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Les différentes créativités comme alternatives aux addictions

30-03-2026

Le sens commun associe de façon réductrice la créativité au domaine artistique. À l’occasion de l’HBA de cette semaine, nous proposons de réfléchir aux différentes créativités susceptibles d’aider à se détacher des addictions.

Certaines personnes se croient dépourvues de créativité et s’en trouvent dévalorisées. Nous pourrions leur faire remarquer que la répétition des mêmes gestes favorise l’apprentissages qui va permettre les variations et les improvisations. Nous savons combien l’intégration de l’usage du numérique peut dégager de blocages et de souffrances. Un pianiste peut en témoigner plus encore quand il s’entraîne pour jouer une partition. En retour, la maîtrise de la technique ne signifie pas que l’on soit maîtrisé par elle, ce qui arrive quand l’addiction fait suite à l’accoutumance. Les addicts à l’outil numérique sont légion et ils en perdent toute ou partie de leur créativité. Un des pièges de l’intelligence artificielle est de laisser penser qu’il est possible de faire l’économie de l’expérience et du goût pour devenir créatif.

Ce qui est de l’ordre de l’habitude témoigne d’une assimilation de savoir-faire utilisable pour entreprendre des activités nouvelles. La créativité demande technique et patience. Elle ne jaillit pas du néant. Il existe une part d’imitation dans la créativité, mais il ne s’agit pas d’un copier-coller.

La société établit des distinctions classantes en matière de créativité. Elles participent à l’acquisition d’un capital culturel, comme parler comme Bourdieu. Les œuvres à la mode peuvent avoir une valeur marchande surprenante, avant d’être disqualifiées et de tomber dans l’oubli. Nous n’avons pas l’obligation de valider ce qui est donné comme référence : « Un verre, ça va, trois verres, bonjour les dégâts ». Le soin addictologique peut mettre en avant des expressions contraires, telles que « Un verre, c’est trop, dix ou vingt, pas assez », ou encore, peut-être encore plus provoquante : « L’alcool festif, ça n’existe pas ».

Dans le champ des addictions, il est relevé une forme de créativité rattachée aux stratégies de dissimulation de l’addiction. Certaines cachettes ne sont révélées ingénieuses et amusantes. Rapidement, elles n’abusent que le premier concerné.

Il existe plusieurs types de créativité post-addiction et nous pouvons essayer de les distinguer, sans prétendre à l’exhaustivité.

S’appliquer à penser par soi-même (avec l’aide des autres : interlocuteurs, mais également livres et autres outils culturels) est une forme de créativité sous-évaluée.

Cette habitude tranche avec les prêt-à-penser et avec ce qui peut en découler : le langage du perroquet (psittacisme). La fluidité et la maitrise du langage appartient à l’intelligence créative, au même titre que la musique ou la cuisine.

Il est sans doute imprudent de confondre le support et la créativité elle-même et, plus encore d’assimiler alcool et création. Dans Amadeus, Mozart compose sur une table de billard. Il lance la boule, écrit des notes, prend un verre, recommence… Le génie de la musique n’a rien à voir avec l’alcool, en dehors de l’effet désinhibiteur et anxiolytique de la molécule. Dans la plupart des cas, l’alcool altère les capacités du sujet. Tel cuisinier de talent perdra la finesse du goût après un verre d’alcool ou une cigarette. Il salera trop ou pas assez. Tel ouvrier de précision évitera de boire pour bien réaliser sa tâche. Il boira rentré chez lui. Il évitera ainsi un accident de travail, ne serait-ce qu’en ne s’imposant pas une cadence excessive, comme dans « La classe ouvrière va au paradis ». Il est préférable de s’atteler à l’écriture, le matin, au calme, dans le silence, après une bonne nuit de sommeil.

Il existe une créativité d’organisation qui tient compte de l’expérience et qui s’en nourrit. La créativité évolue dans le temps, dans la confrontation à la diversité des réalités. La mise en jeu de l’éthique elle-même, suppose une intégration pour pouvoir se positionner de façon créative, à un instant.

La créativité reste (r)évolutionnaire, à la différence de ce qui est donné par la culture de consommation, avec les voyages organisés, les économies de réflexion apportées par l’intelligence artificielle. La publication de livres, intelligemment conformes ou originaux en sera facilitée. Personne n’a encore écrit un livre sur l’aventure de l’AREA…

Quelle place faites-vous à la créativité dans votre vie ?  

Le sens des opportunités

23-03-2026

Après avoir discuté des avantages de la « froide raison » et avant de confronter nos créativités, il semble opportun de discuter du sens des opportunités.

