimé.

Il est souvent que plus tard qu’il ne paraît, mais nous ne maîtrisons pas l’horloge du temps.

Pour en venir aux addictions, il n’est jamais trop tôt pour y mettre un terme. Il convient de prendre en compte les signes d’alerte. Mais, n’est-ce-pas déjà trop tard ? Et ne faudra-t-il pas atteindre un « trop tard » pour avoir le courage de mettre fin à l’addiction ?

Les regrets sont comme les feuilles mortes et les souvenirs. Ils peuvent se ramasser à la pelle.

La compréhension fine d’une problématique alcoolique permet d’admettre qu’il faut un certain temps, comme disait l’adjudant de Fernand Raynaud à propos du refroidissement du fût du canon.

Il n’est jamais trop tard car mieux vaut tard que jamais pour prendre la mesure d’une addiction. L’arrêt de l’addiction n’intervient-il pas au moment que cela devient possible ? Encore faut-il trouver le quai et le train.

Avez-vous vécu des « Trop tard » ? Faites-vous un bon usage des « Plus tard » ?

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