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Les vacances

8 Juin 2026

Le 8 juin, en fin de journée, j’arrivera à Bartenheim, au-dessous de Mulhouse, en Alsace, après un ricochet sur Bâle, en raison de la correspondance ferroviaire. Nous y retrouverons pour une semaine mes deux plus jeunes petits-enfants, ado et préadolescent, car leurs parents sont simultanément indisponibles, occupés ailleurs.

Pour les participants à la réunion, mon absence peut être l’occasion de réfléchir à la question des vacances.

A priori, la vacance – la disponibilité – est un temps soulagé des contraintes habituelles. Les préoccupations la contrarient.

Il existe bien d’autres critères de distinction.

Pour quelqu’un qui a été concerné par une ou plusieurs addictions, les vacances constituent un temps délivré de la tutelle des « produits » ou des habitudes addictives. Autrement, quels que soient le lieu, l’entourage ou les activités, chaque jour sera marqué par les contraintes de la consommation et de la compulsion, avec les effets qui s’y rattachent.

Les vacances ne sont pas nécessairement synonymes de liberté et de plaisir. Il est nécessaire de veiller, dans ces moments, à préserver ses libertés résiduelles et à en faire le meilleur usage possible.

De plus en plus de personnes ne partent pas ou plus en vacances. Elles doivent donc organiser leurs vacances avec les libertés et les moyens dont elles disposent.

À côté des vacances liées aux résidences secondaires, à la mer ou en montagne, aux voyages organisées, aux séjours saisonniers ou exotiques du tourisme de masse, dont celui réservé aux élites, il y a place pour le rêve, l’initiative, la liberté, la tranquillité, la solitude, la créativité, la culture, l’écriture et même des rencontres.

Bref, il y a les vacances du conformisme et de la conformité et les vacances de retrouvaille avec la Nature, pour les citadins, avec l’Histoire, avec soi-même.

La démarche pour lever l’addiction s’inscrit dans une recherche de sobriété vacancière.

Comment la concevez-vous ? Y parvenez-vous ?

Les personnes compatibles

1er Juin 2026

L’HBA nous donne l’occasion de réfléchir à un thème inédit, celui des « personnes compatibles ».

Au moment de la démarche et plus encore de l’action de soin, chaque personne dispose d’un relationnel, plus ou moins diversifié. Il est banal d’admettre qu’il soit en crise, même si la présence de personnes bienveillantes et/ou lucides est habituelle. De façon significative, un proche se fait connaître. Il agit souvent en éclaireur ou en incitateur. L’état d’inorganisation de la filière de soin explique que le médecin généraliste ne soit pas très souvent l’élément facilitant.

Une des tâches en addictologie humaniste est de faire un état de la situation relationnelle au niveau affectif, familial, professionnel et social. La relation vise un meilleur étayage intérieur.

Sur qui va-t-on pouvoir compter ? Comment faire respecter les distances nécessaires aux proches pour permettre à l’intéressé(e) de se prendre en mains et affronter le quotidien sur les bases de la sobriété ? Comment rendre les proches compatibles ?

Assez vite, vont se distinguer des personnes compatibles, d’autres qui peuvent le devenir, d’autres, malheureusement, dont il faudra s’éloigner parce que la relation avec la personne addicté(e) se fonde précisément par la présence de l’addiction.

La personne addicté(e) va devoir trouver d’autres partenaires pour se donner le temps de modifier ses représentations, ses fonctionnements intriqués avec l’addiction. Indépendamment du soignant ou des soignants en charge d’accompagnement, des aidants et des activités d’élaboration permises par l’association, la personne addicté(e) aura à faire un tri sélectif à la fois pour se protéger et pour élargir son horizon relationnel.

Quelles difficultés, quelles décisions, quels types de soutien et d’investissement avez-vous trouvé et fait vivre dans votre démarche de rééquilibrage et d’élargissement relationnel ? Disposez-vous aujourd’hui de personnes ou, à défaut, d’activités « compatibles » ?

Les plaisirs de la table en alcoologie

25-05-2026

S’occuper de notre alimentation est une façon de conforter notre souci d’aller vers les plaisirs accessibles, de faire vivre « l’épicurisme pragmatique ».

Dissocions les différentes étapes.

Faire les « courses » : le lieu, l’environnement humain, la programmation, car il n’est pas raisonnable de mobiliser trop de temps, trop souvent à cet exercice de rencontres et de choix.

Établir ses menus, en fonction du nombre, des moyens disponibles, de la saison pour les légumes et les fruits. Nombre de personnes, compte tenu de leurs difficultés financières, doivent privilégier les plats à base de pâtes et de riz. Il est possible de modifier l’accommodement. Préparer, inventer pour les doués.

Utiliser le temps du repas comme une séquence distincte, avec la tranquillité du matin et le temps de réflexion pour organiser sa journée, en fonction des priorités choisies, le temps du midi pour faire le point à la mi-journée, retrouver la tranquillité, la soirée, encore plus sanctuarisée, protégée des sollicitations intempestives. Pour cette raison, être injoignables dans ces moments.

Ces trois temps doivent être débarrassés de l’emprise des portables et des messages inutiles.

La composition et la préparation des repas sont une affaire de goût et de contraintes. À noter qu’une soupe de légume peut couvrir plusieurs repas. Il est possible de s’amuser à distinguer les différents légumes qui la composent, à la façon des tastevins.

Une table de sobriété doit veiller à associer la qualité des mets et la qualité des boissons. Certaines eaux sont excellentes, notamment en montagne. Pour l’ordinaire, chacun a ses préférences : eau plate, eau pétillante, parfumée ou non.

Pour échanger avec des amis, rien de tel que se retrouver à la terrasse d’un café, la tête à l’ombre et les pieds au soleil, autour d’une tasse de café ou d’une boisson fraiche et peu sucrée.

Si l’on reçoit simplement, le rituel de l’apéro est inutile. Si l’on met les petits plats dans les grands, un cocktail de jus de fruit sans alcool peut surprendre et si on réunit parents et alliés, une sangria sans alcool peut surprendre agréablement. Tout terrorisme serait de mauvais goût. Il est utile pour ces festivités, de choisir soi-même les vins qui feront parler les convives.

La qualité des partenaires de table intervient forcément. Si, par malchance ou nécessité, nous devons partager le repas avec des gens ennuyeux voire insupportables, l’écoute distraite est conseillée. Avec un peu de chance, il est possible de se concentrer sur le contenu de l’assiette.

Les erreurs sont trop connues pour se donner la peine de les détailler, ne pas respecter les horaires, négliger les rituels et sa propre tranquillité, grignoter, se gaver de chocolat ou de sucreries, imiter les américains avec leurs sandwichs à étages.

La teneur en calories des repas dépend de l’activité physique. Un sandwich amoureusement préparé et de l’eau fraiche récompensent l'effort lors d'une marche en montagne ou d’un effort cycliste, dans un cadre d’autant plus incroyable qu’il est découvert au prix d’un effort exigeant. 

La répartition des repas dépend des habitudes culturelles. Les anglo-saxons soignent leur petit-déjeuner du matin, allègent celui de midi, ne chargent pas celui du soir. Le travailleur de force a besoin d’une pause alimentaire durant la matinée, s’il se lève très tôt. La qualité du repas du soir n’est pas à négliger car la journée est finie, en général, et c’est le moment de se retrouver seul(e) ou accompagné(e).

L’alimentation ayant une valeur identitaire, découvrir les plats des autres cultures favorise d’utiles rapprochements.

Que dire de plus ? La table est-elle un plaisir pour vous ?

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