L’occasion fait le larron, dit-on. Les larrons justifient les policiers. Pour retrouver la tranquillité, selon certains avis, nous aurions besoin de plus de plus de policiers, en dépit du fait que les policiers peuvent aussi se comporter en larrons, sous le qualificatif de ripoux. Cette faillibilité très humaine donne l’opportunité aux fabricants de caméras de surveillance d’en proposer à tous les coins de rue. Le plus exemplaire des Maires serait sans doute celui qui accepterait de vivre sous le regard permanent d’une caméra de surveillance. Plus faciles : les opportunités de boire de l’alcool ou de faire ses emplettes en cannabis, en cocaïne et toutes autres productions chimiques du génie humain, y compris en se faisant livrer. Ce procédé compromet l’efficacité des caméras de surveillance. En revanche, il donne aux surveillants des échanges numériques l’opportunité de traquer les contrevenants. Bernard de Mainville a raison : nos vices de petites abeilles donnent- l’opportunité de booster l’économie.

Bref, l’opportunité à plusieurs sens, plus ou moins interdits.

Les opportunistes ont la réputation de toujours tourner leur veste du bon côté, jusqu’à retourner leur pantalon, quand elle craque de tous les côtés. Ils font confiance aux électeurs, si on en croit Jacques Dutronc.

Pour une personne ayant maille à vivre libre face à l’addiction, il n’est pas si facile d’avoir le sens des opportunités, d’abord parce qu’elles ne se présentent pas facilement, ensuite parce qu’il convient d’être suffisamment prêt pour la saisir, enfin parce qu’une fois saisie l’opportunité ne doit pas être abandonnée, avant d’avoir suffisamment changé, le paradoxe étant qu’il n’est pas réellement opportun de la laisser dans la mesure où les ressources mises en jeu pour écarter l’addiction servent à garder un pouvoir sur sa vie et une aptitude à saisir les autres opportunités sans les gâcher.

L’expérience prouve que le monde orwellien dans lequel nous vivons offre très inégalement des opportunités qui contredisent ses valeurs et ses règles. L’immense majorité des gens sont d’accord pour qu’il se perpétue, par égoïsme, conformisme, ignorance, imprévoyance et/ou bêtise.

Dès lors, comment déclinez-vous pour vous le sens des opportunités ?

À la lumière froide de la raison

16 mars 2026

À l’occasion d’un temps de dialogue prolongé avec deux d’entre vous, le thème de ce lundi s’est imposé naturellement. Il correspond à une formule qu’exprimait parfois une ancienne aidante : « à la lumière froide de la raison ».

Que peut vouloir dire cette expression ?

Elle invite à une prise de recul face aux émotions et à prendre le temps nécessaire pour appréhender une situation ou un événement. Le but est d’en examiner les différents aspects pour dégager une stratégie appropriée.

Il ne s’agit pas d’enfouir ses désirs mais d’en examiner la faisabilité et d’en arrêter les modalités.

Chaque obstacle doit être identifié dans sa complexité éventuelle pour tenter de le surmonter.

La mise en jeu de la raison est un excellent exercice, une bonne habitude. Le dialogue peut contribuer à mieux saisir difficultés et solutions. Ce temps-là est aussi un très bon exercice et une bonne habitude.

La meilleure décision possible correspond à la meilleure connaissance possible de la réalité en cause.

Le temps de réflexion que l’on se donne avant d’agir est agréable, dans la mesure où il nous permet de faire l’économie d’erreurs.

Un patient avait relevé une citation de Paul Valéry : Entre le moment où je prends une feuille blanche et mon stylo, il se passe quelques secondes qui vont modifier ce que j’avais l’intention d’écrire. »

La délibération permet d’envisager les différents cas de figure, parfois de décider d’actes intermédiaires, des approches ou des initiatives qui vont rapprocher de l’objectif. En parler avec des personnes concernées, faire place au doute et à d’autres éclairages permettant d’arrêter plus surement la décision. La consultation participe à cet exercice.

La lumière froide de la raison n’exclue pas la douceur, l’humour, l’ironie, la volonté. Elle permet d’expliquer les raisons d’une hésitation ou d’un choix, d’affiner les choix et de conforter une décision collective en connaissance de cause, ce qui permet d’accroître la motivation, une fois la décision arrêtée.

La procrastination s’en distingue, en ce que la personne se laisse envahir par les émotions, en s’appuyant sur des prétextes pour ne rien faire.

Une erreur commune est de confondre désir et réalité ou de se satisfaire d’une vision superficielle ou partielle, voire partisane.

La froide lumière de la raison n’a de sens que rapportée à un objectif défini. C’est un exercice d’intelligence critique qui peut être menée seul, ou à plusieurs dans l’optique d’éclairages et d’expériences complétaires.

Pratiquez-vous cet exercice ? Seul(e) ? Avec qui ? Avec quels supports ?... avec de bons résultats ?

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